04 avril 2008
Soutien à Arnaud Libert
Après tous ceux qui hurlent avec les loups, qui se gargarisent de mots comme "déontologie", "éthique", "droits", qui se retranchent derrière des règlements, des textes qui permettent à tous ceux qui ne veulent pas jouer le jeu de la société de toujours s'en sortir, au tour de ceux qui approuvent Arnaud Libert et qui comprennent que son action a le mérite de l'efficacité et d'une réalité bien loin des convictions des ténors de la pédagogie dans les salons parisiens de dire leur soutien à ARNAUD LIBERT.
Arnaud Libert a eu l'intelligence et le courage d'agir dans
l'intérêt des jeunes et pas dans le sien propre. Si les détracteurs
d'Arnaud Libert avaient encore une idée précise de ce qu'est
l'autorité, de son utilité, de ses bienfaits, peut-être que lui
n'aurait pas eu à intervenir comme la voiture balai de l'éducation. Si
au lieu de penser que l'adolescent est capable de se construire
lui-même, aveu plus ou moins détourné de l'incompétence ou à tout le
moins de l'inutilité des éducateurs, la philosophie était de penser que
dire "non" à un ado est une manière de l'aider à construire ses
limites, de lui donner des repères, et que ce "non", il faut l'appuyer
par une autorité, alors sans doute, Gianni n'aurait pas perdu pied à
l'école, et Arnaud Libert n'aurait pas eu à intervenir.
Si Gianni n'avait pas
été perdu par l'école et sa famille, si au lieu de le laisser sortir
sans contrôle (contrôle qu'il refuse tout simplement sans que ça n'ait
de répercution sur lui, sans sanction), s'il on lui avait inculqué tout
bonnement qu'il risque quelque chose à défier l'autorité, alors il
n'aurait pas eu besoin des remontrances méritées par Arnaud Libert !
Mais réinstaurer l'idée d'autorité à un gamin de 16 ans n'est pas chose
facile, et nécessite parfois une démonstration de force lorsque plus
rien ni personne n'a d'emprise sur lui.
Il est bien beau de se retrancher derrière une idéologie qui n'a
jamais apporté le moindre bienfait collectif, et qui ne fait que
démontrer chaque jour le besoin croissant en éducateur pour rattraper
les erreurs accumulées par le passé, en les perpétuant, et en se
satisfaisant du cas du jeune sauvé pour mille abandonnés.
Il est bien beau de perdre six mois à expliquer à un jeune ce
qu'il comprendrait bien plus vite avec une paire de gifles. Ça fait
gagner du temps et de l'argent à tout le monde (sauf aux éducateurs).
On parle de la violence d'Arnaud ? Arnaud a eu des gestes
très intimidants pour Gianni, parce qu'il faut lui faire comprendre -
et vite, puisque visiblement, ce n'est pas d'hier que Gianni est en
relation avec Arnaud - qu'il ne peut pas avoir le dessus sur les
adultes, et qu'il faudra bien qu'il plie ! Ces méthodes sont violentes
? Je préfère cette violence là à celle qui consiste à laisser
l'adolescent s'enfoncer doucement, la violence sourde qui ne gronde
pas, qui ne crie pas, qui approuve le jeune en le renforçant dans son
sentiment de victime, en s'apitoyant sur lui en guise d'aide, cette
violence sourde sur les jeunes qui refuse de leur donner les repères
qu'ils demandent à corps et à cris, cette violence là est pour moi la
plus grave. Et certains détracteurs d'Arnaud seraient bien à même de
remettre en question les préceptes de leurs méthodes et de reconsidérer
sérieusement l'efficacité psychologique de leur doctrine.
J'ai même lu le commentaire indigné concernant le fait que Gianni ait été obligé de rentrer chez lui en chaussettes, tout ça parce que le merdeux ne voulait pas continuer son stage, mais n'avait pas songé à prendre des chaussures de rechange. Le chef de la sécurité lui a demandé de rendre les rangers, rien de plus normal. Devant un merdeux qui ne veut pas travailler, il faut bien à un moment donné lui faire comprendre qu'il ne peut pas gagner à tous les coups. J'espère que cette petite humiliation lui aura servi de leçon au moins. Il est rentré chez lui en chaussettes, aussi nu que sa vie, préfiguration de ce qui peut l'attendre à l'avenir en continuant sur cette voie. Bel exemple, belle leçon !
Tous les éducateurs qui s'indignent des méthodes d'Arnaud Libert devraient au contraire prendre exemple sur lui, sur son investissement, sur les déclics qu'il utilise pour faire réagir un gamin amorphe, désabusé. Vu leurs résultats, je me demande s'il serait pas plus rentable de les payer au chômage, pendant ce temps là au moins, ils ne détruiraient pas la mentalité des gosses, et on obtiendrait les mêmes résultats.
Pour toutes ces raisons, et pour tous les autres Gianni, soutenons Arnaud Libert !