30 mai 2008
Les qualités substantielles de la personne
Hier, on apprenait que le Tribunal de Grande Instance de Lille avait annulé un mariage parce que l'épouse avait menti sur sa virginité. Aussitôt un bon nombre d'acharnés levaient leur bouclier pour rappeler des "principes" au nom desquels ils se battent, sans pour autant comprendre ce qu'ils combattent, s'échinant à vouloir faire rentrer dans des cases une décision dont le fondement juridique leur échappe.
On citera la Présidente de "Ni pute, ni soumise" qui faisait un plaidoyer hier soir sur l'antenne de France 3 dont on se demande si elle ne confond pas la charia, le Coran et le Code Civil, et Elisabeth Badinter, féministe jusqu'au bout de la montre, passant elle aussi pour une caricature de la défense des droits des femmes. Et en dernier lieu, voilà Marine Le Pen qui en profite pour tirer la couverture à elle, parlant de communautarisation de la société, jouant encore, comme les autres, sur la corde du racisme.
Voilà que toutes ces personnes soulèvent l'atteinte aux droits des femmes au nom de cette décision qui n'est qu'une stricte application du droit. Mais au lieu de comprendre le droit, ces personnes préfèrent ameuter, exciter les passions au lieu de donner à cette décision la juste portée.
Il ne s'agit que d'une décision d'un Tribunal de Grande Instance, c'est donc une décision d'espèce, comme on dit en Droit. C'est à dire que cette décision n'a pas de portée générale, et qu'on ne peut pas en tirer un principe, l'affirmation d'un droit, l'ouverture d'une voie de droit. C'est une décision qui n'a vocation qu'à s'appliquer aux parties à l'instance.
Car toutes ces braves âmes confondent le motif qui a suscité l'action devant le juge (la virginité) et le fondement de la décision (l'erreur). Les voilà fustigeant la justice française qui aurait accepté que la virginité soit une condition essentielle au mariage ou une qualité substantielle de la personne.
Or, le juge ne l'affirme pas in abstracto (c'est à dire pour un individu moyen et normalement avisé), mais in concreto, aux yeux de la personne dont le consentement a été abusé.
Et ce n'est pas la virginité qu'il sanctionne, mais le mensonge de l'épouse à l'époux. Il l'a informée que ce critère était important pour lui et elle a menti. Le consentement de l'époux a été abusé, et il est certain qu'il ne l'aurait pas donné s'il avait su la vérité. C'est cet unique critère que le juge doit regarder pour annuler le mariage. Remplacez "vierge" par "blonde", et vous obtiendrez le même résultat juridique. Personne ne songe au fait que ce mariage ait commencé sur un mensonge, qu'importe les motifs.
Pourquoi ne pas avoir simplement divorcé ? Le divorce n'emporte pas les mêmes conséquences : pension alimentaire, prestation compensatoire, etc. L'annulation dissout le mariage qui n'a jamais existé, et aucune prestation n'est dûe. La différence est tout de même importante.
Une chose est déterminante dans ce dossier : la demande d'annulation a été acceptée par l'épouse. Aussi, aucune contestation n'étant apportée, le juge ne peut faire autrement que d'annuler le mariage, c'est la procédure. Si une contestation avait été soulevée, alors le juge (une femme, en l'occurrence) n'aurait peut-être pas fait droit à la demande de l'époux.
Evidemment les féministes s'arc-boutent sur leurs principes en n'y voyant que la reconnaissance pour les musulmans du droit d'épouser une vierge, notamment la Présidente de "Ni Pute, Ni Soumise" qui a reproché au juge d'avoir fondé leur décision sur le Code Civil, comme si la loi pouvait s'inventer ou s'éluder à la demande, confondant par ses propos l'Imam et le juge, donnant de l'image du droit une interprétation fausse et dangereuse, car suscitant du confessionnalisme à l'intérieur d'une décision purement technique.
Imaginons que l'annulation ait été refusée. L'époux n'avait plus alors qu'à demander le divorce. Est-ce moins grave de demander le divorce pour cause d'absence de virginité ? Est-ce que ceux qui s'insurgent contre la décision actuelle n'aurait pas hurlé parce que la justice maintient sous le joug d'un homme ayant de telles valeurs ?
Ce qui m'interroge le plus, c'est de comprendre pourquoi des femmes acceptent encore d'épouser des hommes dont la demande est telle, et de s'insurger ensuite contre la justice ? Et elles acceptent de se marier avec eux, tout en prenant le risque de perpétuer la tradition de la virginité, au lieu de les laisser seuls avec ce désir stupide ? En se détournant d'eux elles auront moins de chance de laisser perdurer cette exigence imbécile, et pourront vivre avec d'autres, plus modernes. Fustigez ces hommes là, c'est en eux qu'est le mal, au lieu de vouloir les épouser et les convertir. Conspuez les familles qui perpétuent de telles valeurs. La justice n'a fait que rendre une décision normale, dont la virginité n'est qu'un accessoire, pas un fondement, et a finalement délivré une femme d'un homme aux valeurs archaïques.
Encore une fois on demande aux institutions de pallier la carence des individus à régler leurs problèmes, et à aucun moment la réflexion ne vient calmer les esprits. On n'écoute pas les professionnels (Me Labbée est pourtant très clair) et on préfère donner la parole à des excités. Le discours est brouillé, les haines s'attisent. Le Front National fait son beurre aux côté des féministes et des "Ni Putes, Ni Soumises"... Bravo.
24 janvier 2008
Le droit de grève et l'intérêt de nuire à autrui
La grève de ce jour des fonctionnaires permet de mettre en place le nouveau système d'accueil des élèves lors des grèves de l'Education Nationale. Enfin un dispositif permet aux parents de ne pas se retrouver à prendre des congés ou des RTT pour garder leurs enfants pendant que les enseignants manifestent (ou restent tranquillement chez eux). Le dispositif prévoit que les municipalités pourront recevoir une somme forfaitaire de 90 € par tranche de 15 élèves gardés, somme prélevée sur les salaires qu'auraient dû percevoir les enseignants grévistes s'ils avaient travaillé. Mesure facile, efficace, peu onéreuse.
Mais voilà que les syndicats, toujours aussi fins et nuancés, entendent alerter l'opinion sur :
- l'atteinte au droit de grève que constitue ce dispositif
- le détournement de fonds publics instauré par la même occasion.
Voilà bien la preuve, s'il fallait encore devoir l'apporter, que le droit de grève en France, n'est pas seulement une manière de revendiquer contre son employeur, mais un moyen d'ennuyer toute la population pour obtenir satisfaction. Ni plus, ni moins qu'une conception proche du chantage.
Analysons bien les choses. Lorsque les enseignants font grève, le but devrait être de protester contre l'état à propos des conditions de travail ou de salaire (passons sur la conception ultra-extensive de ces notions qui bien souvent sont hors du cadre légal). Seule la relation employeur-salarié est concernée. Il se trouve que par incidence, la population est concernée puisqu'il faut bien faire quelque chose des enfants, et que tout le monde n'a pas la possibilité ou les moyens de faire garder les enfants par un tiers. Or, le premier argument montre que loin de s'en satisfaire (loin des considérations des enfants, ou de leurs parents), les syndicats enseignants s'indignent du fait que ce dispositif atténue les effets de leur grève. Ils ne peuvent pas prendre en otage la population.
Alors même que je n'étais pas pour dire que les cheminots prenaient la population en otage, le fait qu'un dispositif extérieur à l'Education Nationale qui permette d'atténuer les effets de la grève soit perçu comme une atteinte à ce droit fondamental montre bien que le droit de grève est associé à l'intention de nuire. Les cheminots n'ont rien fait d'autre que d'exercer leur droit, même si les conséquences ont été importantes pour une grande partie de la population. C'est le revers d'une situation de monopole de ces entreprises : lorsqu'elles sont en grève, elles paralysent tout le pays. Chacun trouve un moyen de substitution privé pour se rendre à son travail. Mais comment trouver une alternative à l'école publique ? Le ministre Darcos a trouvé une solution qui n'atteint pas le droit de grève. Le personnel en charge de la garde des enfants n'est pas chargé de faire des heures de cours. Est-ce que les enseignants hurlent aux atteintes au droit de grève en raison de l'existence des nounous ? Non, ils viennent de perdre un moyen de pression sur la population. Déjà, lors des grèves des étudiants, beaucoup des grévistes confondaient grève et blocage, et ce fut le principal point d'achoppement entre les étudiants entre eux, qui a aboutit à la réouverture des facs, heureusement.
Deuxième argument : les fonds publics utilisés seront ceux prévus pour les traitements des enseignants qui n'auront pas travaillé, et cela constituerait un détournement de fonds public. Je ne crois pas que cet argent appartienne aux syndicats ni aux fonctionnaires puisqu'ils n'ont pas travaillé, et il me semble normal que l'état utilise l'économie réalisée pour financer l'accueil des enfants. Ce n'est rien de plus qu'une bonne gestion. Mais on dirait que l'espoir de se voir payer les jours de grève s'envole enfin dans l'esprit des grévistes.
On voit bien que le droit de grève est devenu le droit à outrepasser le Code Pénal. On l'a constaté souvent ces dernières années avec les piquets de grève dans les entreprises, les séquestrations de dirigeants, la destruction de l'outil de travail ou d'une partie de la production dans quelques usines. Légitimées par la grève, et jamais pourchassées par souci de ne pas exacerber les tensions sociales, ces exactions sont devenues des normes.
On peut espérer que le nouveau dispositif atténue l'esprit pourfendeur des fonctionnaires de l'Education Nationale, et que cela permette enfin d'envisager les réformes urgentes de notre école.
05 décembre 2007
Séquestrez les bloqueurs !
Ça fait désormais plusieurs semaines que l'Université est soumise à un mouvement de constestation concernant la loi d'autonomie des Universités, dite Loi Pécresse, et véritablement : Loi relative à la Liberté et à la Responsabilité des Universités (LRU).
Personnellement, je suis surpris par ce mouvement étudiant. Pas par ceux qui l'orchestrent, mais par la réalité. Il y a dix ans quand j'étais encore étudiant, une telle loi nous aurait évité 10 jours de grève, puisque le Président de l'Université n'aurait pas eu à attendre la décision du Ministère quant au déplacement de notre UFR à l'extérieur de la ville, ce que les étudiants ne souhaitaient pas. Finalement, un budget de reconstruction des bâtiments existants fut présenté pour un coût inférieur à la construction d'un bâtiment neuf sur le nouveau campus. Il a fallu 10 jours pour que le projet soit accepté par Paris. Avec la LRU, la décision eut relevé du Président de l'Université et pas d'un obscur fonctionnaire du Ministère. Pour moi, c'est le premier élément favorable à cette loi.
L'entrée des entreprises dans les budgets ? Il est temps qu'on cesse de fabriquer des étudiants bardés de diplômes pour les livrer au chomage, et qu'on s'enquière d'adapter les savoirs aux besoins des entreprises. Même sans l'entrée des entreprises dans les budgets, l'Université à deux vitesses est déjà une réalité. Il valait mieux avoir mon diplôme en 1995 qu'aujourd'hui tellement la coté de l'Université a baissé, faute de moyens et de profs motivés. Les cerveaux sont partis enseigner ailleurs, à Paris notament.
Et puis, quelle est la réalité cachée derrière cette revendication ? La peur de l'entreprise. La peur d'avoir un diplôme "Coca-Cola" ? Si Coca-Cola permet d'obtenir les meilleures formations, je parie que Pepsi sera ravi d'engager des collaborateurs formés à l'école de la concurrence. La véritable question à se poser : quel est le but de la présence des étudiants dans l'Université ? Trouver une formation qui mène à un métier ? Quand j'étais à l'Université il encore possible de faire son "université", c'est à dire une formation et un éveil à la vie environnante pour ensuite trouver un métier plus ou moins en relation. Aujourd'hui la spécialisation et la concurrence des écoles de plus en plus pointues relègue cette conception au rang d'archaïsme. Il faut que les universités puissent délivrer des diplômés adaptés à des métiers. Et qui, mieux que l'entreprise, peut dire ce dont elle a besoin ?
Ensuite, je suis étonné d'avoir vu pendant l'été Bruno Julliard satisfait des négociations à propos de l'élaboration de cette même loi, et le voir appeler à la grève au mois de Novembre. Un tel retournement d'opinion pour n'importe quel homme politique l'aurait discrédité. Mais en ce cas, personne ne semble s'en émouvoir, et finalement sa position fort opportuniste fait figure de tête de proue. On peut se demander la légitimité qu'il avait lors des négociations lors de l'été, ou alors s'inquiéter sur sa compétence puisqu'il est capable d'accepter des décisions qu'il regrette plus tard...
Et puis il y a la méthode et les bloqueurs. Et là, c'est de l'insupportable en barre.
Ma compagne a décidé l'an dernier de mettre une année sa carrière entre parenthèses pour préparer un diplôme qui lui permettra d'ouvrir encore le champ des possibles. Elle s'est donc inscrite en Licence de Psychologie Clinique à lUniversité de Montpellier-Paul Valéry (dite Montpellier 3 ou UPV). Depuis le début du mouvement, j'ai un rapport assez proche avec ce milieu.
Il y a d'abord eu les premiers appels à la grève. Rien de plus normal. Puis arrivèrent les premières incursions en cours d'étudiants (et encore, ce n'est pas certain) venant appeler à cesser les cours, s'étonnant que le prof leur demande gentiment de bien vouloir attendre la fin du cours magistral, à la grande approbation des étudiants, aucun mot de grève n'ayant été encore voté. Les premières insultes fusèrent, côté futur-bloqueurs.
L'après-midi une soi-disante AG fut instaurée dans le principal amphi. Les personnes favorables à la grève ont tout fait pour n'être qu'entre elles afin de pouvoir décider à elles seules la grve et le blocage et pouvoir lui estampiller le label : démocratique.
Le lendemain matin, les bloqueurs ayant passé la nuit sur le campus on retrouva l'amphi principal dans cet état là :
Au delà du vide sidéral des inscriptions, on pouvait aussi trouver nombre de canettes de bière, bouteilles de vin, mégots de cigarette et de joints, et détritus en tout genre. Sachez que les dégradations (il y en a eu aussi à l'extérieur) ont coûté 92 000 € à l'Université (qui a d'ailleurs porté plainte contre X).
Alerté par ma compagne, nous sommes allés assiter à l'AG de l'après-midi. Que dire de ce foisonement d'ignorance, d'arrogance crasse, de crasse tout court, d'auto-suffisance, et de parodie de démocratie.
Dire qu'on fait une AG pour faire voter les étudiants, mais que l'AG commence à midi pour se finir... on n'a jamais su. Trois heures à écouter des décérébrés mentaux qui font beaucoup de bruits avec la bouche mais sans que celà ait le moindre sens, trois heures de palabres qui tournent en rond, trois heures de rejet systématique des arguments de l'opposition dans le bruit et la cohue, sans la moindre trace de respect, trois heures de supplice pour attendre un vote qui n'arrivera qu'après l'épuisement des bonnes volontés des étudiants opposés au blocage... Stop ! Qu'est-ce que c'est que ce simulacre de démocratie ?
Leur question était leur légitimité, cet après-midi là. Entre ceux qui ne comprenaient même pas qu'on conteste la légitimité d'un mouvement qui ne respecte même pas les locaux qu'on leur prête, et ceux qui légitimaient leur mouvement parce qu'il est contestataire, usant d'arguments plus fallacieux les uns que les autres, à tel point que je ne comprends pas comment d'Education Nationale permet à de telles personne de dépasser le stade du Certificat d'Etude. Quand on n'est pas capable de tenir un discours cohérent, on retourne au collège... et on n'a rien à faire à l'Université.
Exemple de la stupidité :
"LA COMMISSION A DECIDE TROIS MOTS D'ORDRE. LES DEUX PREMIERS SERONT DISCUTES EN AG, LE TROISIEME EST A DEFINIR"
Les pauvres, il leur faut trois points, mais ils ne sont pas capables de les trouver... Consternant.
Evidemment, l'idée que le vote ait lieu à bulletin secret et à heure fixe a été complètement rejetée. Le mouvement aurait été en péril. Le lendemain matin, les 19 bloqueurs ont été délogés par les CRS et l'Université a été administrativement fermée par décision du Président de l'Université.
Et c'est là que je veux mettre en évidence les manœuvres désolantes, agaçantes, fascistes des étudiants favorables au blocage.
Des négociations ont eu lieu entre la Présidence, les différentes commissions, les syndicats étudiants. La réouverture du campus a été votée majoritairement, les anti-bloqueurs obtenant que des vigiles soient en faction pour empêcher l'entrée d'élements pertubateurs extérieurs à l'Université. Mais les bloqueurs n'ont pas mis 20 minutes pour réinstaurer le climat de guerre, fermer les bâtiments à l'aide de chaises et de bureaux dès la réouverture du campus. Toute la négociation n'a servi à rien, les bloqueurs ne l'ont pas respectée. L'AG prévue à midi ne servait plus à rien.
A l'Université Montpellier II, un vote à bulletin secret a été organisé selon le résultat de la volonté commune. Mais les opposants à la LRU ont sciemment triché pour faire annuler le vote, organiser à la va-vite un vote à main levée, qui de tous les témoignages donnait l'avantage à la reprise des cours, mais qui selon le décompte des grévistes leur était favorable, et qui n'a réuni qu'environ 800 étudiants sur la dizaine de milliers d'étudiants concernés.
Lorsqu'un mouvement, qui plus est minoritaire, se fonde sur la force, sur l'intimidation et sur la tricherie, il faut l'éliminer. La démocratie ne peut pas permettre de telles exactions, et encore permettre à de tels monstres de s'exprimer. A ce jeu, ils auront encore des ressources tant qu'on ne jouera pas le même qu'eux. C'est pourquoi je propose que des AG soient à nouveau organisées, ce qui permettra de concentrer les grévistes dans un amphi, et de les y SEQUESTRER jusqu'à rédition ! Il est temps que ceux qui veulent reprendre les cours prennent les choses en main en s'organisant et que les grévistes perçoivent l'effet de subir une décision arbitraire, coercitive et illégale. Pris à leur propre jeu, sous l'effet d'une majorité, ils ne pourront que s'incliner.
Il est temps que la majorité qui subit inverse le cours des choses, et que, du guerre lasse, elle finisse par s'imposer, même si les moyens ne sont pas académiques. Le calendrier des étudiants est gravement en danger : une semaine de vacances a été supprimée pour rattraper le retard, les inscriptions à certains concours sont compromises, les étudiants ERASMUS vont au devant de grave problèmes de calendrier, et c'est bientôt l'année universitaire qui est en jeu.
28 novembre 2007
Petition anti- bébé téléphage
Voilà encore un mal bien français, et qui illustre notre capacité permanente à ne rien comprendre, à faire beaucoup de bruit pour rien. Pourtant cette pétition est belge.
Selon toute une ribambelle d'associations, fédérations, syndicats, collectifs et autres groupements de gens qui ont envie de se révolter, l'ouverture d'une chaîne de télévision à l'adresse des tout-petits de 6 mois à 3 ans met gravement l'enfance en danger et donc : "il est urgent de se mobiliser pour la création d’un moratoire qui interdise à de telles chaînes de diffuser des programmes pour tout petits en continu, 24H sur 24"
Voilà bien l'attitude française simple : In-ter-dire.
Dans toute économie de marché, sans besoin d'interdire, ce qui ne marche pas disparaît de soi-même. Sans télé-spectateurs, plus de chaîne. Pas compliqué. Il suffit d'appeler au boycott, et l'échec de la chaîne leur donnera satisfaction. Non, il faut que la revendication soit comminatoire, le reflet d'une sanction exigée par la vindicte humaine : non seulement il faut l'échec, mais il faut la sanction, celle de l'autorité.
Les spécialistes signataires de la pétition font remarquer que "nous savons aujourd’hui que le développement d’un jeune enfant passe par la motricité et la capacité d’interagir avec les différents objets qu’il rencontre", et qu' "il est à craindre que le temps passé par l’enfant devant les émissions d’une chaîne de télévision - qui rassurera les parents parce qu’elle est présentée comme fabriquée pour les tout-petits – ne l’éloigne des activités motrices, exploratoires et interhumaines, fondamentales pour son développement à cet âge". Rien de bien différent avec les mêmes devant TF1 ou M6. Peut-être le ton des menaces et de coups de feu des séries en moins ...
"Il est à craindre que l’installation d’un tout-petit devant un écran ne réduise son sentiment de pouvoir agir sur le monde et ne l’enkyste dans un statut de spectateur du monde." Et là, je me pose encore la question : est-ce que cette pétition ne s'adresse pas plus aux parents qu'aux créateurs de la chaîne ou les pouvoirs publics ? C'est comme si j'entendais une association de diététique dire qu'il faut interdire la confiture parce que si l'on en mange trop on risque de grossir. Tout n'est qu'une question de mesure, c'est l'excès qui est néfaste. D'ailleurs la pétition souligne "que les programmes proposés par cette chaîne existent déjà sous la forme de DVD, qui ont l’avantage de proposer une durée limitée, il est à craindre que la création d’une chaîne émettant en continu 24 heures sur 24 n’incite les parents à l’utiliser comme un moyen facile d’endormir leur enfant", évoquant même l'installation d'une télé dans la chambre du nourrisson, comme moyen d'endormissement de l'enfant. Ce ne seraient les parents qu'il faudrait rééduquer ? Il faut leur rappeler qu'il faut qu'ils s'occupent de leur enfant ? Quand on a un enfant c'est pour s'en occuper, il me semble, pas pour le confier à une boite (la machine qui va éduquer nos enfants, selon Homer SIMPSON).
Encore une pétition qui montre qu'en France, quand il y a un souci dans une catégorie (ici les parents de jeunes enfants), on fait encore appel aux pouvoirs publics (l'état-maman) pour la protéger. Il ne faut surtout pas montrer le problème qui pourrait mettre cette catégorie en porte-à-faux, qui pourrait se sentir "humiliée", "blessée dans sa dignité", bref le nez dans son caca... Il vaut mieux aller chercher la responsabilité de celui qui a exercé sa liberté, dès fois que la bêtise triomphe. Quand même les psychiatres, les psychologues, les éducateurs préfèrent interdire plutôt qu'éduquer...
26 novembre 2007
Les Pots de Noël dans le colimateur
Vu ce jour sur le site d'Europe1 :
"Pots" de Noël : la direction est responsable en cas d'abus d'alcool
[url]http://www.europe1.fr/informations/articles/767401/pots-de-noel--la-direction-est-responsable-en-cas-d-abus-d-alcoo.html[/url]
C'est pas que je sois un partisan de l'alcool au travail, mais je me demande s'il n'y a pas un intégrisme de certains...
Je m'explique.
A l'intérieur d'une entreprise, il y a des gens qui se fréquentent, et parfois même qui s'apprécient (si, si, j'en connais). Il me parait normal que ces gens souhaitent faire ce que des tas d'autres gens font entre eux et hors des limites de l'entreprise sans avoir le moindre souci, et pour la majorité, avec le sens de la mesure : boire un verre ensemble pour partager, fêter, vivre ensemble et humaniser les relations de travail.
Mais voilà, le Code du Travail interdit la consommation d'alcool sur le lieu de travail... Et donc la responsabilité du chef d'entreprise pourrait être engagée si l'un des salariés venait à avoir un accident sur le chemin du retour à son domicile suite à une consommation d'alcool trop importante.
Je comprends bien le but sanitaire, les besoins légaux de sécurité et d'hygiène au travail, mais...
Ça m'inspire deux ou trois reflexions :
- est-ce que les salariés peuvent avoir un comportement autonome qui, même si l'on se trouve dans l'enceinte de l'entreprise, permet de considérer le salarié qui aurait trop bu comme responsable de sa propre faute ? Je doute qu'un chef d'entreprise incite ses salariés à se pochtronner... et quand bien même, le salarié n'a-t-il plus de libre arbitre ?
- ne peut-on pas distinguer entre l'accomplissement normal des tâches du salarié et un comportement exceptionnel du salarié dans l'entreprise à l'occasion d'une fête ?
- ne finit-on pas d'abattre le peu de relations sociales et de traditions qui restent dans ce pays ?
- cette responsabilité tendant à éveiller la vigilance des chefs d'entreprise ne va-t-elle pas non plus contibuer à deshumaniser un peu plus les relations du travail, et accroître encore le sentiment de toute puissance néfaste qu'on porte aux patrons ?
- est-ce qu'une fois dans ce pays, on poura considérer que les gens sont libres et responsables de leurs propres conneries, sans aller chercher la responsabilité d'un tiers qui n'a pas toujours la capacité ou la maîtrise technique pour agir sur les comportements humains individuels ?
- faudra-t-il toujours que nous soyons considérés comme des enfants irresponsables, et que pour pallier nos incapacités on recherche des responsabilités abusives auprès des patrons ou de la police (papa) ou de l'Etat ou de l'école (maman) ?


