<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Journal d&apos;un fou</title><link>http://journald1fou.canalblog.com/</link><description>Les fous disent n&apos;importe quoi. Et je vais pas me g&#xea;ner.</description><language>fr</language><lastBuildDate>Wed, 14 May 2008 13:58:58 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Le mythe de Mai 1968</title><dc:creator>Zorglub34</dc:creator><link>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/05/02/9031934.html</link><category>La France qui gagne</category><comments>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/05/02/9031934.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://journald1fou.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9031934/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/05/02/9031934.html</guid><description>&lt;p&gt;Nous voici donc en Mai 2008. 40 ans se sont &#xe9;coul&#xe9;s depuis les &amp;quot;&#xe9;v&#xe8;nements&amp;quot; de Mai 1968, et au-del&#xe0; des films relatant la petite histoire de 1968 vue du combat id&#xe9;ologique de chacun, force est de constater que l&apos;h&#xe9;ritage de 1968 est assez d&#xe9;lit&#xe9;, et que les effets que l&apos;on subit encore sont des plus critiquables.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je suis de la g&#xe9;n&#xe9;ration n&#xe9;e juste apr&#xe8;s, dans le d&#xe9;but des ann&#xe9;es 70. Petit j&apos;ai toujours entendu parler de 1968 comme d&apos;un &#xe9;v&#xe8;nement social majeur, fondamental pour les uns, dramatique pour les autres. On m&apos;a expliqu&#xe9;, j&apos;ai lu, j&apos;ai appris, j&apos;ai &#xe9;cout&#xe9;, encore, encore, encore... Difficile de se faire un avis quand on est adolescent &#xe9;pris de libert&#xe9; voire libertaire, insoumis et rebelle. Mais l&apos;&#xe2;ge venant, et la perception des contraintes et des n&#xe9;cessit&#xe9;s de la vie collective s&apos;am&#xe9;liorant, le bilan de mai 1968 s&apos;est s&#xe9;rieusement &#xe9;corn&#xe9; dans mon esprit ces derni&#xe8;res ann&#xe9;es.&lt;br /&gt;J&apos;ai souvent entendu parler d&apos;une gigantesque avanc&#xe9;e dans les libert&#xe9;s. Il est vrai que sortant du carcan puritain des ann&#xe9;es victoriennes perp&#xe9;tu&#xe9; par l&apos;aust&#xe9;rit&#xe9; de la fin de la guerre, les ann&#xe9;es 50 avaient sans doute quelque chose de plus r&#xe9;trograde que les ann&#xe9;es folles, plus permissives. La m&#xe9;canisation, la nouvelle &#xe8;re de production &#xe0; plein emploi, la reconstruction ouvrait de nouveaux champs possibles : un avenir certain, du travail, du confort, du bien-&#xea;tre. Foin des ann&#xe9;es d&apos;aust&#xe9;rit&#xe9; impos&#xe9;e par les m&#xe8;res depuis la fin de la guerre, fin de la rigueur morale impos&#xe9;e par les p&#xe8;res, puisqu&apos;ils ont su si bien travaill&#xe9;, prenons le pactole, et au revoir. M&#xea;me pas merci. La g&#xe9;n&#xe9;ration 68 sera la premi&#xe8;re &#xe0; dire &amp;quot;merde&amp;quot; &#xe0; ses a&#xee;n&#xe9;s et dira &amp;quot;merde&amp;quot; ensuite &#xe0; ses enfants. Voil&#xe0; ce qu&apos;on idol&#xe2;tre, qu&apos;on c&#xe9;l&#xe8;bre comme une avanc&#xe9;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Merde aux parents :&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Outre les revendications ouvri&#xe8;res qui &#xe9;taient justifi&#xe9;es mais excessives pour &#xea;tre accept&#xe9;es en totalit&#xe9;, c&apos;est au discours qu&apos;il faut s&apos;int&#xe9;resser. Un vent libertaire, teint&#xe9; de carmagnole et de chant du partisan r&#xe8;gne en France. On affronte la police sur les barricades, on br&#xfb;le, on conspue l&apos;&#xe9;tat bourgeois. Il faut d&#xe9;truire la soci&#xe9;t&#xe9; capitaliste pour reconstruire une soci&#xe9;t&#xe9; collectiviste. Alors m&#xea;me que les communistes en France passent &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de mai 1968, les trotkistes, les maoistes, les futurs &lt;br /&gt;Krivinistes et leurs Communistes R&#xe9;volutionnaires s&apos;emparent de l&apos;id&#xe9;al de soci&#xe9;t&#xe9; et tentent d&apos;imposer leur mod&#xe8;le, collectiviste, participatif, d&#xe9;mocratique. Le rejet en bloc des institutions (police, arm&#xe9;e, travail, autorit&#xe9;, argent, mariage) ne distingue pas. Une jeunesse r&#xea;ve &#xe9;veill&#xe9;e, persuad&#xe9;e de lendemains &amp;quot;cheguevaresques&amp;quot; et d&apos;ivresse perp&#xe9;tuelle lib&#xe9;r&#xe9;e des&lt;br /&gt;contraintes impos&#xe9;es par leurs a&#xee;n&#xe9;s. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;quot;Il est interdit d&apos;interdire&amp;quot; sera le leitmotiv de cette p&#xe9;riode. Cet oxymore pr&#xe9;figure en lui-m&#xea;me la contradiction de l&apos;id&#xe9;ologie. Sur ce vent de libert&#xe9; on va construire de nouvelles m&#xe9;thodes, des nouveaux cadres &#xe0; la soci&#xe9;t&#xe9;.&lt;br /&gt;La relation &#xe0; l&apos;autorit&#xe9; doit-&#xea;tre consentie. La police est ennemie et non plus protectrice. L&apos;&#xe9;cole doit &#xea;tre un lieu d&apos;&#xe9;panouissement de la personnalit&#xe9;. Le mariage est archa&#xef;que. L&apos;image du p&#xe8;re est bris&#xe9;e. On promeut la place de la femme (sur ce point l&apos;avanc&#xe9;e est b&#xe9;n&#xe9;fique). Le travail est un asservissement au capital au d&#xe9;triment de l&apos;&#xe9;panouissement personnel. La r&#xe9;volution sexuelle est pr&#xf4;n&#xe9;e. La soci&#xe9;t&#xe9; de consommation est rejet&#xe9;e (d&#xe9;j&#xe0;).&lt;br /&gt;Tous les fondamentaux volent en &#xe9;clat, et ces id&#xe9;es sont adopt&#xe9;es par toute une g&#xe9;n&#xe9;ration, sans remise en question, jamais, tournant le dos aux g&#xe9;n&#xe9;rations ant&#xe9;rieures et tout ce qu&apos;elles ont construit, les unes apr&#xe8;s les autres. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Merde aux enfants :&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Voil&#xe0; qu&apos;apr&#xe8;s mai 68, les id&#xe9;es sont tenaces, et fort des pr&#xe9;ceptes exprim&#xe9;s lors des &#xe9;v&#xe8;nements, notre soci&#xe9;t&#xe9; va appliquer ses nouvelles r&#xe8;gles.&lt;br /&gt;L&apos;&#xe9;cole doit &#xea;tre un lieu d&apos;&#xe9;panouissement ? D&#xe9;sormais le savoir ne vient plus d&apos;en haut, mais doit &#xea;tre participatif. On d&#xe9;bat, on discute, on parlemente. Qu&apos;apprend-on ? Beaucoup de palabres, peu de choses en fin de compte. Les m&#xe9;thodes d&apos;apprentissages sont revues, par rejet de l&apos;ancien, et s&apos;instaurent de nouvelles m&#xe9;thodes de &amp;quot;lecture&amp;quot; dont on voit aujourd&apos;hui les fruits. Le calcul est r&#xe9;barbatif ? On instaure de nouvelles m&#xe9;thodes que personne ne comprend, et qui n&apos;auront aucune efficacit&#xe9;. La grammaire, les conjugaisons, la syntaxe ? D&#xe9;pass&#xe9;es. Tant est si bien que les jeunes ne savent plus la diff&#xe9;rence entre &amp;quot;&#xea;tre et &amp;quot;avoir&amp;quot; (bravo pour le rejet de la soci&#xe9;t&#xe9; de consommation).&lt;br /&gt;L&apos;autorit&#xe9; doit &#xea;tre consentie ?&amp;nbsp; Celle du p&#xe8;re est rejet&#xe9;e dans l&apos;id&#xe9;e de libre &#xe9;panouissement de l&apos;enfant, &#xe9;duqu&#xe9; devant la t&#xe9;l&#xe9;. L&apos;instituteur n&apos;est plus une figure mais un copain, et les d&#xe9;bordements se multiplient. C&apos;est finalement devant le poste que l&apos;&#xe9;panouissement se fait. Le flic est d&#xe9;finitivement l&apos;emp&#xea;cheur de faire son petit d&#xe9;lit tranquillement, comme une entrave &#xe0; la libert&#xe9; de violer les lois en paix. D&apos;ailleurs toute la r&#xe9;glementation des contr&#xf4;les de l&apos;administration pr&#xe9;voit toujours une porte de sortie &#xe0; la demande des groupes de pression issus de 1968, sous couvert de trop forte atteinte aux libert&#xe9;s, celle de contourner la loi au m&#xe9;pris de l&apos;administration (emp&#xea;chement de confronter des fichiers, fichiers volontairement partiels pour les rendre inefficaces etc). La fraude est un sport national.&lt;br /&gt;Le mariage est archa&#xef;que ? La libert&#xe9; sexuelle est de rigueur ?&amp;nbsp; Combien de familles recompos&#xe9;es ? Combien de p&#xe8;res absents ? Combien d&apos;enfants sans rep&#xe8;re dans une famille dite &amp;quot;monoparentale&amp;quot; ? Combien d&apos;&#xe9;ducateurs n&#xe9;cessaires pour combler le d&#xe9;ficit familial ?&lt;br /&gt;L&apos;&#xe9;panouissement personnel de l&apos;enfant ? Une mani&#xe8;re &#xe0; peine voil&#xe9;e de pr&#xe9;f&#xe9;rer s&apos;occuper de soi, sans avoir &#xe0; transmettre des valeurs, des savoirs, des r&#xe8;gles. Les enfants ne subissent plus l&apos;autorit&#xe9; des parents et parall&#xe8;lement
se multiplient les d&#xe9;lits commis par les mineurs, les &#xe9;checs scolaires.
Mais il est plus simple de d&#xe9;signer la pauvret&#xe9; croissante que les
&amp;quot;valeurs&amp;quot; transmises, ou leur absence justement. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pendant ce temps l&#xe0;, la g&#xe9;n&#xe9;ration de 1968 use et abuse de sa libert&#xe9;, libert&#xe9; de ne pas s&apos;occuper des siens, libert&#xe9; de s&apos;occuper de soi. Elle r&#xe9;clame toujours plus, demande &#xe0; l&apos;&#xe9;tat de se substituer &#xe0; elle et son incurie, rejette la faute sur le syst&#xe8;me qu&apos;elle exploite loin de son id&#xe9;al de rejet de la soci&#xe9;t&#xe9; de consommation tout en s&apos;en tenant pour victime, oubliant sa responsabilit&#xe9; de &amp;quot;libre-arbitre&amp;quot;. Les d&#xe9;ficits publics sont creus&#xe9;s depuis 30 ans pour satisfaire cet &#xe9;lectorat et &#xe0; son unique profit, laissant &#xe0; notre g&#xe9;n&#xe9;ration le soin de combler la dette. Notre g&#xe9;n&#xe9;ration, &#xe9;duqu&#xe9;e sur le m&#xea;me mod&#xe8;le, est en passe d&apos;en faire autant avec les suivantes.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le bilan c&apos;est une soci&#xe9;t&#xe9; qui a rejet&#xe9; les valeurs de ses a&#xee;n&#xe9;s, sans avoir &#xe9;t&#xe9; capable de construire d&apos;autres valeurs, sauf celles de l&apos;individualisme qu&apos;elle rejette et dont elle rend responsable la soci&#xe9;t&#xe9; marchande.&lt;br /&gt;Ce sont des &#xe9;coles qui ne savent plus faire apprendre, et o&#xf9; l&apos;on se perd en conjectures pour savoir si on doit enseigner l&apos;histoire chronologiquement ou comme une globalit&#xe9; (personnellement, je ne vois pas comment on peut faire percevoir la globalit&#xe9; sans la chronologie), o&#xf9; l&apos;on songe du bout des l&#xe8;vres dans les minist&#xe8;res, pour ne pas heurter les enseignants rest&#xe9;s camp&#xe9;s sur leur erreur, &#xe0; r&#xe9;instaurer les bases de la lecture et du calcul &#xe0; l&apos;&#xe9;cole primaire, alors que &#xe7;a n&apos;aurait jamais d&#xfb; cesser d&apos;&#xea;tre. Une &#xe9;cole o&#xf9; l&apos;on apprend &#xe0; ex&#xe9;cuter des proc&#xe9;dures sans r&#xe9;flexion, o&#xf9; le savoir n&apos;est pas un moyen d&apos;apprendre et comprendre mieux, mais un mat&#xe9;riau pour trouver un travail.&lt;br /&gt;Ce sont des parents qui se comportent comme leurs enfants, au point o&#xf9; l&apos;on parle de post-adolescence allant jusqu&apos;&#xe0; la trentaine, tellement il devenu difficile de distinguer les g&#xe9;n&#xe9;rations par leur attitude, et chacun n&apos;a plus la place qui lui revient.&lt;br /&gt;C&apos;est un jeunisme effr&#xe9;n&#xe9; qui rejette tout ce qui est ancien, c&apos;est &#xe0; dire l&apos;an dernier, voire le mois dernier, sans chercher &#xe0; comprendre ou regarder, et ,sans se soucier du savoir des plus anciens, r&#xe9;inventent le monde, les erreurs de l&apos;inexp&#xe9;rience en plus. Qui n&apos;apprend pas les le&#xe7;ons de 3000 ans d&apos;histoire vit au jour le jour, disait Goethe. Il suffit de regarder les &#xe9;missions de t&#xe9;l&#xe9;vision pour se rendre compte de l&apos;inculture totale des gens, plus int&#xe9;ress&#xe9;s &#xe0; para&#xee;tre cool et jeune, qu&apos;intelligent.&lt;br /&gt;C&apos;est une violence constante d&apos;une jeunesse perdue, hagarde, criant son d&#xe9;sespoir de n&apos;avoir pas &#xe9;t&#xe9; guid&#xe9;e. Violence &#xe0; la hauteur de la sauvagerie qu&apos;on instaure en n&apos;inculquant pas de r&#xe8;gle, en laissant croire que l&apos;&#xe9;panouissement personnel fera le travail &#xe0; la place des parents. Une jeunesse qui prend pour rep&#xe8;re des marques commerciales, les seules &#xe0; transmettre des valeurs, qui ne croit plus qu&apos;au fric et au r&#xe9;chauffement de la plan&#xe8;te.&lt;br /&gt;C&apos;est une &#xe9;poque o&#xf9; tout le monde a tellement la parole que plus personne ne s&apos;&#xe9;coute, et o&#xf9; l&apos;on &#xe9;coute surtout pas ceux qui d&#xe9;tiennent le savoir. Et au milieu de &#xe7;a, les manipulations, les contre-v&#xe9;rit&#xe9;s sont des armes pour faire bouger les masses apeur&#xe9;es.

&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Et c&apos;est &#xe7;a qu&apos;il faudrait c&#xe9;l&#xe9;brer ?&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 02 May 2008 12:17:00 GMT</pubDate></item><item><title>Quand le sport devient source de conflit diplomatique</title><dc:creator>Zorglub34</dc:creator><link>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/04/21/8901872.html</link><category>La connerie de la t&#xe9;l&#xe9;</category><comments>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/04/21/8901872.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://journald1fou.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8901872/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/04/21/8901872.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La travers&#xe9;e de la Flamme Olympique &#xe0; Paris a suscit&#xe9; bien des &#xe9;mois, des commentaires, et des interrogations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous l&apos;impulsion de Robert Menard de Reporter Sans Fronti&#xe8;res un certain nombre d&apos;opposants sont venus manifester leur hostilit&#xe9; au r&#xe9;gime chinois et &#xe0; ses emprisonnements arbitraires, et &#xe0; la r&#xe9;pression des mouvements de protestation au Tibet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je regrette que le symbole de la Flamme Olympique ait &#xe9;t&#xe9; &#xe0; ce point d&#xe9;tourn&#xe9; &#xe0; des fins id&#xe9;ologiques et politiques. Que ce symbole d&apos;union et d&apos;universalit&#xe9; soit pris en otage par les opposants au r&#xe9;gime chinois, qu&apos;on ait confondu l&apos;Universalit&#xe9; de la Flamme Olympique et le symbole des jeux &#xe0; Pekin me semble bien triste et finalement peu respectueux des valeurs de paix du sport. La Flamme Olympique n&apos;est pas chinoise, elle est.. olympique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis aussi assez interdit par l&apos;attitude de Robert Menard qui semble vouloir intimer des le&#xe7;ons de politique internationale aux dirigeants fran&#xe7;ais. Comme disait Pierre Desproges, il est facile de critiquer Pinochet &#xe0; moins de 10 000 km de Santiago. La r&#xe9;alit&#xe9; des intrications de la politique internationale, les r&#xe9;alit&#xe9;s historiques imposent un peu plus de mesure et de componction avant de porter un jugement d&#xe9;finitif. Il me parait tout aussi facile de critiquer une situation politique en caricaturant les parties au conflit, en prenant le Tibet comme faire-valoir id&#xe9;ologique, et en ne s&apos;arr&#xea;tant que sur les quelques derni&#xe8;res ann&#xe9;es pour juger de l&apos;ensemble des relations vieilles de plusieurs si&#xe8;cles entre deux entit&#xe9;s. J&apos;ai toujours une certaine r&#xe9;ticence &#xe0; aller hurler avec les loups, sp&#xe9;cialement quand ils sont nombreux et que les discours semblent trop simplistes. Avant de condamner trop vite la Chine, j&apos;ai cherch&#xe9; &#xe0; &#xe9;couter d&apos;autres sons de cloche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D&apos;abord celui de Georges Fr&#xea;che, sp&#xe9;cialiste de l&apos;&#xe9;volution des id&#xe9;es politiques (c&apos;&#xe9;tait sa chaire &#xe0; l&apos;Universit&#xe9; de Montpellier), &lt;br /&gt;et sinophile averti. Il rappelle qu&apos;au cours du Ier si&#xe8;cle, c&apos;est le Tibet qui a envahi la Chine et que le Tibet est chinois depuis le XIV&#xe8; si&#xe8;cle.&lt;br /&gt;Ensuite Jean-Louis Melanchon. D&apos;ordinaire, je n&apos;ai pas beaucoup de sympathie pour ce s&#xe9;nateur qui manipule plut&#xf4;t un langage de rh&#xe9;torique sans fondement id&#xe9;ologique autre que &amp;quot;ce que fait le droite c&apos;est mal, il faut faire mieux&amp;quot;, mais sans rien proposer de concret. Sur le cas tibetain, il a remis quelques &#xe9;l&#xe9;ments en perspective qui me semblent effectivement aller dans le sens d&apos;une meilleure compr&#xe9;hension du probl&#xe8;me. Sans contredire Georges Fr&#xea;che, il rappelle que lors de la R&#xe9;volution Populaire, le Tibet est entr&#xe9; dans la Chine Populaire, et que le Dala&#xef; Lama en &#xe9;tait Vice-Pr&#xe9;sident jusqu&apos;en 1959. Que gr&#xe2;ce &#xe0; la Chine Populaire, la servage a &#xe9;t&#xe9; aboli au Tibet et que la Chine y a apport&#xe9; des &#xe9;l&#xe9;ments de libert&#xe9; plus proches que l&apos;on ne croit des Droits de l&apos;Homme. L&apos;&#xe9;ducation, la libert&#xe9;, m&#xea;me r&#xe9;duite au sens chinois, sont entr&#xe9;es au Tibet qui n&apos;en &#xe9;tait qu&apos;au stade que nous connaissions avant la R&#xe9;volution Fran&#xe7;aise. D&apos;autre part, il rel&#xe8;ve qu&apos;&#xe0; aucun moment la presse n&apos;a relev&#xe9; que les manifestations tibetaines &#xe9;taient purement hostiles aux commer&#xe7;ants chinois et profond&#xe9;ment ancr&#xe9;es de racisme, et qu&apos;&#xe0; aucun moment n&apos;ont &#xe9;t&#xe9; &#xe9;voqu&#xe9;s les v&#xe9;ritables lynchages de victimes chinoises.&lt;br /&gt;L&apos;Occident a pris parti, et Reporter Sans Fronti&#xe8;re en t&#xea;te, pour la population contre la Police. En France, on prend toujours parti contre la Police.&lt;br /&gt;M. Melanchon rappelle qu&apos;aucun &#xe9;tat ne reconnait le Tibet comme un &#xe9;tat ind&#xe9;pendant, soulignant par exemple que dans une commission internationale qui traite des territoires occup&#xe9;s, le Tibet n&apos;y figure pas alors que notre Nouvelle-Cal&#xe9;donie en fait partie. De fait, la Chine se trouve devant le Tibet comme nous devant la Vend&#xe9;e en 1793... Personne ne conteste plus le fait que la Vend&#xe9;e est fran&#xe7;aise. Idem pour la Corse, la Bretagne, le Pays Basque... De fait, nous n&apos;avons pas tant de le&#xe7;on que &#xe7;a &#xe0; donner...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a quelques semaines, l&apos;ind&#xe9;pendance du Kosovo a suscit&#xe9; un grand &#xe9;moi en Serbie. Imaginons que l&apos;ensemble de la communaut&#xe9; internationale demande l&apos;ind&#xe9;pendance du Tibet. C&apos;est 25 % du territoire de la Chine qui lui serait amput&#xe9; ? Et les chinois le vivraient bien ? La lib&#xe9;ration de ces territoires seraient une aubaine pour les Etats-Unis qui pourraient largement investir ces terres arables, et mettre la main sur l&apos;eau qui se d&#xe9;verse en Chine. 80 % de l&apos;eau de Chine provient du Tibet.&lt;br /&gt;En cherchant les int&#xe9;r&#xea;ts &#xe9;conomiques, on trouve souvent la motivation des grands discours id&#xe9;ologiques un peu trop emphatiques.&lt;br /&gt;Et puis, il y a la question de l&apos;efficacit&#xe9;. Le boycott de la c&#xe9;r&#xe9;monie d&apos;ouverture serait-il efficace ? A part un affront fait &#xe0; la population chinoise, je ne pense pas que le pouvoir chinois soit tr&#xe8;s sensible &#xe0; ce genre de protestation, et que &#xe7;a ne porte pas grand effet sur les libert&#xe9;s. En revanche, les manifestations d&apos;hostilit&#xe9; envers la France et ses int&#xe9;r&#xea;ts &#xe9;conomiques ont d&#xe9;j&#xe0; d&#xe9;but&#xe9;, en particulier Carrefour qui est le leader en mati&#xe8;re de grande distribution en Chine. Une aubaine pour ses concurrents, am&#xe9;ricains notamment.&lt;br /&gt;Que faut-il faire ? La question est effectivement d&#xe9;licate. La question des Droits de l&apos;Homme se pose en Chine comme une r&#xe9;alit&#xe9; difficile. Mais que faire contre une puissance &#xe9;conomique telle que la Chine qui porte la croissance du monde, et qui devient, bien plus t&#xf4;t que pr&#xe9;vu, l&apos;&#xe9;l&#xe9;ment incontournable des n&#xe9;gociations mondiales. Quelles protestations ont fait c&#xe9;der l&apos;URSS auparavant ? Aucune. C&apos;est le go&#xfb;t de la libert&#xe9; occidentale qui a pouss&#xe9; les populations &#xe0; obtenir leur lib&#xe9;ration. Quand l&apos;URSS a c&#xe9;d&#xe9;, se transformant provisoirement en CEI puis en explosant en &#xe9;tats ind&#xe9;pendants, la vague de lib&#xe9;ralisme qui a envahi ces peuples a surtout laiss&#xe9; la place &#xe0; la corruption et aux mafias. La Chine fait sa transition lente entre l&apos;&#xe9;conomie communiste et le lib&#xe9;ralisme. Comme sous le Second Empire, les libert&#xe9;s sont &#xe0; la tra&#xee;ne des avanc&#xe9;es &#xe9;conomiques. Il faut parvenir &#xe0; un certain niveau avant de pouvoir l&#xe2;cher du lest. La Chine est sur cette voie, le&#xe7;on de l&apos;&#xe9;chec d&apos;Eltsine, et l&apos;augmentation du niveau de vie des chinois sera l&apos;appel d&apos;air vers plus de d&#xe9;mocratie et de libert&#xe9;s. La communaut&#xe9; internationale ne peut que se borner &#xe0; faire des rappels &#xe0; l&apos;ordre et ne peut rien contre un peuple souverain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, voici une interview de Jean-Luc Melanchon sur France Culture : &#xe9;coutez le ton hargneux et donneur de le&#xe7;ons du journaliste. C&apos;est inamissible pour une station qui est d&apos;une part de Service Public, qui d&apos;autre part se pr&#xe9;tend pluraliste, et qui faillit &#xe0; son devoir de neutralit&#xe9; propre &#xe0; un journaliste (ou qui se pr&#xe9;tend l&apos;&#xea;tre).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x4y657_melenchon-tibet-france-culture_news&quot;&gt;http://www.dailymotion.com/video/x4y657_melenchon-tibet-france-culture_news&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici une vid&#xe9;o d&apos;une interview sur France-Info :&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x4yjzk_parlonsnet-n7-jl-melenchon-tibet_news&quot;&gt;http://www.dailymotion.com/video/x4yjzk_parlonsnet-n7-jl-melenchon-tibet_news&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je trouve les nuances faites par M. Melanchon plut&#xf4;t saines et justes, et que le discours binaire des journalistes est trop simpliste pour &#xea;tre compl&#xe8;tement honn&#xea;te. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La diplomatie selon la Presse, c&apos;est la Guerre Mondiale...&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 21 Apr 2008 14:52:56 GMT</pubDate></item><item><title>Soutien &#xe0; Arnaud Libert</title><dc:creator>Zorglub34</dc:creator><link>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/04/04/8606131.html</link><comments>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/04/04/8606131.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://journald1fou.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8606131/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/04/04/8606131.html</guid><description>&lt;p&gt;Apr&#xe8;s tous ceux qui hurlent avec les loups, qui se gargarisent de mots
comme &amp;quot;d&#xe9;ontologie&amp;quot;, &amp;quot;&#xe9;thique&amp;quot;, &amp;quot;droits&amp;quot;, qui se retranchent derri&#xe8;re
des r&#xe8;glements, des textes qui permettent &#xe0; tous ceux qui ne veulent pas jouer le jeu de la soci&#xe9;t&#xe9; de toujours s&apos;en sortir, au tour de ceux qui approuvent Arnaud
Libert et qui comprennent que son action a le m&#xe9;rite de l&apos;efficacit&#xe9; et
d&apos;une r&#xe9;alit&#xe9; bien loin des convictions des t&#xe9;nors de la p&#xe9;dagogie dans
les salons parisiens de dire leur soutien &#xe0; ARNAUD LIBERT.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Arnaud Libert a eu l&apos;intelligence et le courage d&apos;agir dans
l&apos;int&#xe9;r&#xea;t des jeunes et pas dans le sien propre. Si les d&#xe9;tracteurs
d&apos;Arnaud Libert avaient encore une id&#xe9;e pr&#xe9;cise de ce qu&apos;est
l&apos;autorit&#xe9;, de son utilit&#xe9;, de ses bienfaits, peut-&#xea;tre que lui
n&apos;aurait pas eu &#xe0; intervenir comme la voiture balai de l&apos;&#xe9;ducation. Si
au lieu de penser que l&apos;adolescent est capable de se construire
lui-m&#xea;me, aveu plus ou moins d&#xe9;tourn&#xe9; de l&apos;incomp&#xe9;tence ou &#xe0; tout le
moins de l&apos;inutilit&#xe9; des &#xe9;ducateurs, la philosophie &#xe9;tait de penser que
dire &amp;quot;non&amp;quot; &#xe0; un ado est une mani&#xe8;re de l&apos;aider &#xe0; construire ses
limites, de lui donner des rep&#xe8;res, et que ce &amp;quot;non&amp;quot;, il faut l&apos;appuyer
par une autorit&#xe9;, alors sans doute, Gianni n&apos;aurait pas perdu pied &#xe0;
l&apos;&#xe9;cole, et Arnaud Libert n&apos;aurait pas eu &#xe0; intervenir.&lt;br /&gt;Si Gianni n&apos;avait pas
&#xe9;t&#xe9; perdu par l&apos;&#xe9;cole et sa famille, si au lieu de le laisser sortir
sans contr&#xf4;le (contr&#xf4;le qu&apos;il refuse tout simplement sans que &#xe7;a n&apos;ait
de r&#xe9;percution sur lui, sans sanction), s&apos;il on lui avait inculqu&#xe9; tout
bonnement qu&apos;il risque quelque chose &#xe0; d&#xe9;fier l&apos;autorit&#xe9;, alors il
n&apos;aurait pas eu besoin des remontrances m&#xe9;rit&#xe9;es par Arnaud Libert !
Mais r&#xe9;instaurer l&apos;id&#xe9;e d&apos;autorit&#xe9; &#xe0; un gamin de 16 ans n&apos;est pas chose
facile, et n&#xe9;cessite parfois une d&#xe9;monstration de force lorsque plus
rien ni personne n&apos;a d&apos;emprise sur lui.
&lt;br /&gt;Il est bien beau de se retrancher derri&#xe8;re une id&#xe9;ologie qui n&apos;a
jamais apport&#xe9; le moindre bienfait collectif, et qui ne fait que
d&#xe9;montrer chaque jour le besoin croissant en &#xe9;ducateur pour rattraper
les erreurs accumul&#xe9;es par le pass&#xe9;, en les perp&#xe9;tuant, et en se
satisfaisant du cas du jeune sauv&#xe9; pour mille abandonn&#xe9;s.
&lt;br /&gt;Il est bien beau de perdre six mois &#xe0; expliquer &#xe0; un jeune ce
qu&apos;il comprendrait bien plus vite avec une paire de gifles. &#xc7;a fait
gagner du temps et de l&apos;argent &#xe0; tout le monde (sauf aux &#xe9;ducateurs).
&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On parle de la violence d&apos;Arnaud ? Arnaud a eu des gestes
tr&#xe8;s intimidants pour Gianni, parce qu&apos;il faut lui faire comprendre -
et vite, puisque visiblement, ce n&apos;est pas d&apos;hier que Gianni est en
relation avec Arnaud - qu&apos;il ne peut pas avoir le dessus sur les
adultes, et qu&apos;il faudra bien qu&apos;il plie ! Ces m&#xe9;thodes sont violentes
? Je pr&#xe9;f&#xe8;re cette violence l&#xe0; &#xe0; celle qui consiste &#xe0; laisser
l&apos;adolescent s&apos;enfoncer doucement, la violence sourde qui ne gronde
pas, qui ne crie pas, qui approuve le jeune en le renfor&#xe7;ant dans son
sentiment de victime, en s&apos;apitoyant sur lui en guise d&apos;aide, cette
violence sourde sur les jeunes qui refuse de leur donner les rep&#xe8;res
qu&apos;ils demandent &#xe0; corps et &#xe0; cris, cette violence l&#xe0; est pour moi la
plus grave. Et certains d&#xe9;tracteurs d&apos;Arnaud seraient bien &#xe0; m&#xea;me de
remettre en question les pr&#xe9;ceptes de leurs m&#xe9;thodes et de reconsid&#xe9;rer
s&#xe9;rieusement l&apos;efficacit&#xe9; psychologique de leur doctrine.&lt;br /&gt;J&apos;ai m&#xea;me lu le commentaire indign&#xe9; concernant le fait que Gianni ait &#xe9;t&#xe9; oblig&#xe9; de rentrer chez lui en chaussettes, tout &#xe7;a parce que le merdeux ne voulait pas continuer son stage, mais n&apos;avait pas song&#xe9; &#xe0; prendre des chaussures de rechange. Le chef de la s&#xe9;curit&#xe9; lui a demand&#xe9; de rendre les rangers, rien de plus normal. Devant un merdeux qui ne veut pas travailler, il faut bien &#xe0; un moment donn&#xe9; lui faire comprendre qu&apos;il ne peut pas gagner &#xe0; tous les coups. J&apos;esp&#xe8;re que cette petite humiliation lui aura servi de le&#xe7;on au moins. Il est rentr&#xe9; chez lui en chaussettes, aussi nu que sa vie, pr&#xe9;figuration de ce qui peut l&apos;attendre &#xe0; l&apos;avenir en continuant sur cette voie. Bel exemple, belle le&#xe7;on !&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tous les &#xe9;ducateurs&amp;nbsp; qui s&apos;indignent des m&#xe9;thodes d&apos;Arnaud Libert devraient au contraire prendre exemple sur lui, sur son investissement, sur les d&#xe9;clics qu&apos;il utilise pour faire r&#xe9;agir un gamin amorphe, d&#xe9;sabus&#xe9;. Vu leurs r&#xe9;sultats, je me demande s&apos;il serait pas plus rentable de les payer au ch&#xf4;mage, pendant ce temps l&#xe0; au moins, ils ne d&#xe9;truiraient pas la mentalit&#xe9; des gosses, et on obtiendrait les m&#xea;mes r&#xe9;sultats.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, et pour tous les autres Gianni, soutenons Arnaud Libert !&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 04 Apr 2008 12:14:07 GMT</pubDate></item><item><title>Le droit de mourir dignement</title><dc:creator>Zorglub34</dc:creator><link>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/03/21/8404618.html</link><category>Prospective</category><comments>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/03/21/8404618.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://journald1fou.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8404618/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/03/21/8404618.html</guid><description>&lt;p&gt;La mort avant-hier de Chantal Sebire soul&#xe8;ve &#xe0; nouveau le probl&#xe8;me qui avait &#xe9;t&#xe9; d&#xe9;j&#xe0; &#xe9;voqu&#xe9; &#xe0; l&apos;occasion de la disparition de Vincent Humbert : le droit de mettre fin &#xe0; ses jours pour abr&#xe9;ger ses propres souffrances.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;A une &#xe9;poque qui a fait tant de progr&#xe8;s qu&apos;elle permet de laisser survivre les cas les plus d&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9;s tant la m&#xe9;decine est performante, notre soci&#xe9;t&#xe9; se trouve confront&#xe9;e &#xe0; deux int&#xe9;r&#xea;ts antagonistes : faire vivre ou laisser mourir. Voil&#xe0; bien le dilemme &#xe9;thique auquel se trouve confront&#xe9;e la France, et auquel les Belges, les Suisses, les N&#xe9;erlandais ont d&#xe9;j&#xe0; r&#xe9;pondu avec plus de c&#xe9;l&#xe9;rit&#xe9;, d&apos;humanit&#xe9; et d&apos;efficacit&#xe9;, tandis que nous nous perdons en conjectures, palabres, et autres faux-fuyants qui permettent aux autorit&#xe9;s de rester sourdes et aveugles &#xe0; la r&#xe9;alit&#xe9; des souffrances.&lt;br /&gt;On per&#xe7;oit tr&#xe8;s bien que la majorit&#xe9; de la population est plut&#xf4;t favorable &#xe0; l&apos;euthanasie active et que beaucoup d&apos;entre nous&amp;nbsp; souhaiteraient m&#xea;me en b&#xe9;n&#xe9;ficier le cas &#xe9;ch&#xe9;ant, chacun percevant bien qu&apos;une mort lente et douloureuse n&apos;est pas une fin de vie digne.&lt;br /&gt;La loi dite Leonetti (on a souvent le tort d&apos;intituler les lois par le nom de leur auteur alors que chaque loi comporte un num&#xe9;ro et un titre bien pr&#xe9;cis) permet l&apos;euthanasie passive, par abstention de soin et de nourriture, et l&apos;administration d&apos;antalgiques pour att&#xe9;nuer la souffrance du malade, jusqu&apos;&#xe0; ce que mort s&apos;ensuive. Ce dispositif permet d&apos;administrer &#xe0; un malade en fin de vie une dose de m&#xe9;dicament ayant le pouvoir d&apos;endormir le patient, jusqu&apos;&#xe0; ce qu&apos;il meure de faim ou de soif. Et l&apos;on nous dit que cette loi est un progr&#xe8;s !&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;R&#xe9;sumons-nous : un m&#xe9;decin peut donner une dose de cheval &#xe0; un patient jusqu&apos;&#xe0; ce qu&apos;il meure de faim ou de soif, mais ne peut pas lui donner une dose mortelle d&apos;un m&#xe9;dicament qui soulagerait non seulement les souffrances du patient mais aussi celle de son entourage ! Parce que c&apos;est ce qui est apparu au cours des diff&#xe9;rents reportages : le patient souhaite un moment solennel lors duquel il se donnera la mort entour&#xe9; des siens &#xe0; un moment choisi. La solution &#xe9;tablie par la loi L&#xe9;onetti ne permet que de choisir le moment de l&apos;endormissement du malade, et impose quelques jours d&apos;attente jusqu&apos;&#xe0; la mort. Doit-il y avoir un d&#xe9;lai expiatoire ? La France ne souhaite pas, dirait-on, consid&#xe9;rer la mort comme une lib&#xe9;ration de la souffrance, et instiller l&apos;id&#xe9;e qu&apos;une mort douce est possible.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En Belgique, un dose dix fois sup&#xe9;rieure &#xe0; la dose mortelle de barbituriques est administr&#xe9;e au malade qui prend sa potion le jour d&#xe9;cid&#xe9;. Pas d&apos;esclandre, pas d&apos;abus pour le moment. En pendant ce temps, nous d&#xe9;blat&#xe9;rons, nous consid&#xe9;rant comme le pays des Droits de l&apos;Homme.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Consid&#xe9;rons les antagonismes : comment ne pas ouvrir une br&#xe8;che dans la l&#xe9;gislation sur l&apos;homicide en autorisant l&apos;euthanasie ? Voil&#xe0; la question de droit qui est pos&#xe9;e &#xe0; nos hommes politiques. On fait appel &#xe0; des m&#xe9;decins pour r&#xe9;pondre &#xe0; un probl&#xe8;me politique, juridique. On va chercher des justifications techniques, on va nous pondre un dispositif alambiqu&#xe9; qui ne trouvera que peu d&apos;int&#xe9;r&#xea;t.&lt;br /&gt;Pour ma part, voici le dispositif auquel j&apos;ai d&#xe9;j&#xe0; song&#xe9; : le souci est de ne pas permettre de maquiller des assassinats en euthanasie active. Proc&#xe9;dons alors &#xe0; l&apos;envers : autorisons l&apos;euthanasie active cas par cas. Il faut &#xe9;videmment une loi pour &#xe7;a.&lt;br /&gt;Imaginons qu&apos;un dispositif l&#xe9;gal permette &#xe0; un malade, s&apos;il le peut physiquement, ou &#xe0; un coll&#xe8;ge compos&#xe9; du Conseil de Famille (l&apos;ensemble des descendants, ascendants, collat&#xe9;raux du malade), les &#xe9;quipes m&#xe9;dicales, le personnel soignant (infirmi&#xe8;res, aide-soignantes, etc) et un psychiatre, de d&#xe9;poser une requ&#xea;te aupr&#xe8;s du Tribunal Correctionnel du lieu de r&#xe9;sidence du malade afin d&apos;autoriser l&apos;euthanasie. Une audience r&#xe9;unissant tous les protagonistes, en pr&#xe9;sence du Procureur de la R&#xe9;publique, examinerait l&apos;&#xe9;tat du malade, le bien fond&#xe9; de la requ&#xea;te afin qu&apos;il n&apos;y ait aucun doute sur l&apos;&#xe9;tat de souffrance du malade et de l&apos;irr&#xe9;versibilit&#xe9; de la pathologie et de l&apos;incapacit&#xe9; de la m&#xe9;decine &#xe0; la traiter, et, bien s&#xfb;r, la volont&#xe9; du patient de mettre fin &#xe0; ses douleurs. A l&apos;issue de l&apos;audience, le Tribunal Correctionnel autoriserait ou non l&apos;euthanasie selon un mode d&apos;administration mortif&#xe8;re que le malade aurait choisi avec les &#xe9;quipes m&#xe9;dicales, dans un d&#xe9;lai impos&#xe9;, avec la pr&#xe9;sence d&apos;un m&#xe9;decin, d&apos;au moins un membre de l&apos;entourage (certains n&apos;ont pas de famille). Toute entorse aux prescriptions du Tribunal Correctionnel devrait entra&#xee;ner des poursuites p&#xe9;nales.&lt;br /&gt;Si l&apos;on ne veut pas craindre de devoir r&#xe9;parer &lt;em&gt;a posteriori&lt;/em&gt; les exc&#xe8;s de l&apos;euthanasie active, agissons &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt;. Cessons de croire que la mort est un passage expiatoire et comprenons qu&apos;abr&#xe9;ger les souffrances d&apos;un proche avant de le voir sombrer dans une d&#xe9;ch&#xe9;ance est aussi un acte d&apos;amour.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 21 Mar 2008 10:19:00 GMT</pubDate></item><item><title>Les victimes et la sanction p&#xe9;nale</title><dc:creator>Zorglub34</dc:creator><link>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/02/12/7922583.html</link><comments>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/02/12/7922583.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://journald1fou.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7922583/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/02/12/7922583.html</guid><description>&lt;p&gt;Hier, encore une fois, nous avons pu assister par le truchement du petit &#xe9;cran &#xe0; la r&#xe9;volte des familles suite au verdict rendu dans l&apos;affaire de la passerelle du Queen Mary II.&lt;br /&gt;Le chute d&apos;une passerelle d&apos;acc&#xe8;s au Queen Mary II le 15 novembre 2003 sur le chantier de Saint-Nazaire a caus&#xe9; 16 morts et 29 bless&#xe9;s. Ev&#xe8;nement assez exceptionnel, la presse avait largement profit&#xe9; de l&apos;&#xe9;motion provoqu&#xe9;e par la disproportion entre la masse gigantesque du navire et les petites vies arrach&#xe9;es tandis qu&apos;elles venaient prendre un moment de r&#xea;ve.&lt;br /&gt;Une longue instruction a suivi, t&#xe2;chant de d&#xe9;m&#xea;ler les responsabilit&#xe9;s entre le Chantier de l&apos;Atlantique de Saint-Nazaire et la soci&#xe9;t&#xe9; Endel, constructeur de la passerelle d&#xe9;faillante. D&apos;un c&#xf4;t&#xe9; les Chantiers de l&apos;Atlantique s&apos;en remettaient &#xe0; la responsabilit&#xe9; d&apos;Endel quant &#xe0; un d&#xe9;faut de structure de la passerelle, et de l&apos;autre c&#xf4;t&#xe9;, la soci&#xe9;t&#xe9; Endel sp&#xe9;cifiait n&apos;avoir jamais fourni cette passerelle pour accueillir du public, mais pour permettre l&apos;acc&#xe8;s &#xe0; bord de marchandises et de mat&#xe9;riel, et que donc, les Chantiers de l&apos;Atlantique auraient d&#xe9;tourn&#xe9; l&apos;objet de sa destination initiale.&lt;br /&gt;Toujours est-il que le Tribunal Correctionnel de Saint-Nazaire a rendu son verdict hier et a condamn&#xe9; les deux soci&#xe9;t&#xe9;s solidairement au titre d&apos;un d&#xe9;faut d&apos;organisation dans la cha&#xee;ne des contr&#xf4;les pour les Chantiers de l&apos;Atlantique et pour un d&#xe9;faut dans les r&#xe8;gles de l&apos;art de la construction de la passerelle pour Endel. Les deux soci&#xe9;t&#xe9;s sont condamn&#xe9;es p&#xe9;nalement &#xe0; une amende de 177 500 € chacune, et au paiement de 9 500 000 € au titre des dommages et int&#xe9;r&#xea;ts pour les victimes. Par contre, le Tribunal n&apos;a reconnu aucune responsabilit&#xe9; individuelle et a prononc&#xe9; la relaxe de tous les salari&#xe9;s mis en examen.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et c&apos;est l&#xe0; que l&apos;&#xe9;moi des familles se fait conna&#xee;tre, n&apos;h&#xe9;sitant pas &#xe0; insulter la justice, &#xe0; parler de &quot;parodie de justice&quot;, constatant que par le jugement la justice admet &quot;que personne n&apos;a tu&#xe9;&quot; leur famille, que ce n&apos;est donc &quot;la faute de personne&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voil&#xe0; le probl&#xe8;me d&apos;un d&#xe9;ficit d&apos;explication des d&#xe9;cisions judiciaires, ce que la presse audio-visuelle se garde bien de faire pour continuer &#xe0; jouer sur la corde sensible bien plus vendeuse que la fibre de l&apos;intelligence.&lt;br /&gt;D&apos;une part, il y a bien eu une condamnation. Les deux soci&#xe9;t&#xe9;s sont condamn&#xe9;es au versement de 177 500 €. &#xc7;a c&apos;est l&apos;aspect p&#xe9;nal. Cet aspect ne concerne que la justice. C&apos;est la r&#xe9;ponse de la soci&#xe9;t&#xe9; au trouble social cr&#xe9;&#xe9; par l&apos;infraction. C&apos;est une affaire entre les mis en examen et la justice. La difficult&#xe9; de distinguer entre les diff&#xe9;rents int&#xe9;r&#xea;ts, c&apos;est que lors du proc&#xe8;s, les victimes, partie civiles, sont aussi des t&#xe9;moins au proc&#xe8;s p&#xe9;nal, afin que le Tribunal appr&#xe9;cie le trouble social. Par la m&#xea;me occasion il appr&#xe9;cie le dommage civil et lors de la proc&#xe9;dure, les deux choses ne sont pas assez diff&#xe9;renci&#xe9;es.&lt;br /&gt;D&apos;un autre c&#xf4;t&#xe9;, les deux soci&#xe9;t&#xe9;s sont condamn&#xe9;es au versement de plus de 9 500 000 €. Ce n&apos;est pas une somme anodine, soit 211 000 € par victime. C&apos;est une condamnation tr&#xe8;s lourde que les deux soci&#xe9;t&#xe9;s n&apos;entendent pas contester. Le Tribunal, par application d&apos;une loi r&#xe9;cente sur les responsabilit&#xe9;s p&#xe9;nales des salari&#xe9;s a retenu qu&apos;aucune faute prise individuellement n&apos;avait caus&#xe9; le dommage, et que seul le concours de plusieurs d&apos;entre elles a pu provoquer le drame. S&apos;il ne retient pas la responsabilit&#xe9; individuelle, il insiste sur la responsabilit&#xe9; des soci&#xe9;t&#xe9;s.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les victimes semblent effar&#xe9;es par le fait qu&apos;aucune personne physique ne soit condamn&#xe9;e &#xe0; titre personnel et qu&apos;en fin de compte, personne n&apos;aille en prison tandis que leur famille repose sous terre ou sur un lit d&apos;h&#xf4;pital. Et &#xe7;a, c&apos;est tr&#xe8;s grave, car il r&#xe8;gne un esprit de vengeance qui n&apos;est pas &#xe0; la hauteur d&apos;une justice sereine et &#xe9;quilibr&#xe9;e. Le prison n&apos;est pas un tribut pay&#xe9; au nom des victimes. Le tribunal a par ailleurs condamn&#xe9; les deux soci&#xe9;t&#xe9;s &#xe0; un pr&#xe9;judice sp&#xe9;cial &quot;d&apos;horreur et d&apos;angoisse&quot;, qui ne semble &#xea;tre ni plus ni moins qu&apos;un le pretium doloris ordinaire, r&#xe9;&#xe9;crit dans le but de donner un peu plus de consid&#xe9;ration aux victimes. Mais &#xe7;a ne suffit pas les victimes voudraient de la prison, aveugl&#xe9;ment, tout comme la m&#xe8;re d&apos;une des victimes de l&apos;accident de la Volvo s&apos;&#xe9;tonnait que l&apos;automobiliste soit encore en vie, elle. Il y a certes la douleur, mais l&apos;aveuglement n&apos;est pas meilleur conseiller. Faut-il revenir au wergeld (prix de l&apos;homme) des Vikings et des Francs, o&#xf9;, lors d&apos;un litige de nature p&#xe9;nale entre deux communaut&#xe9;s, on condamnait la communaut&#xe9; responsable &#xe0; restituer une &#xe9;pouse ou un enfant perdu, &#xe0; ex&#xe9;cuter un des leurs en compensation d&apos;un crime ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Aucune condamnation ne peut restituer un &#xea;tre perdu ou estropi&#xe9;. Le malheur des victimes ne peut s&apos;att&#xe9;nuer que par l&apos;entourage, l&apos;attention et l&apos;affection des leurs. L&apos;amour est un pansement, la haine et la rancœur sont des agents infectants.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 12 Feb 2008 08:30:00 GMT</pubDate></item><item><title>La TVA &quot;sociale&quot;</title><dc:creator>Zorglub34</dc:creator><link>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/02/11/7911896.html</link><comments>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/02/11/7911896.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://journald1fou.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7911896/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/02/11/7911896.html</guid><description>&lt;p&gt;Rang&#xe9;e dans l&apos;&#xe9;tag&#xe8;re des mauvaises id&#xe9;es par M. Fabius au soir du deuxi&#xe8;me tour des &#xe9;lections l&#xe9;gislatives, la TVA &quot;sociale&quot; a pris un s&#xe9;rieux coup d&apos;arr&#xea;t, au d&#xe9;triment de tous les avantages qu&apos;elle aurait pu procurer.&lt;br /&gt;Evidemment, quand on parle de la TVA on se heurte imm&#xe9;diatement au porte-monnaie de nos concitoyens qui voient d&apos;un tr&#xe8;s mauvais œil une augmentation des prix qui s&apos;ensuivrait automatiquement. En fait tout ceci souffre d&apos;un manque d&apos;explications, tr&#xe8;s bien orchestr&#xe9; par M. Fabius, d&apos;ailleurs. On pourra lui reprocher l&apos;ensemble de sa carri&#xe8;re, il en reste tout de m&#xea;me un vieux renard de la politique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous avons la tendance classique de chercher l&apos;argent qui fait d&#xe9;faut &#xe0; nos politiques publiques dans les poches des entreprises, &quot;l&#xe0; o&#xf9; est l&apos;argent&quot;, comme on l&apos;entend souvent. Alors on va taxer le travail, on va taxer la production, on va taxer telle ou telle activit&#xe9; particuli&#xe8;re, on cr&#xe9;e des fonds de participation (obligatoires, ces participations), des fonds de concours, etc. Et on se dit benoitement :&lt;br /&gt;&quot;- C&apos;est bien, ce sont les entreprises qui payent, et pas les travailleurs.&quot;&lt;br /&gt;Sauf que, quand on sait calculer un co&#xfb;t de revient et un prix, &#xe7;a ne fonctionne pas comme &#xe7;a.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une entreprise a pour but de faire de la marge pour faire un b&#xe9;n&#xe9;fice. Et il y a, pour chaque entreprise un taux de marge minimum en-dessous duquel elle ne doit pas vendre au risque de perdre de l&apos;argent, et donc, &#xe0; terme, mettre la clef sous la porte. Donc, quand on taxe une entreprise, elle reporte la taxe dans son co&#xfb;t de revient, l&apos;int&#xe8;gre dans son calcul de marge, cette taxe se retrouve dans le prix de vente, et c&apos;est en d&#xe9;finitive le consommateur qui paye, salari&#xe9; le plus souvent.&lt;br /&gt;En d&#xe9;finitive, quand on cherche la part de l&apos;entreprise dans la contribution &#xe0; l&apos;imp&#xf4;t, elle s&apos;est limit&#xe9;e &#xe0; l&apos;augmentation des fonds n&#xe9;cessaires pour continuer &#xe0; faire tourner la machine en attendant que les prix de vente rattrapent la mise, et c&apos;est le consommateur qui aura pay&#xe9;. Il n&apos;aura pas vu les taux le concernant augmenter, et constatera une augmentation des prix qu&apos;il attribuera sans h&#xe9;sitation &#xe0; l&apos;&#xe2;pret&#xe9; au gain de nos chefs d&apos;entreprises. Voil&#xe0; comment nous fonctionnons, sans consid&#xe9;rer que ces co&#xfb;ts qu&apos;on ajoute &#xe0; nos entreprises sont des freins &#xe0; l&apos;emploi, &#xe0; l&apos;investissement, au d&#xe9;veloppement de nos entreprises.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et puis il y a le probl&#xe8;me de notre s&#xe9;curit&#xe9; sociale. La s&#xe9;curit&#xe9; sociale est financ&#xe9;e presque exclusivement par le travail (il y a bien les taxes sur les alcools et le tabac, mais l&apos;&#xe9;tat ne les transf&#xe8;re pas r&#xe9;guli&#xe8;rement &#xe0; la S&#xe9;cu). Ce sont les patrons et les salari&#xe9;s, selon des taux fixes, corrig&#xe9;s par des parts variables entre salari&#xe9; et patron selon la branche ou l&apos;entreprise, qui financent la S&#xe9;curit&#xe9; Sociale sur la base des salaires. Et l&#xe0; aussi, il y a des habitudes de langage qui faussent les r&#xe9;alit&#xe9;s. On parle de brut salarial, on parle de prut patronal, mais en d&#xe9;finitive, tout sort de la poche de l&apos;entreprise. La part salariale, elle, est prise au salari&#xe9; par la S&#xe9;cu par le syst&#xe8;me du pr&#xe9;-compte. On d&#xe9;duit de la base salariale brute les cotisations selon des taux &#xe9;tablis par les lois de financement. Mais c&apos;est l&apos;entreprise qui va les verser &#xe0; chaque fin de trimestre.&lt;br /&gt;Plus loin, les charges sociales, puisque c&apos;est ainsi qu&apos;il convient de les appeler, sont elles aussi int&#xe9;gr&#xe9;es dans le co&#xfb;t de revient, dans le taux de marge, dans le prix de vente, et donc... dans le prix TTC. Et oui, nous payons, de fait, de la TVA sur les charges sociales... sur toutes les taxes, d&apos;ailleurs.&lt;br /&gt;Si l&apos;on y r&#xe9;fl&#xe9;chit, le salari&#xe9; paye des charges sociales sur son salaire brut, et repaye ces charges dans le prix de vente de ce qu&apos;il ach&#xe8;te, augment&#xe9;es de la part patronale et de la TVA sur ces charges, le tout empaquet&#xe9; sans discernement dans le prix TTC.&lt;br /&gt;Ce m&#xe9;canisme a &#xe9;t&#xe9; instaur&#xe9; au sortir de la deuxi&#xe8;me Guerre Mondiale dans un contexte de reconstruction nationale, le plein emploi et une d&#xe9;mographie favorable. La d&#xe9;mographie et la situation de l&apos;emploi &#xe9;voluant au fil des ann&#xe9;es, le syst&#xe8;me devenait moins favorable, et c&apos;est par des ajustements des taux, des assiettes de cotisation, d&apos;ajout de nouvelles cotisations qu&apos;on a cherch&#xe9; &#xe0; compenser les d&#xe9;ficits.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La question qu&apos;il est difficile d&apos;aborder, c&apos;est que le financement de la S&#xe9;curit&#xe9; Sociale a une influence directe sur notre &#xe9;conomie. Chaque augmentation des cotisations a une incidence directe sur le co&#xfb;t du travail et le prix de vente des produits. L&apos;emploi est de plus en plus co&#xfb;teux, et le prix des marchandises ou services augmente, sans que les salaires suivent n&#xe9;cessairement.&lt;br /&gt;C&apos;en est au point o&#xf9; le syst&#xe8;me scie la branche sur laquelle il est assis. Dans un contexte d&apos;&#xe9;conomie d&#xe9;sormais internationale, les entreprises d&#xe9;localisent leur production vers des pays &#xe0; moindre co&#xfb;t salarial pour obtenir un prix de revient comp&#xe9;titif &#xe0; l&apos;international, et chaque emploi transf&#xe9;r&#xe9; &#xe0; l&apos;&#xe9;tranger est synonyme de besoins suppl&#xe9;mentaires en cotisations sociales pour payer les indemnit&#xe9;s des ch&#xf4;meurs ou les pensions des pre-retrait&#xe9;s. Il devient alors n&#xe9;cessaire d&apos;augmenter les cotisations ou de baisser les indemnit&#xe9;s ou des pensions, des prestations de la S&#xe9;curit&#xe9; Sociale. &#xc7;a aggrave encore le probl&#xe8;me de la comp&#xe9;titivit&#xe9; des entreprises fran&#xe7;aises par rapport &#xe0; la concurrence mondiale. C&apos;est un cercle vicieux. La solidarit&#xe9; sociale est financ&#xe9;e par un syst&#xe8;me qui lui nuit. Quel paradoxe !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C&apos;est l&#xe0; que l&apos;int&#xe9;r&#xea;t de la TVA se montre. Nous venons de voir que, de fait, nous payons tous dans les produits que nous achetons la solidarit&#xe9; sociale, mais que parall&#xe8;lement, cela nuit &#xe0; l&apos;emploi. Tous les produits ? Non, pas les produits import&#xe9;s. Lorsque nous achetons des produits &#xe9;trangers, ceux-ci ne participent pas &#xe0; la solidarit&#xe9; sociale. Nous ne payons que de la TVA. L&apos;&#xe9;cart s&apos;accroissant, nous achetons de plus en plus de produits &#xe9;trangers au d&#xe9;triment des produits nationaux, au point o&#xf9; 40 milliards d&apos;Euros sont partis &#xe0; l&apos;&#xe9;tranger cette ann&#xe9;e (chiffre de la balance commerciale de 2007). Non seulement &#xe7;a nous nuit, mais &#xe7;a enrichit nos voisins !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Alors, quel int&#xe9;r&#xea;t ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La TVA &quot;sociale&quot; ne peut avoir d&apos;int&#xe9;r&#xea;t que si elle est une mani&#xe8;re de compenser les charges sociales sur les salaires. Une augmentation de la TVA seule ne peut avoir aucune influence b&#xe9;n&#xe9;fique sur notre &#xe9;conomie, sauf, peut-&#xea;tre, pour le budget de l&apos;&#xe9;tat, et encore...&lt;br /&gt;Evidemment, soit on r&#xe9;duit les charges salariales, et &#xe7;a ne se traduit que par une am&#xe9;lioration du pouvoir d&apos;achat des salari&#xe9;s. Les sommes pr&#xe9;compt&#xe9;es &#xe9;tant moindres, les d&#xe9;ductions sur le salaire brut sont donc moindres, le salaire net augmente. Mais l&apos;avantage pour les entreprises n&apos;est pas r&#xe9;el. Seul l&apos;effet d&apos;une augmentation du pouvoir d&apos;achat peut participer &#xe0; relancer quelque peu l&apos;&#xe9;conomie, mais ce ne serait pas suffisant.&lt;br /&gt;Il faudrait aussi reduire les cotisations patronales. L&#xe0;, le risque est que les entreprises ne baissent pas leur prix, et se mettent la diff&#xe9;rence en poche. Ce risque est effectivement r&#xe9;el. Sauf que dans une &#xe9;conomie mondiale concurrentielle, le premier qui baisse les prix en r&#xe9;percutant la baisse peut remporter un march&#xe9;, et obliger ses concurrents &#xe0; suivre. Il est &#xe9;galement fort problable que les entreprises partagent les gains entre le march&#xe9; et les actionnaires. L&apos;Allemagne a d&#xe9;montr&#xe9; l&apos;an dernier l&apos;efficacit&#xe9; de la mesure en retrouvant un exc&#xe9;dent de la balance commerciale d&#xe8;s la premi&#xe8;re ann&#xe9;e.&lt;br /&gt;L&apos;int&#xe9;r&#xea;t est de faire baisser les prix de revient de nos produits. A salaire constant, si l&apos;on diminue les charges sociales, on diminue le prix de revient. L&apos;int&#xea;ret est poour les entreprises qui exportent. Elles auraient le double avantage de vendre moins cher, donc de remporter plus de march&#xe9;s, donc de se d&#xe9;velopper, donc de diminuer aussi nos besoins en cotisations sociales. Par ailleurs, les entreprises qui exportent ne sont pas soumises &#xe0; la TVA, mais celles qui importent payent la TVA. Ce seraient ainsi les entreprises importatrices qui participeraient plus activement &#xe0; notre solidarit&#xe9;, au lieu de la d&#xe9;truire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Evidemment, l&apos;argument selon lequel la TVA est injuste pourrait porter. Mais si l&apos;on songe que les assurances, les loyers, la m&#xe9;decine, les cr&#xe9;dits sont exempts de TVA, que l&apos;alimentaire et les m&#xe9;dicaments sont soumis &#xe0; des taux r&#xe9;duits (qui &#xe9;chapperaient &#xe0; cette hausse de la TVA), il faut comprendre que les personnes les plus en difficult&#xe9; en subiraient moins les effets. Est-il normal de ne faire supporter la solidarit&#xe9; sociale que par ceux qui travaillent, sans demander la contribution de ceux qui profitent du syst&#xe8;me : ceux qui consomment ? Nous avons une dette qui repr&#xe9;sente plus de 25 000 € par fran&#xe7;ais, il va falloir songer un jour &#xe0; la rembourser, et pas seulement au d&#xe9;triment de ceux qui travaillent. Ne vaut-il pas mieux taxer le chiffre d&apos;affaire indirectement avec la TVA que taxer le travail des salari&#xe9;s ?&lt;br /&gt;On nous parle souvent des d&#xe9;mocraties scandinaves qui ont un fort taux d&apos;imposition comme mod&#xe8;le social. Oui, ils payent beaucoup d&apos;imp&#xf4;ts, mais pas sur le travail : sur la consommation. Ils ont un important imp&#xf4;t sur le revenu : &#xe7;a handicape moins leurs entreprises.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Songeons que les salaires repr&#xe9;sentent, en moyenne, 36 % du co&#xfb;t de revient d&apos;un produit. Les charges sur les salaires repr&#xe9;sentent environ 40 % du brut patronal. Dans le prix de revient, les charges salariales repr&#xe9;sentent donc : 0,36 X 0,40 = 0,14 soit 14 % du prix de revient. Ainsi, pour 1 point de baisse de charges de salaire, il ne faudrait que 0,14 point de hausse de la TVA pour compenser les besoins. Le salari&#xe9;, gagnerait 0,5 point de salaire en plus (si la baisse des charges est partag&#xe9;e moiti&#xe9;-moiti&#xe9; entre charges patronales et salariales), et ne payerait que 0,14 points de TVA suppl&#xe9;mentaire. Un gain net de 0,36 points.&lt;br /&gt;Par ailleurs, les entreprises payeraient plus d&apos;imp&#xf4;t sur les soci&#xe9;t&#xe9;s puisque l&apos;id&#xe9;e de la mesure est de leur permettre de vendre mieux, et les salari&#xe9;s payeraient sans doute un peu plus d&apos;Imp&#xf4;t sur le Revenu. Donc le bilan pour l&apos;&#xe9;tat serait meilleur.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est n&#xe9;cessaire que la mesure soit appliqu&#xe9;e progressivement afin de ne pas perturber le march&#xe9; de mani&#xe8;re trop brutale, mais de mani&#xe8;re significative pour que les entreprises et le salari&#xe9;s y aient un avantage.&lt;br /&gt;Reste &#xe0; trouver l&apos;&#xe9;quipe politique capable de poser le d&#xe9;bat, et qui ait le courage politique d&apos;affronter les hu&#xe9;es auxquelles il faut s&apos;attendre, en ayant le soin d&apos;apporter les explications n&#xe9;cessaires...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 11 Feb 2008 15:04:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lib&#xe9;ralisme</title><dc:creator>Zorglub34</dc:creator><link>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/02/06/7838370.html</link><category>Prospective</category><comments>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/02/06/7838370.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://journald1fou.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7838370/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/02/06/7838370.html</guid><description>&lt;p&gt;Lib&#xe9;ralisme, le mot qui fait honte, le mot qui cumule &#xe0; lui seul toutes les plaies de l&apos;Occident. La pauvret&#xe9;, le ch&#xf4;mage, la mis&#xe8;re sous toutes ses formes seraient les cons&#xe9;quences directes du lib&#xe9;ralisme source de pr&#xe9;carit&#xe9;, source d&apos;inqui&#xe9;tude, synonyme d&apos;avenir bouch&#xe9; et d&apos;espoir an&#xe9;anti. Lib&#xe9;ralisme, avantage accord&#xe9; aux entreprises pour qu&apos;elles puissent continuer de saper le syst&#xe8;me social en pr&#xe9;servant leurs dividendes.&lt;br /&gt;On lui accole souvent le pr&#xe9;fixe &quot;ultra-&quot; d&#xe8;s fois que les id&#xe9;es pr&#xe9;cit&#xe9;es ne soient pas assez bien per&#xe7;ues, et ce pr&#xe9;fixe qui fait appel aux sentiments les plus radicaux, extr&#xea;mistes m&#xea;me, accompagne le fantasme de l&apos;horreur ultime de l&apos;&#xe9;crasement des masses populaires et salari&#xe9;es vendues aux imp&#xe9;ratifs d&apos;un march&#xe9; inhumain. Voil&#xe0; les conceptions communes du lib&#xe9;ralisme dans notre pays.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, hormis Alain Madelin (et encore), il n&apos;y a pas le moindre lib&#xe9;ral dans la classe politique fran&#xe7;aise. Quelle curiosit&#xe9; tout de m&#xea;me ! Nous avons d&apos;un c&#xf4;t&#xe9; les socialistes en train d&apos;essayer de faire leur rupture id&#xe9;ologique avec le marxisme et la lutte des classes, et les anti-capitalistes, arc-bout&#xe9;s sur les concepts n&#xe9;fastes de &quot;capital&quot; et ses corrolaires (dividendes, actionnaires et actions, etc...). De l&apos;autre c&#xf4;t&#xe9;, nous avons les mod&#xe9;r&#xe9;s, tels Fran&#xe7;ois Bayrou, autrefois Valery Giscard d&apos;Estaing, Raymond Barre, attach&#xe9;s &#xe0; l&apos;id&#xe9;e de d&#xe9;mocratie sociale, dans laquelle l&apos;&#xe9;tat est un r&#xe9;gulateur actif. Et puis il y a la nouvelle droite, dite d&#xe9;complex&#xe9;e, r&#xe9;alistes sur les points &#xe0; am&#xe9;liorer, mais qui ont du mal &#xe0; quitter la conception de l&apos;&#xe9;tat jacobin centralisateur, toujours enclins &#xe0; ajouter des tuyaux &#xe0; l&apos;usine &#xe0; gaz pour tenter d&apos;am&#xe9;liorer le rendement, mais toujours avec un syst&#xe8;me o&#xf9; l&apos;&#xe9;tat contr&#xf4;le, d&#xe9;finit les r&#xe8;gles et pas seulement le cadre, intervient toujours.&lt;br /&gt;Car le lib&#xe9;ralisme, ce n&apos;est pas la favorisation des entreprises au d&#xe9;triment des salari&#xe9;s, c&apos;est l&apos;absence d&apos;intervention de l&apos;&#xe9;tat dans le march&#xe9;. Les lib&#xe9;raux r&#xe9;clament des r&#xe8;gles pour d&#xe9;finir un cadre, et souhaitent que l&apos;&#xe9;tat les laisse se d&#xe9;brouiller pour organiser le march&#xe9;, qu&apos;on cesse de leur imposer la courbure de la banane, la couleur de l&apos;endive, la taille de la courgette ou la hauteur de l&apos;interrupteur. Les lib&#xe9;raux demandent qu&apos;on les laisse travailler et qu&apos;on les sanctionne en cas de faute, et pas qu&apos;on leur demande de passer leur temps &#xe0; remettre aux normes des installations tous les trois ans parce qu&apos;un salari&#xe9; s&apos;est bless&#xe9; &#xe0; Trifouillis-les-Oies. Normes qui, par ailleurs, ont du mal &#xe0; &#xea;tre respect&#xe9;es tellement elles sont changeantes, compliqu&#xe9;es, on&#xe9;reuses, inadapt&#xe9;es &#xe0; certaines activit&#xe9;s. On d&#xe9;pense de l&apos;argent pour mettre aux normes, on en d&#xe9;pense encore pour contr&#xf4;ler, et de fait nous n&apos;avons pas moins ni plus d&apos;inconv&#xe9;nients que nos concurrents plus lib&#xe9;raux. &#xc7;a co&#xfb;te simplement plus cher pour faire pareil qu&apos;ailleurs.&lt;br /&gt;Les lib&#xe9;raux pensent que le meilleur appareil de redistribution des richesses, ce n&apos;est pas l&apos;&#xe9;tat, mais le march&#xe9;. Alors que l&apos;&#xe9;tat montre son impuissance &#xe0; redistribuer la richesse parce que d&apos;une part il se sert au passage, et que d&apos;autre part, il est incapable de r&#xe9;agir dans un temps adapt&#xe9;, les lib&#xe9;raux pensent que le march&#xe9; est plus d&#xe9;mocratique et plus juste. Il est plus d&#xe9;mocratique puisqu&apos;il est le fruit des volont&#xe9;s du plus grand nombre, plus juste parce que le march&#xe9; sait toujours accorder le rapport valeur/int&#xe9;r&#xea;t (&#xe0; condition qu&apos;on ne vienne pas le fausser avec des r&#xe8;gles provenant du pouvoir), et parce que la libert&#xe9; pr&#xe9;vaut toujours.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans notre conception fran&#xe7;aise, lib&#xe9;ralisme rime avec &quot;loi du plus fort&quot;, &quot;ch&#xf4;mage&quot;, &quot;d&#xe9;localisations&quot;. Sauf qu&apos;&#xe9;tant l&apos;&#xe9;tat le moins le moins lib&#xe9;ral, nous avons plus de probl&#xe8;mes que nos concurrents... Nos entreprises connaissent des entraves au d&#xe9;veloppement du fait de contraintes administratives, d&apos;un co&#xfb;t initial de d&#xe9;veloppement important en raison des normes tr&#xe8;s pr&#xe9;cises, accompagn&#xe9; d&apos;un risque juridique &#xe9;lev&#xe9;. Si l&apos;on rajoute une taxation importante du travail et des b&#xe9;n&#xe9;fices, les entreprises y r&#xe9;fl&#xe9;chissent &#xe0; deux fois avant de s&apos;&#xe9;tendre. C&apos;est globalement le r&#xe9;sultat des r&#xe9;flexions de la commission Attali, rapport rejet&#xe9; par les anti-lib&#xe9;raux d&apos;une moue de d&#xe9;go&#xfb;t &#xe0; la hauteur de l&apos;incompatibilit&#xe9; des conclusions avec leur doctrine. Encore une fois, c&apos;est un rejet par une posture et non par une r&#xe9;flexion. On s&apos;est acharn&#xe9; sur les taxis ou les d&#xe9;partements, comme si deux mesures discutables suffisaient &#xe0; enterrer les 314 autres sans d&#xe9;bat.&lt;br /&gt;Dans les pays lib&#xe9;raux, tels les USA ou l&apos;Angleterre, il y a aussi des r&#xe8;gles et des contr&#xf4;les. Des agences priv&#xe9;es contr&#xf4;lent les pratiques des entreprises, des accords de bonne conduite sont conclus entre les entreprises et les associations de d&#xe9;fense des consommateurs, et les litiges se r&#xe8;glent devant les tribunaux. Ces pays pratiquent le contr&#xf4;le a posteriori, c&apos;est &#xe0; dire une fois que le probl&#xe8;me surgit. Nous proc&#xe8;dons au contr&#xf4;le a priori, sur le simple respect de normes, m&#xea;me lorsqu&apos;il n&apos;y a pas de litige ou de dommage avec un tiers. Nos entreprises calculent leur risque en fonction des amendes encourrues, tandis que les entreprises am&#xe9;ricaines prennent leur pr&#xe9;cautions pour &#xe9;viter une condamnation &#xe0; des sommes redhibitoires pour la survie de l&apos;entreprise. Ces condamnations sont tellement importantes que les entreprises interviennent en d&#xe9;finitive a priori, et cel&#xe0; leur &#xe9;vite de faire n&apos;importe quoi. Le lib&#xe9;ralisme, ce n&apos;est pas l&apos;anarchie. Le march&#xe9;, et la libert&#xe9; laiss&#xe9;e &#xe0; l&apos;initiative priv&#xe9;e, cr&#xe9;e lui-m&#xea;me ses contr&#xf4;les, ses &#xe9;quilibres.&lt;br /&gt;Aux USA, la recherche est financ&#xe9;e pour l&apos;essentiel par le priv&#xe9;, tandis que la n&#xf4;tre, financ&#xe9;e par l&apos;&#xe9;tat peine &#xe0; progresser. Le grand nombre de cerveaux exil&#xe9;s en t&#xe9;moigne. Et le nombre de Prix Nobel r&#xe9;colt&#xe9;s par chacun montre de quel c&#xf4;t&#xe9; se situe l&apos;efficacit&#xe9;. L&apos;existence de la Croix-Rouge, des Restos du Coeur, des Compagnons d&apos;Emma&#xfc;s, de la ONCE en Espagne d&#xe9;montrent chaque jour et chaque ann&#xe9;e que le priv&#xe9; est mieux &#xe0; m&#xea;me que l&apos;&#xe9;tat d&apos;apporter des solutions adapt&#xe9;es et souples, y compris dans le champ de la solidarit&#xe9;, qui est pourtant notre cheval de bataille en France. Les fonds de pension am&#xe9;ricains permettent aux salari&#xe9;s (et anciens salari&#xe9;s) de b&#xe9;n&#xe9;ficier des fruits de la croissance des entreprises, tandis que nous taxons le travail pour payer d&apos;une g&#xe9;n&#xe9;ration &#xe0; l&apos;autre les pensions de nos a&#xee;n&#xe9;s, en subissant les effets d&#xe9;mographiques et des al&#xe9;as de la croissance ou de l&apos;emploi. Nous aurions pu avoir les n&#xf4;tres en 1995, mais nous avons pr&#xe9;f&#xe9;r&#xe9; laisser le soin aux salari&#xe9;s am&#xe9;ricains de b&#xe9;n&#xe9;ficier de nos efforts par esprit de justice. Nous aurions pu avoir nos fonds de pension se payant sur le fruit de notre propre travail, ce que r&#xe9;clament les syndicats et les anti-lib&#xe9;raux, mais ils les ont refus&#xe9;s par principe. En attendant, les vieux de Miami vivent tr&#xe8;s bien sur le dos salari&#xe9;s fran&#xe7;ais (entre autres) qui s&apos;&#xe9;chinent au passage &#xe0; payer aussi les retraites de leurs vieux. Tout autant de sujets impensables en France.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Alors &#xe9;videmment, il ne s&apos;agit pas de faire un USA-bis &#xe0; partir des pr&#xe9;ceptes lib&#xe9;raux. En toute chose, la mod&#xe9;ration est salutaire. Mais qu&apos;on cesse de parler de lib&#xe9;ralisme en France, il n&apos;y en a pas ! En revanche, que les chefs d&apos;entreprises pr&#xea;chent pour leur paroisse, &#xe7;a vous para&#xee;t anormal ?&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 06 Feb 2008 14:47:00 GMT</pubDate></item><item><title>Volvo : coup de frein sur la justice</title><dc:creator>Zorglub34</dc:creator><link>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/02/04/7772047.html</link><category>Quand il faut gueuler</category><comments>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/02/04/7772047.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://journald1fou.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7772047/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/02/04/7772047.html</guid><description>&lt;p&gt;Le 17 juin 1999, dans une rue &#xe0; forte pente de Wasselonne (Bas-Rhin), une automobiliste perdait le contr&#xf4;le de son break Volvo, fauchant trois personnes dont deux y perdent la vie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L&apos;automobiliste effar&#xe9;e par cet accident clame son innocence, et soutient qu&apos;elle a connu un probl&#xe8;me de freins, la p&#xe9;dale ne r&#xe9;pondant pas &#xe0; sa sollicitation. Une querelle d&apos;experts a eu lieu sur le point de savoir si le syst&#xe8;me de freinage sur la Volvo 850 TDi break automatique &#xe9;tait fiable ou non, le constructeur affirmant sa parfaite fiabilit&#xe9;, deux autres conducteurs venant t&#xe9;moigner d&apos;un d&#xe9;faut similaire lorsque le v&#xe9;hicule se trouve dans une forte pente.&lt;br /&gt;Il se trouve que par ailleurs, Volvo a port&#xe9; de profondes modifications sur le syst&#xe8;me de freinage depuis lors. On ne peut pas pour autant consid&#xe9;rer ces modifications comme une aveu de culpabilit&#xe9;, mais plut&#xf4;t comme une r&#xe9;ponse &quot;par pr&#xe9;caution&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Toujours est-il que le Tribunal Correctionnel de Saverne a condamn&#xe9; Volvo comme principal responsable de l&apos;accident qui a co&#xfb;t&#xe9; la vie &#xe0; deux enfants de 9 et 10 ans en 1999, infligeant une peine de 200 000 € d&apos;amende &#xe0; la firme su&#xe9;doise sur le chef d&apos;homicide involontaire.&lt;br /&gt;Mais voil&#xe0; que la conductrice est elle aussi condamn&#xe9;e &#xe0; six mois de prison avec sursis, un an de suspension du permis de conduire et 300 € d&apos;amende au titre de ... d&#xe9;faut de ma&#xee;trise du v&#xe9;hicule.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et &#xe7;a, c&apos;est la parfaite contradiction de motifs. De deux choses l&apos;une :&lt;br /&gt;- soit le syst&#xe8;me de freinage de la Volvo &#xe9;tait d&#xe9;faillant, et Volvo est condamn&#xe9;e &#xe0; l&apos;exclusion de la conductrice qui ne peut raisonnablement pas pr&#xe9;voir que ses freins vont l&#xe2;cher, la d&#xe9;faillance ayant pour elle le caract&#xe8;re de force majeure (impr&#xe9;visible, irr&#xe9;ductible, ext&#xe9;rieure). Que le juge r&#xe9;fl&#xe9;chisse in concreto &#xe0; la mani&#xe8;re de ma&#xee;triser un v&#xe9;hicule sans frein.&lt;br /&gt;- soit le syst&#xe8;me de freinage &#xe9;tait fiable, et la conductrice doit &#xea;tre condamn&#xe9;e pour homicide involontaire &#xe0; l&apos;exclusion de Volvo.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais parvenir &#xe0; condamner les deux, c&apos;est soit la volont&#xe9; de ne pas partager les torts et de condamner tout le monde en bloc, soit la volont&#xe9; de satisfaire la s&#xe9;curit&#xe9; routi&#xe8;re et les familles de victimes &#xe0; la fois (famille &#xe9;cœur&#xe9;e du fait que la conductrice soit en libert&#xe9;, voire en vie), mais ce n&apos;est pas un avis fond&#xe9; en droit. On dirait que d&#xe9;sormais, sur le simple r&#xe9;sultat de l&apos;accident, sans discerner des fautes existant ou pas, une condamnation est prononc&#xe9;e. Peu importent les circonstances.&lt;br /&gt;Un camarade de r&#xe9;giment, sur une route d&#xe9;partementale secondaire des environs de Sarrebourg, avait gliss&#xe9; &#xe0; la sortie d&apos;un virage et sa voiture s&apos;&#xe9;tait retrouv&#xe9;e dans le champ voisin, embourb&#xe9;e. Le temps d&apos;aller chercher des secours (en l&apos;occurence un tracteur) pour se tirer de ce mauvais pas, un papillon bleu venait sanctionner &quot;un d&#xe9;faut de ma&#xee;trise&quot; avec 600 F &#xe0; la clef &#xe0; l&apos;&#xe9;poque. De la m&#xea;me mani&#xe8;re, un camion couch&#xe9; sur le bas-c&#xf4;t&#xe9; de l&apos;entr&#xe9;e d&apos;un transporteur &#xe9;tait orn&#xe9; du papillon bleu du &quot;d&#xe9;faut de ma&#xee;trise&quot;. &lt;br /&gt;Est-ce que l&apos;accident n&apos;est pas assez ennuyeux pour ne pas subir en plus une sanction ? Est-ce que les gens cherchent l&apos;accident au point qu&apos;il faille cr&#xe9;er une infraction pour que les gens n&apos;aient pas d&apos;accident ? Quelle est cette justice qui sanctionne aveugl&#xe9;ment des gens qui subissent une situation ?&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 04 Feb 2008 11:00:00 GMT</pubDate></item><item><title>Une claque qui porte</title><dc:creator>Zorglub34</dc:creator><link>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/02/02/7772041.html</link><category>Quand il faut gueuler</category><comments>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/02/02/7772041.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://journald1fou.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7772041/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/02/02/7772041.html</guid><description>&lt;p&gt;Un gamin fait la forte t&#xea;te, insulte son prof, prend une claque et se fait remuer &#xe0; juste titre, et c&apos;est son prof qui se retrouve en garde &#xe0; vue, mis en examen pour &quot;violences volontaires aggrav&#xe9;es&quot; et sera jug&#xe9; en mars.&lt;br /&gt;Voil&#xe0; bien une &#xe9;volution malheureuse de nos conceptions de l&apos;&#xe9;ducation. Trente ans plus t&#xf4;t, personne n&apos;aurait song&#xe9; &#xe0; mettre en cause le professeur, et pour bien des enfants, la claque du professeur aurait signifi&#xe9; un doublement du tarif &#xe0; la maison.&lt;br /&gt;Une cohorte d&apos;institutionnels, en particulier le Procureur de la R&#xe9;publique, n&apos;ont pas h&#xe9;sit&#xe9; &#xe0; parler de d&#xe9;cha&#xee;nement de violence, soulevant un hypoth&#xe9;tique probl&#xe8;me d&apos;alcool, &#xe9;voquant m&#xea;me la consommation d&apos;une demi-bouteille la veille. Une demi-bouteille de quoi, on ne sait pas. Et pourtant entre une demi-bouteille de bi&#xe8;re et une demi-bouteille de whisky, la diff&#xe9;rence est &#xe9;norme. Toute la cha&#xee;ne de protection de l&apos;enfance s&apos;&#xe9;rige contre cette gifle, permettant &#xe0; l&apos;enfant de croire qu&apos;il peut se comporter n&apos;importe comment, et qu&apos;il ne risque rien. Heureusement, les enseignants du coll&#xe8;ge, des parents, d&apos;autres &#xe9;l&#xe8;ves apportent leur soutient &#xe0; cet enseignant consid&#xe9;r&#xe9; comme &quot;autoritaire mais juste&quot;. D&apos;autres au contraire, parlent d&apos;un enseignant maniaque de l&apos;ordre. Voil&#xe0; bien la probl&#xe9;matique : quelles sont les limites de l&apos;autorit&#xe9; et de l&apos;&#xe9;ducation sans douleur ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je me souviens d&apos;une visite de ma m&#xe8;re &#xe0; mon institutrice quand j&apos;&#xe9;tais au CE2. Elle est all&#xe9;e trouver mon enseignante car elle me trouvait agit&#xe9; &#xe0; la maison, et voulait confronter son avis avec celui de la ma&#xee;tresse. Or celle-ci a bl&#xea;mi &#xe0; la venue de ma m&#xe8;re, se tordant dans ses petits souliers en attendant les r&#xe9;criminations &#xe0; son endroit. Mais dans la conversation, ma m&#xe8;re glisse :&lt;br /&gt;&quot;- Vous savez, s&apos;il est insupportable, n&apos;h&#xe9;sitez pas ! Vous pouvez le gifler en cas de besoin&quot;&lt;br /&gt;La ma&#xee;tresse, recouvrant ses couleurs :&lt;br /&gt;- Ah ? Il ne vous a pas dit ?&lt;br /&gt;- Pas dit quoi ?&lt;br /&gt;- Ben justement, ... hier,...  il n&apos;a pas &#xe9;t&#xe9; tr&#xe8;s sage, et j&apos;ai &#xe9;t&#xe9; oblig&#xe9;e de lui mettre une claque.&lt;br /&gt;Ma m&#xe8;re se tournant vers moi :&lt;br /&gt;- La ma&#xee;tresse t&apos;a mis une gifle hier ?&lt;br /&gt;Moi, ne pouvant nier, et du bout des l&#xe8;vres, regardant piteusement mes chaussures :&lt;br /&gt;- oui ...&lt;br /&gt;Et vlan, sans autre forme de proc&#xe8;s, une autre claque venait approuver la sanction, tandis que la ma&#xee;tresse retrouvait son sourire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour mes parents, la ma&#xee;tresse avait raison parce qu&apos;elle est la ma&#xee;tresse, sans discussion possible. Et pour ma part, je m&apos;&#xe9;tais bien gard&#xe9; de confier &#xe0; mes parents la gifle re&#xe7;ue, s&#xfb;r du r&#xe9;sultat. Et si d&apos;aventure je m&apos;&#xe9;tais permis le &quot;Connard&quot; que l&apos;&#xe9;l&#xe8;ve a sorti, mon p&#xe8;re m&apos;aurait ramen&#xe9; &#xe0; l&apos;&#xe9;cole par la peau des fesses pour que je pr&#xe9;sente publiquement mes excuses au prof.&lt;br /&gt;Mais c&apos;est l&apos;inverse qui se produit. Un fils de gendarme mal &#xe9;lev&#xe9; est prot&#xe9;g&#xe9; par son p&#xe8;re qui devrait pourtant conna&#xee;tre les r&#xe8;gles de la discipline qui sont elles aussi en vigueur dans la caserne. Comme a dit Luc Ferry sur RTL : &quot;&#xe7;a serait plut&#xf4;t aux parents de pr&#xe9;senter leurs excuses &#xe0; l&apos;enseignant&quot;. Oui, s&apos;excuser de l&apos;impolitesse de cet enfant, du manque de respect, de leur &#xe9;chec sur un point d&apos;&#xe9;ducation.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Oh, j&apos;entends d&#xe9;j&#xe0; les r&#xe9;criminations des personnes favorables &#xe0; l&apos;&#xe9;ducation sans violence, celle qui fait perdre des heures de palabres l&#xe0; o&#xf9; une claque r&#xe8;gle tout en trente secondes, et qui fait faire de la discipline dans les classes &#xe0; la place des cours. Combien de fois peut-on voir des parents, dans les salles d&apos;attente, dans les magasins, les super-march&#xe9;s, dire &#xe0; leur enfant &quot;ne fais pas &#xe7;a&quot;, sans que l&apos;enfant ne s&apos;en &#xe9;meuve plus que &#xe7;a. On en voit m&#xea;me souvent qui continuent leur b&#xea;tise rien que pour v&#xe9;rifier qu&apos;il ne leur arrivera rien d&apos;autre qu&apos;une petite remontrance. En le man&#xe8;ge dure : &quot;ne fais pas &#xe7;a, je t&apos;ai dit&quot;, et le gamin continue, ach&#xe8;ve sa b&#xea;tise et &#xe7;a se termine par : &quot; je t&apos;avais dit de ne pas faire &#xe7;a. Tu sais que maman n&apos;aime pas quand tu fais des b&#xea;tises&quot;. Vous pensez bien que l&apos;enfant s&apos;en tape. Le &quot;m&#xe9;tier&quot; d&apos;un enfant, c&apos;est de trouver des limites pour se construire. Quand les limites sont si faibles, comment voulez-vous qu&apos;il les trouve les limites ? Alors il va plus loin la fois suivante, histoire de voir si la limite est l&#xe0;.&lt;br /&gt;Pourrait-on corr&#xe9;ler ceci aux nombreux probl&#xe8;mes que rencontrent les adolescents et dont tout le monde s&apos;accorde &#xe0; dire qu&apos;ils manquent de rep&#xe8;re ? Evidemment, on lie &#xe7;a &#xe0; la soci&#xe9;t&#xe9;, histoire de d&#xe9;douaner les parents. Mais ce sont eux qui sont en cause !&lt;br /&gt;J&apos;ai un ami qui a un fils de 5 ans et qui est une v&#xe9;ritable terreur. Son p&#xe8;re est en d&#xe9;placement de deux &#xe0; cinq jours par semaine. Quand papa n&apos;est pas l&#xe0;, il file doux avec maman. Maman, quand elle a dit non, il ne faut pas lui faire dire trois fois. Le troisi&#xe8;me non s&apos;accompagne d&apos;une fess&#xe9;e, et l&apos;enfant obtemp&#xe8;re avant. Quand Papa est l&#xe0;, le petit fait litt&#xe9;ralement ce qu&apos;il veut. J&apos;en ai discut&#xe9; avec le p&#xe8;re qui m&apos;a fait deux objections :&lt;br /&gt;- je ne suis pas l&#xe0; de la semaine, je ne veux pas rentrer le week-end uniquement pour faire le p&#xe8;re fouettard, j&apos;ai envie de profiter de mes enfants.&lt;br /&gt;- regarde, toi, tes parents ont &#xe9;t&#xe9; s&#xe9;v&#xe8;res avec toi, est-ce que tu voudrais infliger &#xe7;a &#xe0; ton fils ?&lt;br /&gt;Ceci, &#xe0; mon sens explique tr&#xe8;s bien le d&#xe9;ficit d&apos;&#xe9;ducation, et en particulier des p&#xe8;res. On n&apos;est pas un p&#xe8;re que le week-end, on l&apos;est toute la semaine, m&#xea;me absent. Et on ne profite pas de ses enfants, ce ne sont pas des jouets ou des animaux, ou des amis de passage. Il faut les &#xe9;duquer tous les jours, quelles que soient les circonstances. Au pr&#xe9;alable, il faut avoir instaur&#xe9; sa propre autorit&#xe9;, afin que, m&#xea;me absent, l&apos;enfant redoute l&apos;autorit&#xe9; parentale, qu&apos;elle qu&apos;en soit le bord, Papa ou Maman. L&#xe0;, l&apos;enfant se retranche derri&#xe8;re son p&#xe8;re lorsque la m&#xe8;re est en phase d&apos;autorit&#xe9;. Ce qui cause des conflits m&#xea;me entre les parents. Le petit en est m&#xea;me au point o&#xf9; il teste son p&#xe8;re en faisant volontairement des b&#xea;tises, avec un regard provocant qui m&apos;aurait valu &#xe0; lui seul une gifle. Le p&#xe8;re a beau lui dire &quot;non&quot;, l&apos;enfant va au bout de son geste, et rien ne vient le sanctionner. Au contraire, son p&#xe8;re lui alors trouve une activit&#xe9; pour qu&apos;il soit sage. Donc la b&#xea;tise est une source de r&#xe9;compense. Le monde &#xe0; l&apos;envers, avec les meilleures intentions du monde. Un jour, cet ami a confi&#xe9;, le temps d&apos;une apr&#xe8;s-midi son fils &#xe0; un autre de mes amis, sans enfant lui. Le petit a voulu faire son mariole, mais mon ami n&apos;a pas c&#xe9;d&#xe9; au man&#xe8;ge et le petit a &#xe9;t&#xe9; ob&#xe9;issant toute l&apos;apr&#xe8;s-midi. Au retour de son p&#xe8;re, le petit lui a saut&#xe9; au cou en lui disant :&lt;br /&gt;- Je suis content que tu reviennes, ici c&apos;est pas comme avec toi, je peux pas faire ce que je veux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tout est dit. L&apos;enfant sait les limites, il les a parfaitement comprises. Pourquoi ? Parce qu&apos;il a compris que s&apos;il n&apos;obtemp&#xe9;rait pas il risquait une sanction simple et efficace : une fess&#xe9;e au pire, une s&#xe9;v&#xe8;re engueulade au mieux. Il n&apos;en a m&#xea;me pas re&#xe7;u une seule, la menace &#xe9;tant certaine, &#xe7;a lui a suffi. A l&apos;inverse, avec son p&#xe8;re, il sait qu&apos;il ne risque rien.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour son second argument, je m&apos;&#xe9;tonne toujours... Mes parents ont &#xe9;t&#xe9; parfois s&#xe9;v&#xe8;res, certes. Mais pour l&apos;essentiel, ils ont &#xe9;t&#xe9; justes, et j&apos;avoue que je leur en ai fait baver. J&apos;ai pris quelques claques un peu fortes quelques fois, c&apos;est vrai. Mais entre &quot;trop fort&quot; et rien du tout, il y a toute une palette de comportements possibles. Je vois dans cet argument, le m&#xea;me esprit que celui des pros&#xe9;lytes de l&apos;&#xe9;ducation sans contrainte : ils n&apos;ont pas accept&#xe9; celle qu&apos;ils ont subie, pire, ne l&apos;ont pas encore comprise, et se comportent en totale r&#xe9;action, agissant &#xe0; l&apos;oppos&#xe9; complet. Il y a finalement autant de &quot;n&#xe9;vroses&quot; au bout, elles sont juste sym&#xe9;triques, si j&apos;ose dire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je suis heureux qu&apos;un mouvement collectif vienne en soutien du malheureux prof. J&apos;esp&#xe8;re que les syndicats de l&apos;enseignement, d&apos;ordinaire tellement enclins &#xe0; faire appel &#xe0; la solidarit&#xe9;, viendront en aide &#xe0; ce prof. Je suis heureux des trois jours d&apos;exclusions inflig&#xe9;s &#xe0; l&apos;enfant, et je trouve que c&apos;est pas cher pay&#xe9;. Je souhaite que le prof soit purement et simplement relax&#xe9;. J&apos;esp&#xe8;re que cet incident sera l&apos;occasion de remettre &#xe0; plat les principes d&apos;&#xe9;ducation sans douleur, qui montrent chaque jour leur limite.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 02 Feb 2008 12:06:00 GMT</pubDate></item><item><title>La droite d&#xe9;complex&#xe9;e</title><dc:creator>Zorglub34</dc:creator><link>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/01/31/7740795.html</link><category>A l&apos;attention des socialistes et mal-comprenants</category><comments>http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/01/31/7740795.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://journald1fou.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7740795/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://journald1fou.canalblog.com/archives/2008/01/31/7740795.html</guid><description>&lt;p&gt;Je lisais il y a quelques jours un billet d&apos;un blogueur faisant un portrait de la &quot;droite d&#xe9;complex&#xe9;e&quot;. Selon lui, la droite d&#xe9;complex&#xe9;e est compos&#xe9;e de &quot;gagne-petit&quot;, de &quot;bras-cass&#xe9;s&quot;, d&apos;&quot;envieux&quot;, serait d&#xe9;pourvue de neurones et j&apos;en passe.&lt;br /&gt;A la base, l&apos;expression &quot;droite d&#xe9;complex&#xe9;e&quot; me h&#xe9;risse. Je ne sais pas qui est le cr&#xe9;tin qui l&apos;a invent&#xe9;e, mais il faut lui laisser une place au Panth&#xe9;on de la connerie.&lt;br /&gt;Bon sang, qu&apos;est-ce qui justifierait que la droite doive &#xea;tre complex&#xe9;e ? Quel d&#xe9;shonneur, quel trouble social y a-t-il &#xe0; &#xea;tre de droite, &#xe0; le revendiquer sans s&apos;en cacher ? Quelle morale imposerait de se conformer aux valeurs de gauche comme seule vertu ? A-t-on jamais entendu les gens de droite parler de &quot;gauche cr&#xe9;tinis&#xe9;e&quot; ou &quot;scl&#xe9;ros&#xe9;e&quot; ? Quel honneur y a-t-il &#xe0; insulter l&apos;adversaire ? Le fait m&#xea;me qu&apos;on la consid&#xe8;re d&#xe9;sormais d&#xe9;complex&#xe9;e montre bien qu&apos;elle a &#xe9;t&#xe9; conspu&#xe9;e par ses contradicteurs, qui sont pourtant les ap&#xf4;tres de la tol&#xe9;rance, du respect de la diff&#xe9;rence, ardents d&#xe9;fenseurs de la d&#xe9;mocratie et du pluralisme, incapables de discrimination. Encore une fois les discours ne sont pas &#xe9;tay&#xe9;s par les actes.&lt;br /&gt;Je n&apos;ai jamais entendu la moindre personne de droite se revendiquer de droite comme une qualit&#xe9; en soi, mais toujours en se r&#xe9;f&#xe9;rant aux valeurs qui sont les siennes : le travail, le m&#xe9;rite, la libert&#xe9;, la responsabilit&#xe9; individuelle. A l&apos;oppos&#xe9;, &#xea;tre de gauche suffit &#xe0; s&apos;offrir un sauf-conduit moral. Et c&apos;est la droite qui serait hautaine, m&#xe9;prisante ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Parce que si &#xe7;a s&apos;arretait &#xe0; &#xe7;a, encore. Mais il n&apos;y a pas de politique possible que celle qui n&apos;est pas &quot;lib&#xe9;rale&quot;. D&#xe8;s qu&apos;on fait une once de mouvement en faveur des entreprises on se trouve tax&#xe9; de lib&#xe9;ral, comme si ce mot &#xe9;tait une inf&#xe2;mie. Il leur faut du &quot;social&quot;. Le m&#xea;me social qui, dans leur conception, subventionne la pauvret&#xe9; par ponction sur les riches qui, las de se faire ponctionner pr&#xe9;f&#xe8;rent aller gagner de l&apos;argent ailleurs qu&apos;en France. &#xc7;a fait 26 ans qu&apos;on fait &#xe7;a et que &#xe7;a s&apos;aggrave, mais &#xe7;a ne fait rien, il faut continuer. Et de dire &#xe7;a, c&apos;est du populisme, voire de l&apos;ultra-lib&#xe9;ralisme. Jamais le moindre recul, jamais le moindre doute. Si l&apos;on explique que les entreprises ont besoin de gagner de l&apos;argent, on nous renvoie &quot;les milliards d&apos;exon&#xe9;rations de charges sociales qui n&apos;ont pas emp&#xea;ch&#xe9; les d&#xe9;localisations&quot;, en raisonnant pour une centaine d&apos;entreprises de taille mondiale en se moquant des millions de PME qui pourraient se d&#xe9;velopper et absorber &#xe0; elles seules le ch&#xf4;mage. Tous les chefs d&apos;entreprises r&#xe9;clament qu&apos;on les lib&#xe8;re un peu, et parce qu&apos;ils sont chefs d&apos;entreprise, ils sont syst&#xe9;matiquement rejet&#xe9;s (mais il n&apos;y a aucun ostracisme chez les gens de gauche, c&apos;est eux qui le disent, voyons !). On ne les &#xe9;coute surtout pas, d&#xe8;s fois qu&apos;on leur permette de se d&#xe9;velopper et cr&#xe9;er des emplois. Avant les emplois on pense &#xe0; leurs b&#xe9;n&#xe9;fices, mais il n&apos;y a pas un brin de jalousie ou d&apos;envie chez les gens de gauche, c&apos;est eux qui l&apos;ont dit ! Pour ma part, je ne connais pas d&apos;entreprise qui cr&#xe9;e des emplois sans faire de b&#xe9;n&#xe9;fice, mais c&apos;est du populisme ultra-lib&#xe9;ral... Surtout n&apos;&#xe9;coutons pas ceux qui savent comment faire, et demandons plut&#xf4;t &#xe0; la premi&#xe8;re Madame Michu rencontr&#xe9;e sur le trottoir ce qu&apos;elle en pense, elle, d&#xe8;s fois qu&apos;on trouve le Prix Nobel d&apos;&#xe9;conomie sur le bord de la route. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Imaginez :&lt;br /&gt;- J&apos;ai mal au doigt&lt;br /&gt;- Ben, desserre l&apos;&#xe9;tau ...&lt;br /&gt;- Ah non, c&apos;est ultra-lib&#xe9;ral ! Au contraire, je vais mettre un tour de plus.&lt;br /&gt;Voil&#xe0; le niveau.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On conspue la mondialisation, que nous sommes les seuls au monde &#xe0; d&#xe9;signer ainsi, comme si notre probl&#xe8;me &#xe9;tait le reste du monde. Les autres appellent &#xe7;a globalisation. Et tandis que toutes les &#xe9;conomies du monde se mettent au diapason de l&apos;&#xe9;conomie mondiale, nous sommes les seuls au monde &#xe0; penser que l&apos;&#xe9;conomie de march&#xe9; est une mauvaise chose. La population mondiale a cru de presque 2 milliards d&apos;&#xea;tres en 25 ans, faisant dispara&#xee;tre la famine pour un autre milliard d&apos;humains, mais ce n&apos;est pas suffisant parce que le fran&#xe7;ais ne sait pas si son mod&#xe8;le social peut survivre. Le fran&#xe7;ais serait pr&#xea;t &#xe0; demander au reste du monde de changer pour d&apos;adapter &#xe0; lui, comme Stan Laurel dans &quot;les conscrits&quot; faisait changer le pas du r&#xe9;giment pour d&apos;adapter au sien. L&apos;inde cr&#xe9;e chaque ann&#xe9;e une France de cadre moyens, et le Fran&#xe7;ais voudrait qu&apos;on la freine pour payer sa s&#xe9;cu... 64 millions d&apos;&#xea;tres humains contre 6 milliards 600 millions ...&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 31 Jan 2008 15:29:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>