Journal d'un fou

Les fous disent n'importe quoi. Et je vais pas me gêner.

08 janvier 2008

La visite du Président au Pape

La visite du Président de la République au pape a fait couler de l'encre. Immédiatement, des boucliers se sont levés pour rappeler la laïcité de l'Etat, contraire à cette visite. Une photo officielle de cette visite montre que ces impératifs n'ont pas été oubliés, mais que le protocole conduit à des concessions :

201207_visite_1

Photo qui tente de relier deux oppositions : le temporel et le spirituel, sans faire d'accroc à la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Il faut donc ménager les susceptibilités, et trouver un compromis.
Est-ce que la main de Sarkozy est devant ou celle du Pape montre la direction ? Est-ce que Sarkozy est plus grand pour ne pas montrer une soumission à l'Eglise ? Chacun y trouve son compte.
Dans la logique de l'union prêchée par le Christ, que son symbole soit au milieu me parait normal. Je ne pense pas qu'il faille aller voir dans la présence de chaque côté de la croix les symboles d'Hérode et Pilate, ou Caïphe. Pourquoi pas les larrons tant qu'on y est ?
Le pape porte la mosette rouge, signe qu'il est en prédication, tentant de convaincre de chef de l'état français de revenir dans le giron de l'Eglise. Il est dans son rôle. Il ne s'agissait pas là d'une visite de courtoisie, mais d'une rencontre entre chefs d'Etat. Et le travail de chef de l'Etat du Vatican, c'est de faire entrer en son sein la plus large communauté d'êtres humains.

Est-ce que le chef de l'Etat français devait aller le voir ? Quand la France est traditionnellement catholique, majoritairement chrétienne, aller rencontrer le directeur des consciences est incontournable. On ne peut pas ignorer un homme qui représente la foi de centaines de millions d'humains.
La France est un état laïc, certes. Mais quand le chef de l'Etat rencontre le recteur de la Grande Mosquée de Paris, le Grand Rabbin en France, ou le Dalaï Lama, tout le monde salue son esprit d'ouverture. Seul le Pape serait exclu ? Refuser de serrer la main du pape serait une preuve d'impolitesse qui ferait affront à l'Eglise entière, et nuirait à la réputation d'ouverture et de dialogue qui est l'honneur de la France.
Lors de son discours le Président a parlé de foi, d'espérance, de conscience. Est-ce la rôle d'un chef de l'état laïc ? A mon sens, tant que l'Etat ne prend pas clairement position pour l'une des religions de ce monde, tant qu'aucun acte ne tend vers cette situation, le chef de l'état peut parfaitement déclarer que la foi est meilleure pour l'homme que son absence, que la vie spirituelle intérieure est plus souhaitable que son absence, sans toutefois prendre parti pour l'une des religions.
Nous avons souvent tort de croire que parce que laïque, la France est athée, confondant là le fonctionnement des institutions et la liberté de conscience des individus. Le Chef de l'Etat peut parfaitement faire des allusions à la foi, à la croyance, à l'espérance parce que ce sont des questions que chaque homme peut se poser.
Le manque de conscience théologique de notre époque montre aussi ses limites : le désespoir ici-bas, la recherche d'un bonheur immédiat, permanent, instantané, en libre-service. Je comprends que le chef de l'état fasse cette remarque, qui est aussi une rupture. Malraux disait : "le XXIè siècle sera spirituel, ou ne sera pas". Si l'on veut qu'il soit, il faut aussi accorder une place au spirituel. Et pour ma part je préfère le discours d'amour du Christ au discours impérialiste de l'Islam intégriste (celui qu'on entend le plus, hélas), ou au discours d'ostracisme hébreu (essayez de vous convertir au judaïsme ou d'épouser une juive pratiquante), surtout maintenant que l'Eglise en a terminé de ses tentatives de conquête par la force et l'intimidation.

Encore une fois, les opposants, détracteurs du Président ont préféré l'apparence au fond, confondu l'athéisme et la laïcité, raté une occasion de se taire, montrant leur ignorance tant dans la délicatesse des relations internationales que dans les arcanes de l'esprit.

A lire pour une analyse sémiologique :

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=33778.php3?id_article=61

04 janvier 2008

Abraham Lincoln

Extrait de la déclaration au congrès des États-Unis d’Amérique en 1860 du PRÉSIDENT ABRAHAM LINCOLN

"VOUS NE POUVEZ PAS

- Créer la prospérité en décourageant l’épargne

- Donner la force au faible en affaiblissant le fort

- Aider le salarié en anéantissant l’employeur

- Favoriser la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes

- Aider les pauvres en ruinant les riches

- Former le caractère et la volonté en décourageant l’initiative et l’indépendance

- Aider continuellement les hommes en faisant pour eux ce qu'ils pourraient faire eux-mêmes"


Je sais que cette déclaration est insupportable pour certaines personnes. C'est la négation même de leur idéologie, et pourtant, ...
J'ai eu l'occasion de vouloir partager cette déclaration avec un ami, de sensibilité opposée. Ce qui m'amuse, ou me déçoit, c'est que :
- cette personne n'a pas vraiment lu le fond et s'est arrêtée à l'apparence ("vous ne pouvez pas" est pour lui une impossiblilité abolsue concernant les débuts de propositions, et il n'a pas vu que c'était une opposition entre les moyens et les buts).
- cette personne a rejeté d'un regard méprisant ce texte et l'a jeté à la cheminée immédiatement, me portant un regard d'une supériorité affirmée, plein d'une morgue qui est la marque des cons, certain de sa morale supérieure, qui affame le monde...
Depuis, et pour d'autres raisons, je préfère ne plus le voir.

31 décembre 2007

Etre français en 2008

Qu'est-ce qui différencie un français d'un étranger en 2008 ? Hormis la langue, évidemment.

L'idée du modèle français, nous dit-on. Mais quel est-il ce modèle français ?
Je le vois pour ma part comme étant une série de revendications :
- le droit d'être instruit par l'éducation nationale malgré soi
- le devoir d'avoir un travail rémunéré, subi, vécu comme une contrainte et en aucun cas un épanouissement
- la responsabilité d'un tiers à toute faute, surtout si la responsabilité personnelle est engagée
- l'absence de remise en cause de ses propres fautes ou échecs
- le rejet de l'économie de marché tout en trouvant normal son confort
- la revendication de l'état maman : qui pardonne, qui compense et réconforte.
- le rejet de la police : la police ne doit pas agir par la force, par la ruse, et ne doit pas faire preuve d'autorité.
- le recours à l'état comme redistributeur de richesses
- une sécurité sociale ruineuse et déresponsabilisante
- un régime de retraite qui est une condamnation pour chaque génération à subir les effets démographiques de la précédente.
- une fiscalité qui défavorise les actifs au profit des inactifs
- la considération de la société et de l'économie comme figée une fois pour toutes quand le reste du monde avance et change
- une défiance à l'évolution des sciences et des techniques (OGM, nanotechnologies, nucléaire, etc)
- l'endoctrinement sur l'effet de serre
- une culture générale inexistante

Voilà une série de considérations qui sont le carcan qui fige la France dans son immobilisme. Les années Mitterrand ont cru pouvoir créer une société de la générosité et de la passion, c'est à dire le contraire de la justice et de la raison. Ma génération vit dans cette erreur comme si c'était une réalité avérée, sans voir que c'est cette conception qui est notre échec. Chirac n'a rien fait pour faire disparaître cette idéologie. D'ailleurs, il n'a pas fait grand chose.
Aujourd'hui les adultes de mon âge sont des enfants. Il faut tout leur dire pour les prévenir, il faut réfléchir à leur place. Quand on est un professionnel, il faut réfléchir à la place des consommateurs, et anticiper leurs erreurs. Mais comment peut-on imaginer les erreurs de quelqu'un ? Certaines sont possibles, mais devant l'imagination fertile de la bétise, comment tout prévoir ? Qu'importe, le professionnel devait prévoir. L'adulte ? Un enfant.
Nous n'avons aucune culture économique. Une partie de l'opinion publique, que les médias suivent par clientèlisme, considère que l'économie de marché est une marche vers l'horreur, oubliant les efforts de leurs ancêtres qui, par leur travail, leur permet de bénéficier de leur confort actuel. Les trente glorieuses ont fait oublier que la vie n'est facile pour personne, sauf pour la génération d'après-guerre qui a bénéficié de conditions favorables (reconstruction, plein-emploi, revolution industrielle, etc). Tout devait être facile pour toujours. On a distribué des largesses, sans considérer l'avenir, endettant nos enfants. Comme c'est facile. Et maintenant que la facture arrive, plus personne ne comprend où est passé l'argent. Il est dans les poches de nos parents, de nos proches. Nous sommes tous bénéficiaires et responsables de la dette publique.
Alors on désigne les "riches", comme on a autrefois désigné les juifs, les arabes... Pourtant le calcul montre que l'abolition des riches ne permet pas de régler les problèmes :

http://caderange.canalblog.com/archives/2007/12/14/7123284.html#comments

Cet article montre que les riches ne peuvent pas, à eux seuls, rendre l'argent "qu'on leur aurait donné" et qui auraient "pillé" les richesses qui revenaient aux pauvres. Non, supprimer les riches, ne servirait à rien, sauf à couper la branche sur laquelle nous sommes assis.
Alors on taxe, il faut bien maintenir le niveau de vie. On taxe qui ? Les riches, c'est "social" et électoral. On taxe ceux qui travaillent : les salariés. Un pauvre smicard touche péniblement 1000 euros. Mais pour son patron, c'est 1850 € à débourser. Plus de 40 % de taxation, un scandale ! 40 % qui permettraient à chacun de mettre les priorités dans l'ordre qui lui convient. 40 % qui feraient de nous un pays riche. 40 % de pouvoir d'achat pour le salarié ou 40 % de compétitivité pour l'entreprise qui pourait alors vendre moins cher, donc plus, donc créer plus d'emplois, donc faire baisser les besoins des assedics, des allocations de la CAF.
Mais non, en France, on ne comprend rien au plan comptable. On ne comprend pas que ces taxes sont payées par le consommateur dans le prix de vente. Et quand on parle de TVA sociale, rêvée par les patrons, suggérée par les syndicats de cadre, l'opinion publique est contre. Elle le voit comme un impôt injuste, aveugle. Est-il utile ? Ce n'est pas la question. Pourrait-il servir l'économie ? Ce n'est pas la question, on vous a dit !
Je reviendrai sur la TVA dans un prochain billet.
On oublie en France qu'on ne tond pas les riches comme on peut tondre les pauvres. Les riches sont mobiles, pas les pauvres. Les riches peuvent se délocaliser pour payer moins d'impôts. Les pauvres sont contraints à subir, et à subir également les délocalisations des riches. Le réflexe est toujours le même : il faut taxer les entreprises qui délocalisent, histoire de les faire partir plus vite. On oublie que lorsqu'un riche préfère partir pour ne payer que 50 % de son revenu au lieu de 60 %, la différence est de 60 %, pas 10 %...
On oublie que si les entreprises licencient alors qu'elles font des bénéfices, c'est pour s'ajuster à la concurrence mondiale, pour être compétitif avec le reste du monde qui a bien moins de contraintes financières, faute de quoi, il n'y aura plus de bénéfices à l'avenir, et à terme, plus d'entreprise. Je me souviens des salariés de Bata qui manifestaient contre la fermeture de leur usine chaussés de Nike...
On rejette la société du fric tout en en réclamant plus, et en reprochant aux entreprises de ne penser qu'au lucre. On oublie que l'entreprise est faite pour le lucre, sinon on ne la crée pas.
On rejette l'ultra-libéralisme des hommes politiques français, alors qu'aucun homme politique n'est ultra-libéral. Il n'y a que des libéraux modérés, tous attachés à l'état centralisateur, jacobin. On oublie que le libéralisme anglais et américain a permis à ces deux pays d'avoir le meilleur niveau de vie de la planète, même si c'est loin d'être parfait. On préfère s'attacher à des détails de leur mode de vie, comme leur système de santé, pour le rejeter en bloc.

J'arrête là la liste, non exhaustive loin s'en faut, des points qu'il faudra faire changer dans les mentalités pour que la France revienne sur le chemin d'une croissance suffisante, pour retrouver un niveau de vie qu'elle mérite.

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19 décembre 2007

Le Traité de Lisbonne

Je regardais "Ce soir ou jamais" hier soir, émission dont le thème était le Traité de Lisbonne et la question du référendum.
La question fondamentale était : faut-il à nouveau passer par la voie référendaire ou Sarkozy se moque-t-il de la démocratie ?

Remarque liminaire, je suis toujours étonné quand seuls des philosophes font office de référence. Il n'y a jamais un juriste pour rappeler les réalités et les contraintes juridiques, ou pour éclairer de l'œil du technicien les choix qui se présentent.
Ensuite, je crois que la question même du débat est tronquée si l'on ne pose pas cette question préalable : le Traité de Lisbonne est-il similaire au Traité dit constitutionnel rejeté en 2005 ?
Enfin, et comme souvent à la télévision, le débat se perd dans des conjectures politiques intérieures, et ne se soucie pas du contexte international, pas plus que de l'utilité du but poursuivi (téléologie). On reste dans un débat de forme, dans une diatribe renforcée à coups de poncifs idéologiques.

A titre personnel, je crois que Jacques Chirac a commis une erreur grave en choisissant la voie référendaire en 2005. J'ai reçu la confidence d'un des membres de la garde présidentielle qui pense quant à lui que ce référendum avait pour Jacques Chirac la valeur d'un plébiscite dans l'optique de lui assurer en 2009 la Présidence de l'Europe. L'hypothèse est peut-être un peu farfelue, mais à bien y réfléchir, peut-être pas tant que ça.
Toujours est-il qu'ayant mis le doigt dans l'engrenage référendaire, il sera délicat politiquement d'adopter la Traité de Lisbonne par la voie du Congrès.

Mais revenons au référendum de 2005.
Trois mois avant le scrutin, une large majorité de français était favorable au Traité dit "constitutionnel". Le Parti Socialiste lui-même, lors d'une consultation des militants, approuvait le Traité et appelait à voter "oui". C'était sans compter sur le sens de la démocratie de certaines ailes du parti, MM. Fabius et Melanchon en l'occurrence, qui, faisant fi du vote de leur propre parti, lançaient une campagne pour le "non", avec des arguments discutables.
-"Graver dans le marbre" le Traité. Ce Traité n'a adopte ni plus, ni moins, les procédures habituelles du Traité de Rome, de Maastricht, d'Amsterdam ou de Nice, procédures qui seront celles du Droit Français si l'on veut quitter l'Europe, ou la règle de l'unanimité, comme toujours au sein de l'UE. Rien de nouveau là, l'argument est plus que faible.
- "le nombre important de références à la "concurrence libre et non faussée" par rapport aux peu nombreuses références à "l'Europe sociale". Sauf que le droit n'est pas de la littérature, et que ça ne se juge pas au poids. Pour un juriste, le nombre important de ces références est le témoignage d'un encadrement important de la notion. C'est comme si on disait que "Mein Kampf" est un livre d'union parce que le mot le plus utilisé est "et". Ni plus ni moins que de la stupidité pour exciter les foules.
- le manque "d'Europe Sociale" sans avoir, pour expliquer la notion, le moindre exemple concret.
- l'entrée probable de la Turquie dans l'UE, (dans 20 ans !), faisant appel, encore une fois, aux sentiments xénophobes, en faisant miroiter la présence des talibans aux commandes de l'Europe.
Encore une fois, la politique a dévoyé à des fins électorales une idée qui dépasse les intérêts nationaux.

Le résultat a été un "non" à 55 %, mais avec moins de 50 % de participation. On peut surtout lire dans ce "non" le rejet de la politique intérieure de Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin. C'est l'écueil du référendum en France : il se tourne toujours en plébiscite. Charles De Gaulle l'a utilisé 4 fois comme tel, faisant comprendre que le "non" emporterait sa démission, et joignant la parole aux actes en 1969.

Et depuis, l'Europe est en panne, engoncée à 27 désormais dans des institutions créées pour 15, et surtout dans le trouble politique des "non" français et néerlandais. Comment sortir de l'impasse ? Il faut adopter de nouvelles institutions adaptées à la nouvelle taille de l'UE, et ceci passe nécessairement par la négociation d'un nouveau Traité : celui de Lisbonne.

Est-ce à dire que le Traité de Lisbonne n'est qu'une pâle copie de Traité dit "constitutionnel" ? Est-ce que ce nouveau Traité n'est qu'un Traité institutionnel ou un Traité qui, à l'instar du Traité dit "constitutionnel", intègre les textes des Traités de Rome et Maastricht ?
A mon sens, le "non" de 2005 interdit l'intégration des Traités de Rome et Maastricht, et celui de Lisbonne n'est qu'un Traité Institutionnel visant à remplacer la partie "fonctionnement de la CEE", et les négociations entreprises par la Présidence Allemande en 2007 ont eu pour but de prendre en considération les refus français et néerlandais. Il s'agit de donner un nouvel élan à la construction européenne par le biais institutionnel.

Faut-il repasser par la voie référendaire en France ? Le parallélisme des formes tel que conçu par les partisans du "non" le justifierait, à condition que ce fût le même Traité. Le "non" a été prononcé à propos du Traité dit "constitutionnel" et pas pour tous les traités à venir. Le Président de la République a parfaitement compris l'intérêt de la voie du Congrès car un nouvel échec serait une condamnation à mort de l'idée européenne.
La réflexion de nos philosophes hier soir était de dire que le Président de la République passait outre la démocratie et par un jeu malhonnête parvenait à imposer aux français ce qu'ils avaient refusé auparavant.
Ceci m'inspire deux réflexions :
- le "non" n'est pas gravé dans le marbre
- lorsque les intérêts en jeu dépassent les intérêts nationaux, telle l'idée européenne, il est du devoir d'un chef de l'Etat de s'engager, même contre l'opinion publique. Pierre Mendès-France disait : "Gouverner, c'est choisir". Et un chef doit choisir le mieux, pour tous, même contre tous. Un chef n'est pas un mandataire de l'opinion publique mais le leader d'un peuple qu'il doit guider dans ses choix, et doit assumer des choix que l'opinion publique n'est pas toujours à même de percevoir.

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16 décembre 2007

La diplomatie selon les détracteurs

La visite officielle du Colonel Khadafi en France aura fait couler beaucoup d'encre, de salive, et dévoilé la pensée profonde de certains en terme de diplomatie et de la vision des relations internationales.

Certes, pour paraphraser Pierre Desproges, la compagnie d'un terroriste pratiquant me met rarement en joie. Mais faut-il toujours s'arc-bouter sur le passé pour construire l'avenir ?

Les déclarations de la resplendissante Rama Yade au matin de la venue du Chef d'Etat Libyen ont été prises comme un coup de semonce dans l'harmonie gouvernementale. Je les vois surtout comme un numéro de cirque : l'un fait les courbettes officielles et protocolaires (le Président), tandis que sa spécialiste (Secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme) met les points sur les "i" : "La France n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits". C'est dit - et bien dit - et sans doute l'apparence des choses est-elle sauve, nul ne pourra ignorer qu'un membre du gouvernement a pleinement pris conscience de la portée de cette visite en France.

En premier lieu, je ne pense pas que les déclarations de Rama Yade puissent avoir une quelconque influence sur la politique intérieure libyenne, et la seule véritable traduction de ces pensées pour avoir de l'effet ne peut passer que par des sanctions politiques et économiques internationales. Or la réalité internationale en est à l'opposé : Khadafi rentre dans le rang, et malgré son passé houleux, se place désormais dans les files des nations fréquentables. Les sanctions ont été levées, et c'est l'intégration au sein du Cartel des Nations qui est l'avenir.

Evidemment, l'opposition, dans son rôle de posture, a martelé l'affront fait aux Droits de l'Homme qu'occasionne cette visite, et qu'en marchandant avec ce tyran, nous bafouons nous-mêmes notre conception de nos libertés, et que le chef de l'état pousse même le cynisme jusqu'à essuyer d'un revers de la main les atrocités du passé pour des milliards d'Euros.

Voilà encore et toujours la problématique socialiste : les milliards d'euros. Et la cause du rejet : le passé.

Goethe disait : Celui qui n'a pas appris la leçon de 3000 ans d'histoire vit au jour le jour.

Inscrivons-nous dans une perspective plus grande que la longueur d'une législature. Faut-il toujours que nous soyons dans une logique d'affrontement avec nos ennemis passés ? Nous serions-nous réconciliés avec les allemands, avec les anglais ? Faut-il toujours que les générations perpétuent les affrontements de leurs aïeux au point que ceux qui s'affrontent encore n'en ont même pas été les acteurs ? La rancune est-elle un moteur d'avenir ? Les victimes des attentats attribués à l'Etat Libyen réclament un devoir de mémoire, et, dans leur logique, cette visite est pour elles une blessure, on les comprend. Mais faut-il sacrifier le destin des nations à la souffrance de 300 familles ? Selon l'opposition, il ne faudrait pas négocier avec la Libye au nom des attentats commis il y a 20 ans, il ne faut pas aller en Chine pour ne pas soutenir le régime, il ne faut pas aller serrer la main de George Bush au nom de la guerre en Irak, il faut fermer la porte à Poutine pour ne pas cautionner les atteintes à la démocratie. On ne parlerait plus à grand monde si on les suivait, et la France se trouverait bien isolée dans sa vertu, tandis que nos concurrents remporteraient les marchés que nous allons conclure là-bas. Les grands principes, c'est beau, mais ça ne nourrit pas les peuples.

Il faut toujours garder à l'esprit que le monde est en perpétuel mouvement, et qu'à tenir de tels raisonnements, il tournerait sans nous. Aujourd'hui la Chine est en passe de devenir, et plus tôt qu'on ne le pense, une super-puissance, et qui s'entoure de peu de principes moraux pour se servir en Afrique pour son développement. Faut-il leur laisser la porte ouverte en Afrique, et laisser les grandes nations industrialisées conclure les contrats à notre place ? N'est-il pas judicieux de revenir mettre un pied solide en Afrique du Nord pour y retrouver une zone d'influence économique opposée à la montée des intérêts chinois ? N'y a-t-il pas intérêt à traiter avec les chinois pour trouver notre part d'activité dans leur développement ? Trente mille emplois durables sur le sol français, ce n'est pas non plus négligeable pour nous. Faire la moue devant le sort de 30 000 personnes dont l'avenir est assuré pour quelques années, c'est aussi se moquer du sort de nos propres ressortissants.
Et les Droits de l'Homme, me dira-t-on. Et c'est là que je veux en venir : aucune nation n'a résisté aux Droits de l'Homme face à une économie de marché développée. Les dragons asiatiques ont fini par céder et s'approchent chaque jour de plus en plus d'une conception plus proche de la notre des Droits de l'Homme. L'élan vient des populations elles-mêmes : les possibilités ouvertes par le marché poussent à prendre conscience des contraintes imposées par le régime. Songeons aux cas de la Grèce, de l'Espagne, du Portugal, par exemple. La Chine elle-même sera contrainte d'ici peu à lâcher du lest.
Le Président Sarkozy a eu cette déclaration : "Si on traite de la même façon quelqu'un qui fait le chemin de l'abandon du terrorisme, de l'abandon de l'arme nucléaire (...) que ceux qui continuent à vouloir l'arme nucléaire, alors on se met dans une situation de guerre des civilisations qui est la pire des solutions pour le monde [...] Si 26 autres pays (européens) proposent un accord-cadre à la Libye, c'est que je ne dois pas être le seul à partager cette opinion". Seulement, en France, l'opposition est la seule à l'ignorer. Des leçons qui mènent à la guerre, et qui oublient le projet de Communauté de la Méditerranée qui permettrait de faire siéger côte à côte des états antagonistes comme Israël et la Libye... Il faut parler aux gens pour les convaincre. Tenir à l'écart, mépriser, sanctionner, c'est punir le peuple, augmenter son ressentiment à l'égard des puissances économiques.
La dilpômatie, c'est une permanente composition entre des intérêts antagonistes.

De son coté, le dictateur libyen a feint de ne pas entendre les critiques, et il ne fallait pas s'attendre à autre chose. Je ne l'imaginais pas faire amende honorable, ce qui aurait constitué un aveu, et donc une soumission. Mieux, je pense que le battage fait autour de sa visite lui a donné beaucoup plus d'importance qu'il n'aurait jamais dû en avoir.

12 décembre 2007

France 3 n'est pas une rédaction fiable

C'est la quatrième fois au moins que ça m'arrive. Et à chaque fois ça m'énerve.
Je viens d'être témoin d'évènements relatés dans la presse locale cette semaine. Les médias étaient là.

L'Université Montpellier III a été réouverte lundi matin, et, comme il fallait s'y attendre, les bloqueurs ont remis l'Université dans l'état où ils l'avaient laissée : tables, chaises, armoires entassées pêle-mêle dans les escaliers et à tous les accès des bâtiments à l'exception du bâtiment administratif. Au moins, même si leurs propos ne sont pas toujours très intelligibles, voire stupides, on peut le reconnaître une logique : l'AG a voté le blocage, la réouverture administrative doit s'ensuivre du blocage. Ils poursuivent leur idée.

Pendant ce temps là, un comité d'étudiants se constituait pour organiser un mouvement contre ce blocage, et un autre mouvement récoltait les signatures des étudiants afin que la Présidence de l'Université accepte d'organiser un vote à bulletin secret pour ou contre le blocage afin que les sempiternelles constestations sur les modalités de vote en AG cessent. Les plus matinaux des étudiants avaient même eu le temps de s'intaller dans leurs amphis et salles de cours quand un horde de bloqueurs est venue les déloger en usant de la force, n'hésitant pas à mollester quelques jeunes étudiantes. Les étudiants sortis de force, les bloqueurs et le Président de l'Université se sont retrouvés à l'extérieur. Les opposants à la LRU ont pris à parti le Président de l'Université, scandant la démission du Président, en n'hésitant pas à jouer les gros bras pour intimider toute tentative de réaction des jeunes étudiantes qui étaient là, et qui ne risquaient pas de vouloir rentrer dans la bagarre. Et puis ce fut l'incident : un crachat à l'attention du Président, un début de rixe vite maîtrisé. Le Président quitta les lieux et se dirigea au bâtiment administratif.

De leur côté, les étudiants opposés au blocage, devant un autre bâtiment, s'organisaient aussi bien que possible, loin de tout ce fatras.

Dans l'amphi principal, une AG se constituait, soit l'ensemble des étudiant favorables au blocage et quelques autres, opposés, voulant participer. On entendit "il faut bloquer le batiment administratif, qui est pour ?" Un "ouais !" fut entendu en bas, et sans autre forme de vote, les bloqueurs mettaient en application leur décision. C'est là que le Président décida une nouvelle fermeture administrative, ordonnant l'évacuation immédiate du campus.

Il a fallu pas loin d'une bonne heure pour que cette évacuation soit suivie d'effet, les étudiants sortant de leur plein gré, les bloqueurs décidant de maintenir leur occupation. C'est ainsi que les CRS ont été appelés pour les déloger. L'affrontement n'a pas tardé, et les CRS ont d'abord gentiment évacué les moins rebelles, et ont durci le ton pour les plus récalcitrants, usant de leurs matraques et de leurs gaz lacrymogènes. L'action fut musclée mais efficace, le campus a été vidé.

La presse était là, et notament France 3 Languedoc-Roussillon. Et voilà qu'à 18 h 40, sur l'antenne de France 3, la journaliste affimait que l'Univsersité a été fermée administrativement en raison "d'affrontements entre bloqueurs et anti-bloqueurs". Voilà le témoignage de la presse : un mensonge. Il n'y a eu aucun affrontement entre bloqueurs et anti-bloqueurs, le mot d'ordre des étudiants opposés au blocage étant : ne pas entrer dans l'affrontement, ne pas polémiquer, ne pas les provoquer, ne pas utiliser un certain nombre de mots (otage, facisme, etc) afin de ne pas créer de tension. D'ailleurs les deux groupes ne se sont pas croisés. Les opposants au blocage sont sortis par la grande porte, et les bloqueurs par une porte secondaire, poussés par les CRS.

Je suis donc témoin d'une parfaite désinformation. Et le pire, c'est que ça fait plusieurs fois dans ma vie que ça arrive. Quand je suis témoin d'évènements relatés par la presse, ils sont faux. Alors je me dis : si c'est faux à chaque fois que je le vois moi, pourquoi ça serait vrai dans les autres cas ?

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05 décembre 2007

Séquestrez les bloqueurs !

Ça fait désormais plusieurs semaines que l'Université est soumise à un mouvement de constestation concernant la loi d'autonomie des Universités, dite Loi Pécresse, et véritablement : Loi relative à la Liberté et à la Responsabilité des Universités (LRU).

Personnellement, je suis surpris par ce mouvement étudiant. Pas par ceux qui l'orchestrent, mais par la réalité. Il y a dix ans quand j'étais encore étudiant, une telle loi nous aurait évité 10 jours de grève, puisque le Président de l'Université n'aurait pas eu à attendre la décision du Ministère quant au déplacement de notre UFR à l'extérieur de la ville, ce que les étudiants ne souhaitaient pas. Finalement, un budget de reconstruction des bâtiments existants fut présenté pour un coût inférieur à la construction d'un bâtiment neuf sur le nouveau campus. Il a fallu 10 jours pour que le projet soit accepté par Paris. Avec la LRU, la décision eut relevé du Président de l'Université et pas d'un obscur fonctionnaire du Ministère. Pour moi, c'est le premier élément favorable à cette loi.
L'entrée des entreprises dans les budgets ? Il est temps qu'on cesse de fabriquer des étudiants bardés de diplômes pour les livrer au chomage, et qu'on s'enquière d'adapter les savoirs aux besoins des entreprises. Même sans l'entrée des entreprises dans les budgets, l'Université à deux vitesses est déjà une réalité. Il valait mieux avoir mon diplôme en 1995 qu'aujourd'hui tellement la coté de l'Université a baissé, faute de moyens et de profs motivés. Les cerveaux sont partis enseigner ailleurs, à Paris notament.
Et puis, quelle est la réalité cachée derrière cette revendication ? La peur de l'entreprise. La peur d'avoir un diplôme "Coca-Cola" ? Si Coca-Cola permet d'obtenir les meilleures formations, je parie que Pepsi sera ravi d'engager des collaborateurs formés à l'école de la concurrence. La véritable question à se poser : quel est le but de la présence des étudiants dans l'Université ? Trouver une formation qui mène à un métier ? Quand j'étais à l'Université il encore possible de faire son "université", c'est à dire une formation et un éveil à la vie environnante pour ensuite trouver un métier plus ou moins en relation. Aujourd'hui la spécialisation et la concurrence des écoles de plus en plus pointues relègue cette conception au rang d'archaïsme. Il faut que les universités puissent délivrer des diplômés adaptés à des métiers. Et qui, mieux que l'entreprise, peut dire ce dont elle a besoin ?

Ensuite, je suis étonné d'avoir vu pendant l'été Bruno Julliard satisfait des négociations à propos de l'élaboration de cette même loi, et le voir appeler à la grève au mois de Novembre. Un tel retournement d'opinion pour n'importe quel homme politique l'aurait discrédité. Mais en ce cas, personne ne semble s'en émouvoir, et finalement sa position fort opportuniste fait figure de tête de proue. On peut se demander la légitimité qu'il avait lors des négociations lors de l'été, ou alors s'inquiéter sur sa compétence puisqu'il est capable d'accepter des décisions qu'il regrette plus tard...

Et puis il y a la méthode et les bloqueurs. Et là, c'est de l'insupportable en barre.

Ma compagne a décidé l'an dernier de mettre une année sa carrière entre parenthèses pour préparer un diplôme qui lui permettra d'ouvrir encore le champ des possibles. Elle s'est donc inscrite en Licence de Psychologie Clinique à lUniversité de Montpellier-Paul Valéry (dite Montpellier 3 ou UPV). Depuis le début du mouvement, j'ai un rapport assez proche avec ce milieu.

Il y a d'abord eu les premiers appels à la grève. Rien de plus normal. Puis arrivèrent les premières incursions en cours d'étudiants (et encore, ce n'est pas certain) venant appeler à cesser les cours, s'étonnant que le prof leur demande gentiment de bien vouloir attendre la fin du cours magistral, à la grande approbation des étudiants, aucun mot de grève n'ayant été encore voté. Les premières insultes fusèrent, côté futur-bloqueurs.
L'après-midi une soi-disante AG fut instaurée dans le principal amphi. Les personnes favorables à la grève ont tout fait pour n'être qu'entre elles afin de pouvoir décider à elles seules la grve et le blocage et pouvoir lui estampiller le label : démocratique.
Le lendemain matin, les bloqueurs ayant passé la nuit sur le campus on retrouva l'amphi principal dans cet état là :

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Au delà du vide sidéral des inscriptions, on pouvait aussi trouver nombre de canettes de bière, bouteilles de vin, mégots de cigarette et de joints, et détritus en tout genre. Sachez que les dégradations (il y en a eu aussi à l'extérieur) ont coûté 92 000 € à l'Université (qui a d'ailleurs porté plainte contre X).
Alerté par ma compagne, nous sommes allés assiter à l'AG de l'après-midi. Que dire de ce foisonement d'ignorance, d'arrogance crasse, de crasse tout court, d'auto-suffisance, et de parodie de démocratie.
Dire qu'on fait une AG pour faire voter les étudiants, mais que l'AG commence à midi pour se finir... on n'a jamais su. Trois heures à écouter des décérébrés mentaux qui font beaucoup de bruits avec la bouche mais sans que celà ait le moindre sens, trois heures de palabres qui tournent en rond, trois heures de rejet systématique des arguments de l'opposition dans le bruit et la cohue, sans la moindre trace de respect, trois heures de supplice pour attendre un vote qui n'arrivera qu'après l'épuisement des bonnes volontés des étudiants opposés au blocage... Stop ! Qu'est-ce que c'est que ce simulacre de démocratie ?
Leur question était leur légitimité, cet après-midi là. Entre ceux qui ne comprenaient même pas qu'on conteste la légitimité d'un mouvement qui ne respecte même pas les locaux qu'on leur prête, et ceux qui légitimaient leur mouvement parce qu'il est contestataire, usant d'arguments plus fallacieux les uns que les autres, à tel point que je ne comprends pas comment d'Education Nationale permet à de telles personne de dépasser le stade du Certificat d'Etude. Quand on n'est pas capable de tenir un discours cohérent, on retourne au collège... et on n'a rien à faire à l'Université.
Exemple de la stupidité :
"LA COMMISSION A DECIDE TROIS MOTS D'ORDRE. LES DEUX PREMIERS SERONT DISCUTES EN AG, LE TROISIEME EST A DEFINIR"

Les pauvres, il leur faut trois points, mais ils ne sont pas capables de les trouver... Consternant.

Evidemment, l'idée que le vote ait lieu à bulletin secret et à heure fixe a été complètement rejetée. Le mouvement aurait été en péril. Le lendemain matin, les 19 bloqueurs ont été délogés par les CRS et l'Université a été administrativement fermée par décision du Président de l'Université.

Et c'est là que je veux mettre en évidence les manœuvres désolantes, agaçantes, fascistes des étudiants favorables au blocage.
Des négociations ont eu lieu entre la Présidence, les différentes commissions, les syndicats étudiants. La réouverture du campus a été votée majoritairement, les anti-bloqueurs obtenant que des vigiles soient en faction pour empêcher l'entrée d'élements pertubateurs extérieurs à l'Université. Mais les bloqueurs n'ont pas mis 20 minutes pour réinstaurer le climat de guerre, fermer les bâtiments à l'aide de chaises et de bureaux dès la réouverture du campus. Toute la négociation n'a servi à rien, les bloqueurs ne l'ont pas respectée. L'AG prévue à midi ne servait plus à rien.
A l'Université Montpellier II, un vote à bulletin secret a été organisé selon le résultat de la volonté commune. Mais les opposants à la LRU ont sciemment triché pour faire annuler le vote, organiser à la va-vite un vote à main levée, qui de tous les témoignages donnait l'avantage à la reprise des cours, mais qui selon le décompte des grévistes leur était favorable, et qui n'a réuni qu'environ 800 étudiants sur la dizaine de milliers d'étudiants concernés.

Lorsqu'un mouvement, qui plus est minoritaire, se fonde sur la force, sur l'intimidation et sur la tricherie, il faut l'éliminer. La démocratie ne peut pas permettre de telles exactions, et encore permettre à de tels monstres de s'exprimer. A ce jeu, ils auront encore des ressources tant qu'on ne jouera pas le même qu'eux. C'est pourquoi je propose que des AG soient à nouveau organisées, ce qui permettra de concentrer les grévistes dans un amphi, et de les y SEQUESTRER jusqu'à rédition ! Il est temps que ceux qui veulent reprendre les cours prennent les choses en main en s'organisant et que les grévistes perçoivent l'effet de subir une décision arbitraire, coercitive et illégale. Pris à leur propre jeu, sous l'effet d'une majorité, ils ne pourront que s'incliner.

Il est temps que la majorité qui subit inverse le cours des choses, et que, du guerre lasse, elle finisse par s'imposer, même si les moyens ne sont pas académiques. Le calendrier des étudiants est gravement en danger : une semaine de vacances a été supprimée pour rattraper le retard, les inscriptions à certains concours sont compromises, les étudiants ERASMUS vont au devant de grave problèmes de calendrier, et c'est bientôt l'année universitaire qui est en jeu.

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04 décembre 2007

Le paquet fiscal

Il y a des idées fausses qui ont la vie dure, surtout quand on est de gauche, et que les dirigeants, faute d'idée, n'ont plus que la rhétorique à faire valoir. M. Hollande se pare de toute sa vertu pour dénoncer le "cadeau fait aux riches" avec le paquet fiscal.

On savait déjà, dans ses déclarations, que le Mou de Solférino n'aimait pas les riches. Et attention, les riches pour lui, c'est 4000 euros par mois. Autant dire qu'à peine a-t-on le temps de sortir de la rigueur des salaires et de la vie chère qu'on est socialistement un nanti. Je ne sais pas comment il se classe lui-même avec le cumul de ses indemnités. Crésus, Rothschild ? Il est peut-être temps de redescendre dans la rue pour voir ce qu'est un pauvre, et essayer de concilier la réalité du terrain avec celle des discours.

Parce que dans les riches à qui on a fait un cadeau fiscal, il faut voir qui sont les concernés :
- les salariés qui font des heures supplémentaires. Donc, déjà ceux qui sont payés à l'heure et pas les cadres payés au forfait annuel. Donc des gens qui sont des employés, des ouvriers. C'est ça un riche, pour Monsieur Hollande. Et c'est la moitié du paquet fiscal.
- les gens qui payent des intérêts sur l'acquisition de la résidence principale. Cadeau qui existait jusqu'à ce que M. JOSPIN décide, d'une, de supprimer les avantages du quotient familial, et, persuadé que les gens étaient trop riches, de deux, a supprimé la déductibilité des intérêts d'emprunt. On a préféré laisser les gens continuer de payer un loyer à de riches propriétaires pour ne pas faire de cadeau à ceux qui avaient l'outrecuidance d'essayer de s'en sortir un peu en transformant leur loyer en épargne. Plafonné à 1500 euros par an, on ne peut pas dire que ces sont les PDG de multinationales qui seront les plus avantagés. Mais pour M. Hollande, tant qu'on ne déverse pas de l'argent sans compter à des gens qui n'ont aucune envie d'aller travailler, on n'a rien fait.
- pour les droits de succession, ceux qui ont un patrimoine d'environ 300 000 euros passeront à travers. Ma foi, avec la bulle immobilière actuelle, je connais beaucoup de gens des classes moyennes et inférieures dont c'est le prix de la maison. Que les enfants soient obligés de vendre la maison pour acquitter les droits de succession, et la vendre vite, donc mal, parce que l'état n'attend pas, voilà la conception socialiste de la justice. Il faudrait être fou pour accepter qu'en plus de ce "cadeau", des gens puissent habiter la maison de leurs aïeux, faire l'économie d'un loyer dans leur budget. Ils risqueraient de devenir riches, ces pauvres gens.
- enfin, le bouclier fiscal à 50 % de ses revenus. Là, on touche les riches, les vrais. Et c'est 400 millions d'euros par an. Soit 2,6 % de la mesure. Voilà les gens qui font office de bouc-émissaire pour tous les autres. Ceux à qui l'on prend plus de la moitié de ce qu'ils gagnent. On parle allègrement des 40 000 € qu'on leur restitue, en oubliant les centaines de milliers qu'ils ont déjà versés. Parce que pour le socialiste la fiscalité est comminatoire : elle doit sanctionner la richesse. Le socialiste oublie toujours une chose : on ne tond pas les riches comme on tond les pauvres : le riche est mobile, lui, le riche se déplace et préfère payer 50 % chez nos voisins que 60 % chez nous. Et la différence pour les caisses de l'Etat Français n'est pas de 10 % mais de 60 %... C'est vrai qu'il y tellement de riches avides de payer des impôts en France, tellement de gens attirés par l'idée de venir dépenser leur argent chez nous plutôt qu'en Suisse, au Luxembourg, aux Iles Caïman, à Monaco. Tous les grands sportifs ont leurs avoirs à l'étranger, et ça ne les interpelle pas... Mais on ne parle pas non plus du pauvre smicard célibataire, qui paye des impôts sur le revenus, paye la taxe d'habitation, paye la taxe foncière pour peu qu'il ait pu parvenir à acheter son appartement, paye de la TVA, paye ses charges sociales salariales. Lui aussi, il se peut qu'il dépasse le seuil du bouclier. Mais chut, ça fait pas socialiste.

Evidemment, l'argument de l'efficacité arrive désormais, les mesures étant effectives depuis le 1er octobre.
Donc :
- nous en sommes au deuxième salaire payé sous l'égide des nouvelles dispositions. Autant dire que pour le moment, les effets ne peuvent pas encore se faire sentir, et certainement pas encore dans les statistiques qui ne seront arrêtées qu'au 31 janvier 2008 pour le 4è trimestre de 2007. Il faudra attendre ce moment pour se faire une idée de la première tendance de la mesure.
- la déduction fiscale des intérêts d'emprunts est à venir puisque qu'elle portera sur les revenus de 2007. Donc ce n'est qu'en 2008 que la mesure prendra pleinement effet.
- les droits de succession ne représentent pas grand chose au sein du budget de l'état. Il faut encore attendre un certain temps pour que cela ait un effet au niveau du pouvoir d'achat des concernés. Deux mois après la disposition, les effets ne peuvent pas se faire sentir, et plus tard, guère moins pour les finances de l'état. Mais pour les concernés, ça ira mieux.
- le bouclier fiscal restitue de l'argent aux contribuables sur les impôts de 2007 (donc les revenus de 2006). Et là, je voudrais soulever le problème de la rétroactivité.

On a beaucoup parlé du problème de rétroactivité de la mesure concernant les intérêts d'emprunt. Le Conseil Constitutionnel a estimé que revenir sur tous les contrats en cours était anticonstitutionnel. Dans sa logique, et au cours de l'été, le Conseil a estimé qu'on ne pouvait pas revenir avant le 6 mai 2007, date de l'élection présidentielle.
Et là, toute la presse et toute la classe politique sont passées à côté de l'évidence :
- pourquoi le Conseil admet-il la rétroactivité au 6 mai alors qu'il la condamne pour les contrats antérieurs ?
- quelle différence y a-t-il, rétroactivement parlant, entre le 6 mai quand la loi est de juin, et les dates antérieures ?
- pourquoi la date du 6 mai, et pas le lendemain de la promulgation de la loi comme le dit l'article 1er du Code Civil ? L'élection présidentielle confèrerait-elle un caractère légal à des promesses du candidat gagnant que le parlement ne ferait qu'entériner ?
- pourquoi un dispositif fiscal ne valant que pour l'avenir serait-il rétroactif parce qu'il aurait un effet sur les contrats en cours, mais pas sur les exécutions passées du contrat ? Quand les déductions d'intérêt d'emprunt ont été supprimées par M. Jospin pour tous les contrats, y compris ceux en cours, personne n'a parlé de rétroactivité. Quand l'acheteur d'un bien immobilier a contracté avec son vendeur, l'aspect fiscal n'a pas été un élément déterminant de l'échange des consentements. Cette disposition ne concerne qu'un contribuable et l'état, et non les relations de ce même contribuable avec son banquier (montant de l'emprunt) ou avec son vendeur (montant de la vente). Ce texte n'avait AUCUN caractère rétroactif.
- pourquoi la loi permet-elle la récupération des sommes taxées en 2006 dans le cadre du bouclier fiscal, sans qu'on parle de rétroactivité dans ce cas là ? Parce que là, c'est rétroactif.

Et toute la presse, toute la classe politique au lieu de réfléchir, d'être critique sur la réalité, s'engouffre dans un débat stupide, tronqué, mensonger. Si M. Hollande n'a pas vu ça :
- soit il est incompétent et donc indigne de diriger une formation politique de cette taille ;
- soit il le fait sciemment, par malhonnêteté intellectuelle et simple posture rhétorique, et il est indigne de diriger une formation politique de cette taille.

28 novembre 2007

Petition anti- bébé téléphage

Voilà encore un mal bien français, et qui illustre notre capacité permanente à ne rien comprendre, à faire beaucoup de bruit pour rien. Pourtant cette pétition est belge.

Selon toute une ribambelle d'associations, fédérations, syndicats, collectifs et autres groupements de gens qui ont envie de se révolter, l'ouverture d'une chaîne de télévision à l'adresse des tout-petits de 6 mois à 3 ans met gravement l'enfance en danger et donc : "il est urgent de se mobiliser pour la création d’un moratoire qui interdise à de telles chaînes de diffuser des programmes pour tout petits en continu, 24H sur 24"

Voilà bien l'attitude française simple : In-ter-dire.

Dans toute économie de marché, sans besoin d'interdire, ce qui ne marche pas disparaît de soi-même. Sans télé-spectateurs, plus de chaîne. Pas compliqué. Il suffit d'appeler au boycott, et l'échec de la chaîne leur donnera satisfaction. Non, il faut que la revendication soit comminatoire, le reflet d'une sanction exigée par la vindicte humaine : non seulement il faut l'échec, mais il faut la sanction, celle de l'autorité.

Les spécialistes signataires de la pétition font remarquer que "nous savons aujourd’hui que le développement d’un jeune enfant passe par la motricité et la capacité d’interagir avec les différents objets qu’il rencontre", et qu' "il est à craindre que le temps passé par l’enfant devant les émissions d’une chaîne de télévision - qui rassurera les parents parce qu’elle est présentée comme fabriquée pour les tout-petits – ne l’éloigne des activités motrices, exploratoires et interhumaines, fondamentales pour son développement à cet âge". Rien de bien différent avec les mêmes devant TF1 ou M6. Peut-être le ton des menaces et de coups de feu des séries en moins ...
"Il est à craindre que l’installation d’un tout-petit devant un écran ne réduise son sentiment de pouvoir agir sur le monde et ne l’enkyste dans un statut de spectateur du monde." Et là, je me pose encore la question : est-ce que cette pétition ne s'adresse pas plus aux parents qu'aux créateurs de la chaîne ou les pouvoirs publics ? C'est comme si j'entendais une association de diététique dire qu'il faut interdire la confiture parce que si l'on en mange trop on risque de grossir. Tout n'est qu'une question de mesure, c'est l'excès qui est néfaste. D'ailleurs la pétition souligne "que les programmes proposés par cette chaîne existent déjà sous la forme de DVD, qui ont l’avantage de proposer une durée limitée, il est à craindre que la création d’une chaîne émettant en continu 24 heures sur 24 n’incite les parents à l’utiliser comme un moyen facile d’endormir leur enfant", évoquant même l'installation d'une télé dans la chambre du nourrisson, comme moyen d'endormissement de l'enfant. Ce ne seraient les parents qu'il faudrait rééduquer ? Il faut leur rappeler qu'il faut qu'ils s'occupent de leur enfant ? Quand on a un enfant c'est pour s'en occuper, il me semble, pas pour le confier à une boite (la machine qui va éduquer nos enfants, selon Homer SIMPSON).

Encore une pétition qui montre qu'en France, quand il y a un souci dans une catégorie (ici les parents de jeunes enfants), on fait encore appel aux pouvoirs publics (l'état-maman) pour la protéger. Il ne faut surtout pas montrer le problème qui pourrait mettre cette catégorie en porte-à-faux, qui pourrait se sentir "humiliée", "blessée dans sa dignité", bref le nez dans son caca... Il vaut mieux aller chercher la responsabilité de celui qui a exercé sa liberté, dès fois que la bêtise triomphe. Quand même les psychiatres, les psychologues, les éducateurs préfèrent interdire plutôt qu'éduquer...

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27 novembre 2007

Villiers-le-Bel

Vu dans "Le Monde" :

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-982827,0.html

Je me demande si la presse n'est pas complice des émeutes, et ne colporte pas le message de haine.
Dans un accident où tout porte à croire qu'il s'agit d'un banal et malencontreux accident de la route, toute la dialectique consiste à montrer que la police est responsable de ces deux morts.

D'abord les éléments :
- deux jeunes roulent à vive allure sur la voie publique avec un véhicule interdit
- ils roulent visiblement au-dessus des vitesses réglementaires
- ils ne portent pas de casque
- en refusant une priorité à droite, ils heurtent tous les deux un véhicule qui s'avère être de la police et décèdent sur le coup
- selon un témoignage diffusé hier soir sur TF1, les policiers ont d'abord cherché à porter secours aux deux victimes en pratiquant un massage cardiaque
- l'arrivée de voisins furieux contre eux, les menaçant les a contraint à ne pas rester sur place, et les voilà accusés de "non-assistance à personne en danger", alors qu'ils ont été contraints de prendre la fuite pour sauver leur vie. Un rapport de l'IGS constaterait que la destruction du véhicule aurait commise par des voisins et non par le choc. Selon un d'jeun's entendu sur France Info : "Ces bouffons ont fui alors que les pompiers étaient là depuis une demi-heure, y a non-assitance à personne en danger !".
- de nombreux témoignages confirment l'hostilité des jeunes contre les deux policiers.

Ensuite la relation des faits par le Monde :
- le Monde se délecte de rapporter des "faits de guerre", réels soient-ils ;
- le Monde se place objectivement du côté des émeutiers et ne traite pas un mot des policiers dans cet article, et s'émeut à peine des 60 blessés dont 5 gravement atteints ;
- l'article ne dit pas un mot sur la caractère accidentel possible de ces deux morts ;
- l'article fait l'apologie de la violence et semble les légitimer ;
- à aucun moment l'article ne pose une question sur l'organisation d'une telle émeute qui n'est pas si simple en si peu de temps
- l'article finit par ces mots, citant Rachid Adda, conseiller régional (MRC) d'Ile-de-France : "Aujourd'hui, mes enfants je leur dis : quand tu vois la police, tu t'enfuis".

Si ça, c'est pas de l'incitation à la haine... policière.

Je croyais que le but d'un journal, c'est d'éclairer pour, si possible, un monde meilleur. Je pensais qu'il était du devoir d'un journaliste de rester neutre et d'apporter au lecteur en toutes circonstances les éléments lui permettant de se faire sa propre opinion. Je pensais que, dans leur "déontologie", l'idée d'apporter la lumière permet d'obtenir la paix. Or cet article apporte le feu et l'obscurantisme.
Songe-t-on à apporter des éléments d'apaisement ? Non. Evoque-t-on une réaction excessive, injuste, aveugle ? Non. Les émeutiers ont raison a priori, parce qu'ils sont jeunes, parce qu'ils souffrent. Un bonus de bonne gueule.

Deux choses sont à ne jamais oublier :
- aucune misère ne peut justifier la violence dans la République
- la police est là pour maintenir l'ordre, quand bien même les bisounours de gauche tentent de lui faire remplir le rôle de nounou.

Comme en 2005, après la mort des deux jeunes décédés de leur propre faute, et uniquement de leur propre faute, on tente de rejeter la faute sur la police. Je n'ai nulle part entendu la presse rappeler qu'on peut être responsable de ses propres fautes, que le rôle de la police est de maintenir l'ordre et de poursuivre les délinquants, et que rien ne saurait légitimer de telles émeutes pour de tels motifs.
Si l'on acceptait cet état de fait, autant dissoudre la police, elle ne servirait plus à rien.
Ceux qui disent que le gouvernement n'a rien compris aux émeutes de 2005 doivent comprendre que les émeutiers non plus n'ont rien compris à 2005. La violence n'est pas une solution. Et le prétexte est fallacieux.
Est-il normal de propager une discours anti-flics quand les causes de l'accident n'ont aucun lien avec des actes policiers ?
Les réactions des habitants du quartier auraient-elles été les mêmes si un quidam avait été à l'origine du même accident ?

Posté par Zorglub34 à 18:39 - La connerie de la télé - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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