31 janvier 2008
La droite décomplexée
Je lisais il y a quelques jours un billet d'un blogueur faisant un portrait de la "droite décomplexée". Selon lui, la droite décomplexée est composée de "gagne-petit", de "bras-cassés", d'"envieux", serait dépourvue de neurones et j'en passe.
A la base, l'expression "droite décomplexée" me hérisse. Je ne sais pas qui est le crétin qui l'a inventée, mais il faut lui laisser une place au Panthéon de la connerie.
Bon sang, qu'est-ce qui justifierait que la droite doive être complexée ? Quel déshonneur, quel trouble social y a-t-il à être de droite, à le revendiquer sans s'en cacher ? Quelle morale imposerait de se conformer aux valeurs de gauche comme seule vertu ? A-t-on jamais entendu les gens de droite parler de "gauche crétinisée" ou "sclérosée" ? Quel honneur y a-t-il à insulter l'adversaire ? Le fait même qu'on la considère désormais décomplexée montre bien qu'elle a été conspuée par ses contradicteurs, qui sont pourtant les apôtres de la tolérance, du respect de la différence, ardents défenseurs de la démocratie et du pluralisme, incapables de discrimination. Encore une fois les discours ne sont pas étayés par les actes.
Je n'ai jamais entendu la moindre personne de droite se revendiquer de droite comme une qualité en soi, mais toujours en se référant aux valeurs qui sont les siennes : le travail, le mérite, la liberté, la responsabilité individuelle. A l'opposé, être de gauche suffit à s'offrir un sauf-conduit moral. Et c'est la droite qui serait hautaine, méprisante ?
Parce que si ça s'arretait à ça, encore. Mais il n'y a pas de politique possible que celle qui n'est pas "libérale". Dès qu'on fait une once de mouvement en faveur des entreprises on se trouve taxé de libéral, comme si ce mot était une infâmie. Il leur faut du "social". Le même social qui, dans leur conception, subventionne la pauvreté par ponction sur les riches qui, las de se faire ponctionner préfèrent aller gagner de l'argent ailleurs qu'en France. Ça fait 26 ans qu'on fait ça et que ça s'aggrave, mais ça ne fait rien, il faut continuer. Et de dire ça, c'est du populisme, voire de l'ultra-libéralisme. Jamais le moindre recul, jamais le moindre doute. Si l'on explique que les entreprises ont besoin de gagner de l'argent, on nous renvoie "les milliards d'exonérations de charges sociales qui n'ont pas empêché les délocalisations", en raisonnant pour une centaine d'entreprises de taille mondiale en se moquant des millions de PME qui pourraient se développer et absorber à elles seules le chômage. Tous les chefs d'entreprises réclament qu'on les libère un peu, et parce qu'ils sont chefs d'entreprise, ils sont systématiquement rejetés (mais il n'y a aucun ostracisme chez les gens de gauche, c'est eux qui le disent, voyons !). On ne les écoute surtout pas, dès fois qu'on leur permette de se développer et créer des emplois. Avant les emplois on pense à leurs bénéfices, mais il n'y a pas un brin de jalousie ou d'envie chez les gens de gauche, c'est eux qui l'ont dit ! Pour ma part, je ne connais pas d'entreprise qui crée des emplois sans faire de bénéfice, mais c'est du populisme ultra-libéral... Surtout n'écoutons pas ceux qui savent comment faire, et demandons plutôt à la première Madame Michu rencontrée sur le trottoir ce qu'elle en pense, elle, dès fois qu'on trouve le Prix Nobel d'économie sur le bord de la route.
Imaginez :
- J'ai mal au doigt
- Ben, desserre l'étau ...
- Ah non, c'est ultra-libéral ! Au contraire, je vais mettre un tour de plus.
Voilà le niveau.
On conspue la mondialisation, que nous sommes les seuls au monde à désigner ainsi, comme si notre problème était le reste du monde. Les autres appellent ça globalisation. Et tandis que toutes les économies du monde se mettent au diapason de l'économie mondiale, nous sommes les seuls au monde à penser que l'économie de marché est une mauvaise chose. La population mondiale a cru de presque 2 milliards d'êtres en 25 ans, faisant disparaître la famine pour un autre milliard d'humains, mais ce n'est pas suffisant parce que le français ne sait pas si son modèle social peut survivre. Le français serait prêt à demander au reste du monde de changer pour d'adapter à lui, comme Stan Laurel dans "les conscrits" faisait changer le pas du régiment pour d'adapter au sien. L'inde crée chaque année une France de cadre moyens, et le Français voudrait qu'on la freine pour payer sa sécu... 64 millions d'êtres humains contre 6 milliards 600 millions ...
11 janvier 2008
Les revirements du Président
Voilà l'exemple typique de la mauvaise foi de l'opposition made in François Hollande, et de la presse, toujours encline à tirer à vue sans réfléchir.
Lors de sa conférence de presse du mardi 8 janvier, à la question posée par un journaliste en ces termes précis :
"Souhaitez-vous, pour 2008, la disparition, du moins REELLE, des 35 heures ?"
le Président a répondu :
"Je vous le dis comme je le pense : oui !".
Le soir même le mou de Solferino intervenait sur Canal+ pour s'insurger contre la disparition annoncée de la durée légale du travail.
Voilà l'exemple parfait de l'à-peu-près politique, celui qui détourne, déforme à son profit, trahit les paroles, feint d'avoir entendu, tente de montrer qu'il a tout compris, mais se gourre complètement. Si j'avais du noter l'intervention de M. Hollande en commentaire de texte, je ne lui aurais pas mis la moyenne. Un petit 6/20 pour la forme, rien de plus.
Avoir oublié ce petit mot, "réelle", est bien pratique pour lancer une campagne en désinformation. Car ce mot, "réelle", vient nuancer l'affirmation du Président. En effet, ce petit mot permet de distinguer entre la durée légale du travail, et l'application réelle de la durée du travail. Aussi, dans sa réponse, le Président a bien compris la question, et a répondu de manière logique quand on a crée un dispositif d'exonération des charges sociales et de défiscalisation des heures supplémentaires. Le Président souhaite que la durée légale des 35 heures reste la référence (ce qu'il a toujours dit dans sa campagne présidentielle), mais que dans la pratique ("réelle" donc) les entreprises prévoient, entreprise par entreprise ou branche par branche, des horaires de travail incluant des heures supplémentaires.
Il a fallu que le Président reprécise, à l'intention des mal-comprenants et autres socialites et journalistes, le cadre de la loi déjà votée, et réexplique la logique lors de la présentation des voeux aux députés. Evidemment, l'opposition, la presse, parlent de "contradictions".
Alors je me dis :
- si l'on est capable de penser, comme François Hollande, que le Président est assez benêt pour se contredire de manière aussi grossière, c'est soit qu'on le prend pour un abruti, soit qu'on se prend soi-meme pour nettement supérieur à lui. Et dans les deux cas c'est assez mal venu quand dans ses propres rangs on n'a pas réussi à faire le ménage avant et après le référendum de 2005 (vous savez, quand la consultation de la base dit "oui", mais que les démocrates fabusiens disent "ben non quand même"), ou quand on a perdu de telle manière face à celui qu'on prend pour un incapable.
- si l'on est pas capable de faire cette nuance, est-on capable de diriger un pays, est-on digne de confiance quand on trahit la parole des autres pour s'attirer les faveurs de son électorat ? Est-on digne de confiance quand on n'a pas suffisamment d'idée soi-même au point qu'il faille traverstir la pensée des autres ?
Quant à la presse, qui ne vaut guère mieux, toute empressée qu'elle a été de soulever ces "contradictions", elle montre qu'encore une fois :
- elle préfère jeter de l'huile sur le feu plutot que de comprendre
- elle préfère agiter pour vendre du papier plutôt que d'expliquer
- trop de commentateurs ne font pas leur travail en ne lisant pas, n'écoutant pas.
Mesdames, Messieurs, les journalistes, combien êtes-vous payés pour commettre ce genre d'erreur ?
08 janvier 2008
La visite du Président au Pape
La visite du Président de la République au pape a fait couler de l'encre. Immédiatement, des boucliers se sont levés pour rappeler la laïcité de l'Etat, contraire à cette visite. Une photo officielle de cette visite montre que ces impératifs n'ont pas été oubliés, mais que le protocole conduit à des concessions :
Photo qui tente de relier deux oppositions : le temporel et le spirituel, sans faire d'accroc à la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Il faut donc ménager les susceptibilités, et trouver un compromis.
Est-ce que la main de Sarkozy est devant ou celle du Pape montre la direction ? Est-ce que Sarkozy est plus grand pour ne pas montrer une soumission à l'Eglise ? Chacun y trouve son compte.
Dans la logique de l'union prêchée par le Christ, que son symbole soit au milieu me parait normal. Je ne pense pas qu'il faille aller voir dans la présence de chaque côté de la croix les symboles d'Hérode et Pilate, ou Caïphe. Pourquoi pas les larrons tant qu'on y est ?
Le pape porte la mosette rouge, signe qu'il est en prédication, tentant de convaincre de chef de l'état français de revenir dans le giron de l'Eglise. Il est dans son rôle. Il ne s'agissait pas là d'une visite de courtoisie, mais d'une rencontre entre chefs d'Etat. Et le travail de chef de l'Etat du Vatican, c'est de faire entrer en son sein la plus large communauté d'êtres humains.
Est-ce que le chef de l'Etat français devait aller le voir ? Quand la France est traditionnellement catholique, majoritairement chrétienne, aller rencontrer le directeur des consciences est incontournable. On ne peut pas ignorer un homme qui représente la foi de centaines de millions d'humains.
La France est un état laïc, certes. Mais quand le chef de l'Etat rencontre le recteur de la Grande Mosquée de Paris, le Grand Rabbin en France, ou le Dalaï Lama, tout le monde salue son esprit d'ouverture. Seul le Pape serait exclu ? Refuser de serrer la main du pape serait une preuve d'impolitesse qui ferait affront à l'Eglise entière, et nuirait à la réputation d'ouverture et de dialogue qui est l'honneur de la France.
Lors de son discours le Président a parlé de foi, d'espérance, de conscience. Est-ce la rôle d'un chef de l'état laïc ? A mon sens, tant que l'Etat ne prend pas clairement position pour l'une des religions de ce monde, tant qu'aucun acte ne tend vers cette situation, le chef de l'état peut parfaitement déclarer que la foi est meilleure pour l'homme que son absence, que la vie spirituelle intérieure est plus souhaitable que son absence, sans toutefois prendre parti pour l'une des religions.
Nous avons souvent tort de croire que parce que laïque, la France est athée, confondant là le fonctionnement des institutions et la liberté de conscience des individus. Le Chef de l'Etat peut parfaitement faire des allusions à la foi, à la croyance, à l'espérance parce que ce sont des questions que chaque homme peut se poser.
Le manque de conscience théologique de notre époque montre aussi ses limites : le désespoir ici-bas, la recherche d'un bonheur immédiat, permanent, instantané, en libre-service. Je comprends que le chef de l'état fasse cette remarque, qui est aussi une rupture. Malraux disait : "le XXIè siècle sera spirituel, ou ne sera pas". Si l'on veut qu'il soit, il faut aussi accorder une place au spirituel. Et pour ma part je préfère le discours d'amour du Christ au discours impérialiste de l'Islam intégriste (celui qu'on entend le plus, hélas), ou au discours d'ostracisme hébreu (essayez de vous convertir au judaïsme ou d'épouser une juive pratiquante), surtout maintenant que l'Eglise en a terminé de ses tentatives de conquête par la force et l'intimidation.
Encore une fois, les opposants, détracteurs du Président ont préféré l'apparence au fond, confondu l'athéisme et la laïcité, raté une occasion de se taire, montrant leur ignorance tant dans la délicatesse des relations internationales que dans les arcanes de l'esprit.
A lire pour une analyse sémiologique :
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=33778.php3?id_article=61
04 janvier 2008
Abraham Lincoln
Extrait de la déclaration au congrès des États-Unis d’Amérique en 1860 du PRÉSIDENT ABRAHAM LINCOLN
"VOUS NE POUVEZ PAS
- Créer la prospérité en décourageant l’épargne
- Donner la force au faible en affaiblissant le fort
- Aider le salarié en anéantissant l’employeur
- Favoriser la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes
- Aider les pauvres en ruinant les riches
- Former le caractère et la volonté en décourageant l’initiative et l’indépendance
- Aider continuellement les hommes en faisant pour eux ce qu'ils pourraient faire eux-mêmes"
Je sais que cette déclaration est insupportable pour certaines personnes. C'est la négation même de leur idéologie, et pourtant, ...
J'ai eu l'occasion de vouloir partager cette déclaration avec un ami, de sensibilité opposée. Ce qui m'amuse, ou me déçoit, c'est que :
- cette personne n'a pas vraiment lu le fond et s'est arrêtée à l'apparence ("vous ne pouvez pas" est pour lui une impossiblilité abolsue concernant les débuts de propositions, et il n'a pas vu que c'était une opposition entre les moyens et les buts).
- cette personne a rejeté d'un regard méprisant ce texte et l'a jeté à la cheminée immédiatement, me portant un regard d'une supériorité affirmée, plein d'une morgue qui est la marque des cons, certain de sa morale supérieure, qui affame le monde...
Depuis, et pour d'autres raisons, je préfère ne plus le voir.
16 décembre 2007
La diplomatie selon les détracteurs
La visite officielle du Colonel Khadafi en France aura fait couler beaucoup d'encre, de salive, et dévoilé la pensée profonde de certains en terme de diplomatie et de la vision des relations internationales.
Certes, pour paraphraser Pierre Desproges, la compagnie d'un terroriste pratiquant me met rarement en joie. Mais faut-il toujours s'arc-bouter sur le passé pour construire l'avenir ?
Les déclarations de la resplendissante Rama Yade au matin de la venue du Chef d'Etat Libyen ont été prises comme un coup de semonce dans l'harmonie gouvernementale. Je les vois surtout comme un numéro de cirque : l'un fait les courbettes officielles et protocolaires (le Président), tandis que sa spécialiste (Secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme) met les points sur les "i" : "La France n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits". C'est dit - et bien dit - et sans doute l'apparence des choses est-elle sauve, nul ne pourra ignorer qu'un membre du gouvernement a pleinement pris conscience de la portée de cette visite en France.
En premier lieu, je ne pense pas que les déclarations de Rama Yade puissent avoir une quelconque influence sur la politique intérieure libyenne, et la seule véritable traduction de ces pensées pour avoir de l'effet ne peut passer que par des sanctions politiques et économiques internationales. Or la réalité internationale en est à l'opposé : Khadafi rentre dans le rang, et malgré son passé houleux, se place désormais dans les files des nations fréquentables. Les sanctions ont été levées, et c'est l'intégration au sein du Cartel des Nations qui est l'avenir.
Evidemment, l'opposition, dans son rôle de posture, a martelé l'affront fait aux Droits de l'Homme qu'occasionne cette visite, et qu'en marchandant avec ce tyran, nous bafouons nous-mêmes notre conception de nos libertés, et que le chef de l'état pousse même le cynisme jusqu'à essuyer d'un revers de la main les atrocités du passé pour des milliards d'Euros.
Voilà encore et toujours la problématique socialiste : les milliards d'euros. Et la cause du rejet : le passé.
Goethe disait : Celui qui n'a pas appris la leçon de 3000 ans d'histoire vit au jour le jour.
Inscrivons-nous dans une perspective plus grande que la longueur d'une législature. Faut-il toujours que nous soyons dans une logique d'affrontement avec nos ennemis passés ? Nous serions-nous réconciliés avec les allemands, avec les anglais ? Faut-il toujours que les générations perpétuent les affrontements de leurs aïeux au point que ceux qui s'affrontent encore n'en ont même pas été les acteurs ? La rancune est-elle un moteur d'avenir ? Les victimes des attentats attribués à l'Etat Libyen réclament un devoir de mémoire, et, dans leur logique, cette visite est pour elles une blessure, on les comprend. Mais faut-il sacrifier le destin des nations à la souffrance de 300 familles ? Selon l'opposition, il ne faudrait pas négocier avec la Libye au nom des attentats commis il y a 20 ans, il ne faut pas aller en Chine pour ne pas soutenir le régime, il ne faut pas aller serrer la main de George Bush au nom de la guerre en Irak, il faut fermer la porte à Poutine pour ne pas cautionner les atteintes à la démocratie. On ne parlerait plus à grand monde si on les suivait, et la France se trouverait bien isolée dans sa vertu, tandis que nos concurrents remporteraient les marchés que nous allons conclure là-bas. Les grands principes, c'est beau, mais ça ne nourrit pas les peuples.
Il faut toujours garder à l'esprit que le monde est en perpétuel mouvement, et qu'à tenir de tels raisonnements, il tournerait sans nous. Aujourd'hui la Chine est en passe de devenir, et plus tôt qu'on ne le pense, une super-puissance, et qui s'entoure de peu de principes moraux pour se servir en Afrique pour son développement. Faut-il leur laisser la porte ouverte en Afrique, et laisser les grandes nations industrialisées conclure les contrats à notre place ? N'est-il pas judicieux de revenir mettre un pied solide en Afrique du Nord pour y retrouver une zone d'influence économique opposée à la montée des intérêts chinois ? N'y a-t-il pas intérêt à traiter avec les chinois pour trouver notre part d'activité dans leur développement ? Trente mille emplois durables sur le sol français, ce n'est pas non plus négligeable pour nous. Faire la moue devant le sort de 30 000 personnes dont l'avenir est assuré pour quelques années, c'est aussi se moquer du sort de nos propres ressortissants.
Et les Droits de l'Homme, me dira-t-on. Et c'est là que je veux en venir : aucune nation n'a résisté aux Droits de l'Homme face à une économie de marché développée. Les dragons asiatiques ont fini par céder et s'approchent chaque jour de plus en plus d'une conception plus proche de la notre des Droits de l'Homme. L'élan vient des populations elles-mêmes : les possibilités ouvertes par le marché poussent à prendre conscience des contraintes imposées par le régime. Songeons aux cas de la Grèce, de l'Espagne, du Portugal, par exemple. La Chine elle-même sera contrainte d'ici peu à lâcher du lest.
Le Président Sarkozy a eu cette déclaration : "Si on traite de la même façon quelqu'un qui fait le chemin de l'abandon du terrorisme, de l'abandon de l'arme nucléaire (...) que ceux qui continuent à vouloir l'arme nucléaire, alors on se met dans une situation de guerre des civilisations qui est la pire des solutions pour le monde [...] Si 26 autres pays (européens) proposent un accord-cadre à la Libye, c'est que je ne dois pas être le seul à partager cette opinion". Seulement, en France, l'opposition est la seule à l'ignorer. Des leçons qui mènent à la guerre, et qui oublient le projet de Communauté de la Méditerranée qui permettrait de faire siéger côte à côte des états antagonistes comme Israël et la Libye... Il faut parler aux gens pour les convaincre. Tenir à l'écart, mépriser, sanctionner, c'est punir le peuple, augmenter son ressentiment à l'égard des puissances économiques.
La dilpômatie, c'est une permanente composition entre des intérêts antagonistes.
De son coté, le dictateur libyen a feint de ne pas entendre les critiques, et il ne fallait pas s'attendre à autre chose. Je ne l'imaginais pas faire amende honorable, ce qui aurait constitué un aveu, et donc une soumission. Mieux, je pense que le battage fait autour de sa visite lui a donné beaucoup plus d'importance qu'il n'aurait jamais dû en avoir.
04 décembre 2007
Le paquet fiscal
Il y a des idées fausses qui ont la vie dure, surtout quand on est de gauche, et que les dirigeants, faute d'idée, n'ont plus que la rhétorique à faire valoir. M. Hollande se pare de toute sa vertu pour dénoncer le "cadeau fait aux riches" avec le paquet fiscal.
On savait déjà, dans ses déclarations, que le Mou de Solférino n'aimait pas les riches. Et attention, les riches pour lui, c'est 4000 euros par mois. Autant dire qu'à peine a-t-on le temps de sortir de la rigueur des salaires et de la vie chère qu'on est socialistement un nanti. Je ne sais pas comment il se classe lui-même avec le cumul de ses indemnités. Crésus, Rothschild ? Il est peut-être temps de redescendre dans la rue pour voir ce qu'est un pauvre, et essayer de concilier la réalité du terrain avec celle des discours.
Parce que dans les riches à qui on a fait un cadeau fiscal, il faut voir qui sont les concernés :
- les salariés qui font des heures supplémentaires. Donc, déjà ceux qui sont payés à l'heure et pas les cadres payés au forfait annuel. Donc des gens qui sont des employés, des ouvriers. C'est ça un riche, pour Monsieur Hollande. Et c'est la moitié du paquet fiscal.
- les gens qui payent des intérêts sur l'acquisition de la résidence principale. Cadeau qui existait jusqu'à ce que M. JOSPIN décide, d'une, de supprimer les avantages du quotient familial, et, persuadé que les gens étaient trop riches, de deux, a supprimé la déductibilité des intérêts d'emprunt. On a préféré laisser les gens continuer de payer un loyer à de riches propriétaires pour ne pas faire de cadeau à ceux qui avaient l'outrecuidance d'essayer de s'en sortir un peu en transformant leur loyer en épargne. Plafonné à 1500 euros par an, on ne peut pas dire que ces sont les PDG de multinationales qui seront les plus avantagés. Mais pour M. Hollande, tant qu'on ne déverse pas de l'argent sans compter à des gens qui n'ont aucune envie d'aller travailler, on n'a rien fait.
- pour les droits de succession, ceux qui ont un patrimoine d'environ 300 000 euros passeront à travers. Ma foi, avec la bulle immobilière actuelle, je connais beaucoup de gens des classes moyennes et inférieures dont c'est le prix de la maison. Que les enfants soient obligés de vendre la maison pour acquitter les droits de succession, et la vendre vite, donc mal, parce que l'état n'attend pas, voilà la conception socialiste de la justice. Il faudrait être fou pour accepter qu'en plus de ce "cadeau", des gens puissent habiter la maison de leurs aïeux, faire l'économie d'un loyer dans leur budget. Ils risqueraient de devenir riches, ces pauvres gens.
- enfin, le bouclier fiscal à 50 % de ses revenus. Là, on touche les riches, les vrais. Et c'est 400 millions d'euros par an. Soit 2,6 % de la mesure. Voilà les gens qui font office de bouc-émissaire pour tous les autres. Ceux à qui l'on prend plus de la moitié de ce qu'ils gagnent. On parle allègrement des 40 000 € qu'on leur restitue, en oubliant les centaines de milliers qu'ils ont déjà versés. Parce que pour le socialiste la fiscalité est comminatoire : elle doit sanctionner la richesse. Le socialiste oublie toujours une chose : on ne tond pas les riches comme on tond les pauvres : le riche est mobile, lui, le riche se déplace et préfère payer 50 % chez nos voisins que 60 % chez nous. Et la différence pour les caisses de l'Etat Français n'est pas de 10 % mais de 60 %... C'est vrai qu'il y tellement de riches avides de payer des impôts en France, tellement de gens attirés par l'idée de venir dépenser leur argent chez nous plutôt qu'en Suisse, au Luxembourg, aux Iles Caïman, à Monaco. Tous les grands sportifs ont leurs avoirs à l'étranger, et ça ne les interpelle pas... Mais on ne parle pas non plus du pauvre smicard célibataire, qui paye des impôts sur le revenus, paye la taxe d'habitation, paye la taxe foncière pour peu qu'il ait pu parvenir à acheter son appartement, paye de la TVA, paye ses charges sociales salariales. Lui aussi, il se peut qu'il dépasse le seuil du bouclier. Mais chut, ça fait pas socialiste.
Evidemment, l'argument de l'efficacité arrive désormais, les mesures étant effectives depuis le 1er octobre.
Donc :
- nous en sommes au deuxième salaire payé sous l'égide des nouvelles dispositions. Autant dire que pour le moment, les effets ne peuvent pas encore se faire sentir, et certainement pas encore dans les statistiques qui ne seront arrêtées qu'au 31 janvier 2008 pour le 4è trimestre de 2007. Il faudra attendre ce moment pour se faire une idée de la première tendance de la mesure.
- la déduction fiscale des intérêts d'emprunts est à venir puisque qu'elle portera sur les revenus de 2007. Donc ce n'est qu'en 2008 que la mesure prendra pleinement effet.
- les droits de succession ne représentent pas grand chose au sein du budget de l'état. Il faut encore attendre un certain temps pour que cela ait un effet au niveau du pouvoir d'achat des concernés. Deux mois après la disposition, les effets ne peuvent pas se faire sentir, et plus tard, guère moins pour les finances de l'état. Mais pour les concernés, ça ira mieux.
- le bouclier fiscal restitue de l'argent aux contribuables sur les impôts de 2007 (donc les revenus de 2006). Et là, je voudrais soulever le problème de la rétroactivité.
On a beaucoup parlé du problème de rétroactivité de la mesure concernant les intérêts d'emprunt. Le Conseil Constitutionnel a estimé que revenir sur tous les contrats en cours était anticonstitutionnel. Dans sa logique, et au cours de l'été, le Conseil a estimé qu'on ne pouvait pas revenir avant le 6 mai 2007, date de l'élection présidentielle.
Et là, toute la presse et toute la classe politique sont passées à côté de l'évidence :
- pourquoi le Conseil admet-il la rétroactivité au 6 mai alors qu'il la condamne pour les contrats antérieurs ?
- quelle différence y a-t-il, rétroactivement parlant, entre le 6 mai quand la loi est de juin, et les dates antérieures ?
- pourquoi la date du 6 mai, et pas le lendemain de la promulgation de la loi comme le dit l'article 1er du Code Civil ? L'élection présidentielle confèrerait-elle un caractère légal à des promesses du candidat gagnant que le parlement ne ferait qu'entériner ?
- pourquoi un dispositif fiscal ne valant que pour l'avenir serait-il rétroactif parce qu'il aurait un effet sur les contrats en cours, mais pas sur les exécutions passées du contrat ? Quand les déductions d'intérêt d'emprunt ont été supprimées par M. Jospin pour tous les contrats, y compris ceux en cours, personne n'a parlé de rétroactivité. Quand l'acheteur d'un bien immobilier a contracté avec son vendeur, l'aspect fiscal n'a pas été un élément déterminant de l'échange des consentements. Cette disposition ne concerne qu'un contribuable et l'état, et non les relations de ce même contribuable avec son banquier (montant de l'emprunt) ou avec son vendeur (montant de la vente). Ce texte n'avait AUCUN caractère rétroactif.
- pourquoi la loi permet-elle la récupération des sommes taxées en 2006 dans le cadre du bouclier fiscal, sans qu'on parle de rétroactivité dans ce cas là ? Parce que là, c'est rétroactif.
Et toute la presse, toute la classe politique au lieu de réfléchir, d'être critique sur la réalité, s'engouffre dans un débat stupide, tronqué, mensonger. Si M. Hollande n'a pas vu ça :
- soit il est incompétent et donc indigne de diriger une formation politique de cette taille ;
- soit il le fait sciemment, par malhonnêteté intellectuelle et simple posture rhétorique, et il est indigne de diriger une formation politique de cette taille.
