Journal d'un fou

Les fous disent n'importe quoi. Et je vais pas me gêner.

31 janvier 2008

La droite décomplexée

Je lisais il y a quelques jours un billet d'un blogueur faisant un portrait de la "droite décomplexée". Selon lui, la droite décomplexée est composée de "gagne-petit", de "bras-cassés", d'"envieux", serait dépourvue de neurones et j'en passe.
A la base, l'expression "droite décomplexée" me hérisse. Je ne sais pas qui est le crétin qui l'a inventée, mais il faut lui laisser une place au Panthéon de la connerie.
Bon sang, qu'est-ce qui justifierait que la droite doive être complexée ? Quel déshonneur, quel trouble social y a-t-il à être de droite, à le revendiquer sans s'en cacher ? Quelle morale imposerait de se conformer aux valeurs de gauche comme seule vertu ? A-t-on jamais entendu les gens de droite parler de "gauche crétinisée" ou "sclérosée" ? Quel honneur y a-t-il à insulter l'adversaire ? Le fait même qu'on la considère désormais décomplexée montre bien qu'elle a été conspuée par ses contradicteurs, qui sont pourtant les apôtres de la tolérance, du respect de la différence, ardents défenseurs de la démocratie et du pluralisme, incapables de discrimination. Encore une fois les discours ne sont pas étayés par les actes.
Je n'ai jamais entendu la moindre personne de droite se revendiquer de droite comme une qualité en soi, mais toujours en se référant aux valeurs qui sont les siennes : le travail, le mérite, la liberté, la responsabilité individuelle. A l'opposé, être de gauche suffit à s'offrir un sauf-conduit moral. Et c'est la droite qui serait hautaine, méprisante ?

Parce que si ça s'arretait à ça, encore. Mais il n'y a pas de politique possible que celle qui n'est pas "libérale". Dès qu'on fait une once de mouvement en faveur des entreprises on se trouve taxé de libéral, comme si ce mot était une infâmie. Il leur faut du "social". Le même social qui, dans leur conception, subventionne la pauvreté par ponction sur les riches qui, las de se faire ponctionner préfèrent aller gagner de l'argent ailleurs qu'en France. Ça fait 26 ans qu'on fait ça et que ça s'aggrave, mais ça ne fait rien, il faut continuer. Et de dire ça, c'est du populisme, voire de l'ultra-libéralisme. Jamais le moindre recul, jamais le moindre doute. Si l'on explique que les entreprises ont besoin de gagner de l'argent, on nous renvoie "les milliards d'exonérations de charges sociales qui n'ont pas empêché les délocalisations", en raisonnant pour une centaine d'entreprises de taille mondiale en se moquant des millions de PME qui pourraient se développer et absorber à elles seules le chômage. Tous les chefs d'entreprises réclament qu'on les libère un peu, et parce qu'ils sont chefs d'entreprise, ils sont systématiquement rejetés (mais il n'y a aucun ostracisme chez les gens de gauche, c'est eux qui le disent, voyons !). On ne les écoute surtout pas, dès fois qu'on leur permette de se développer et créer des emplois. Avant les emplois on pense à leurs bénéfices, mais il n'y a pas un brin de jalousie ou d'envie chez les gens de gauche, c'est eux qui l'ont dit ! Pour ma part, je ne connais pas d'entreprise qui crée des emplois sans faire de bénéfice, mais c'est du populisme ultra-libéral... Surtout n'écoutons pas ceux qui savent comment faire, et demandons plutôt à la première Madame Michu rencontrée sur le trottoir ce qu'elle en pense, elle, dès fois qu'on trouve le Prix Nobel d'économie sur le bord de la route.

Imaginez :
- J'ai mal au doigt
- Ben, desserre l'étau ...
- Ah non, c'est ultra-libéral ! Au contraire, je vais mettre un tour de plus.
Voilà le niveau.

On conspue la mondialisation, que nous sommes les seuls au monde à désigner ainsi, comme si notre problème était le reste du monde. Les autres appellent ça globalisation. Et tandis que toutes les économies du monde se mettent au diapason de l'économie mondiale, nous sommes les seuls au monde à penser que l'économie de marché est une mauvaise chose. La population mondiale a cru de presque 2 milliards d'êtres en 25 ans, faisant disparaître la famine pour un autre milliard d'humains, mais ce n'est pas suffisant parce que le français ne sait pas si son modèle social peut survivre. Le français serait prêt à demander au reste du monde de changer pour d'adapter à lui, comme Stan Laurel dans "les conscrits" faisait changer le pas du régiment pour d'adapter au sien. L'inde crée chaque année une France de cadre moyens, et le Français voudrait qu'on la freine pour payer sa sécu... 64 millions d'êtres humains contre 6 milliards 600 millions ...

28 janvier 2008

La fin du glissement à gauche

Depuis la Révolution Française, l'évolution des idées politiques a connu le phénomène du glissement à gauche. Toute idée politique nouvelle, issue généralement des forces de progrès de gauche, se voyait progressivement adoptée, de proche en proche, à l'ensemble de la classe politique. Plus personne ne remettrait en cause la République, idée pourtant à gauche en 1871 dans une Assemblée Ultra, personne ne remettrait en cause la liberté syndicale, idée de gauche en 1884 imposée par Pierre Waldeck-Rousseau, ou même les congés payés de Léon Blum et du Front Populaire en 1936, pour ne citer que ces exemples. "La politique est remplie d'utopies enfin réalisées", entend parfois ça ou là.
Par extension, les idées des forces progrès étant adoptées par l'ensemble de la classe politique, il fallait aux forces de progrès de nouvelles idées, toujours plus à gauche. On a longtemps pensé que ce mouvement ne connaîtrait sans doute pas de fin.

Le marxisme et le communisme ont été, au cours du XXè siècle des idéaux à atteindre. Pied à pied, ces mouvements sont parvenus à obtenir des acquis sociaux, créant autour d'eux une forte adhésion, jusqu'à des scores de plus de 30 % lors des premières élections d'après la seconde guerre mondiale. Même si la création du Mur de Berlin a provoqué une opposition de blocs pendant la Guerre Froide, l'élan était créé, et la dynamique, quoique ralentie par les efforts américains, persistait. Les progrès sociaux n'ont pas cessé, tirés de l'avant par les forces de progrès.

Mais voilà qu'en 1990 chute le Mur de Berlin, et surgit la révélation des atrocités pressenties par certains du régime communiste, et la réalité de l'échec de l'idéologie. Le communisme n'a fait qu'affamer, détruire, emprisonner au mépris des peuples qu'il était censé protéger. Dans sa lutte contre le capitalisme, le régime soviétique a fait comme son adversaire, mais en oubliant son peuple : une course effrénée à l'armement et à la domination du monde, voire de l'espace, mais tandis que le bloc occidental améliorait son niveau de vie, le peuple du bloc communiste souffrait et prenait du retard. Le constat fut patent : le communisme ne fonctionne pas. On peut discuter des raisons de l'échec, du détournement de l'idéal par certains à leur profit, le constat est là.
Au-delà de ce constat, c'est le but à atteindre qui a disparu. Hors du communisme, toutes les revendications socialistes ou syndicales n'étaient que des aménagements ou des corrections des inconvénients de l'économie de marché. Le communisme proposait la rupture avec le capitalisme et le marché. Que peut-on imaginer plus à gauche ?
Le résultat fut immédiatement significatif avec un effondrement rapide des scores du Parti Communiste Français, passant d'environ 15,35 % à l'époque de Georges Marchais à l'élection de 1981, à un tout petit 1,93 % pour Marie-Georges Buffet en 2007, et des résultats similaires lors des législatives, au point où il fallu abaisser le nombre de députés requis pour constituer un groupe parlementaire à l'Assemblée Nationale en 1993 afin de permettre au PCF de survivre.
En 1997, la gauche plurielle a fait encore illusion, prônant le partage du travail dans son projet des 35 heures. 35 heures dont les partisans imaginaient créer des emplois, ce qui ne s'est traduit que par des gains de productivité dans l'immense majorité des entreprises (rédacteur d'accords de RTT en 2000, je n'ai observé que le création de 6 emplois pour 217 entreprises). La déception fut grande, et la dispersion des forces de gauche créa le choc de du 21 avril 2002.
Et c'est depuis lors que le glissement à gauche s'est arrêté. Il n'y a plus d'idée nouvelle propre à la gauche, pas même une gauche radicale, anti-capitaliste, qui ne propose rien de nouveau, et surtout n'explique pas comment elle compte sortir du capitalisme. Dans la gauche traditionnelle, plus rien de nouveau à part les mots "plus juste", "plus social", "contre l'ultra-libéralisme". Comment ? On ne sait.
Hors de la France, les forces de progrès, syndicats en tête, ont fait leur auto-critique, et sont sortis de l'idéal marxiste. Ils acceptent l'économie de marché, et s'arragent pour en tirer les marrons du feu. Ainsi l'Allemagne, l'Espagne, l'Angleterre connaissent un dialogue social plus serein et efficace que le nôtre, stérile, arc-boûté sur des principes morts.

Le glissement à gauche a connu sa limite, c'est désormais dans le champ de l'économie de marché que doit avoir lieu le progrès.

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26 janvier 2008

Les plaques d'immatriculation

Depuis tout petit, les plaques d'immatriculation sont ma marotte. Marotte inutile au possible, que je n'ai jamais cherché à justifier auprès de mes proches (c'est à dire les seuls qui soient au courant de cette passion stupide) que par l'exercice de connaître par coeur 96 départements et leurs chefs-lieu associés à leur série de lettres d'immatriculation en cours. "On peut considérer ça comme un exercice de mémoire", leur affirmai-je souvent. J'établissais même un classement des départements les plus avancés, jusque ce que je découvre le site dont je vais vous parler tout de suite.

En préalable, pour comprendre les immatriculations non seulement en France, mais également à l'étranger, je ne saurai que vous recommander la lecture du site SFPI (Site Français des Plaques d'Immatriculation) qui répondra à la moindre de vos interrogations et même à certaines que vous n'auriez pas cru vous poser. ici : http://sfpi.asurtech.com/plaques.htm

En début de semaine, la presse audio-visuelle s'émeuvait de la prochaine disparition des plaques d'immatriculation dans le leur format actuel (1234 AB 01) pour se transformer en une unique série nationale du type AB-123-CD, l'incrément étant sur la dernière lettre (après AA-123-ZZ viendrait AA-124-AA). Fort de l'annonce de la possible suppression des départements par la Commission Attali et du fait de la disparition du système d'immatriculation actuel au 1er janvier 2009, voilà que les identités locales ressurgissent. Ainsi une campagne pour le préservation du "62" dans le Pas-de-Calais, ou du '85' vendéen fleurissent dans les abri-bus. Les assidus du SFPI savent depuis fort longtemps que le système actuel est condamné puisqu'une directive européenne souhaite harmoniser les systèmes. L'Italie a fait sa conversion en 1999, l'Espagne en 2000 par exemple. Pour le système français, on a parlé de 2004, puis de 2006, puis le Ministre de l'Intérieur Villepin de 2008, et c'est finalement 2009 qui a été adopté. L'information est donc loin d'être nouvelle.

Je sais donc que je vais perdre un de mes jeux favoris quand je suis sur la route : trouver un "highest" d'un département (c'est ainsi que sont nommés les numéros les plus élevés au SFPI). Je me vois mal faire une pétition pour demander au ministère de pouvoir continuer un jeu aussi inutile.

Là où je veux en venir, c'est à l'attitude des identitaires : ceux qui veulent que soit maintenu le numéro du département. Et c'est là que l'attitude du Français m'agace. D'une part le règlement permettra de faire apparaître un bandeau bleu sur le côté droit de la plaque d'immatriculation pour faire apparaître le numéro de département sur la base du volontariat. Donc c'est prévu, et c'est tout droit inspiré de l'Italie ou les deux lettres de la ville peuvent encore figurer sur la plaque, sans obligation.
Or les identitaires réclament une obligation ! Mais qu'est-ce que nous avons comme difficulté avec la liberté en France... ! Qu'est-ce qui empêche le brave calaisien de mettre de son propre chef un auto-collant 62 sur l'arrière de son véhicule ? Est-ce si difficile de se dire : "après tout la carrosserie de mon véhicule m'appartient, et je vais mettre un 62 à droite de la plaque arrière et ainsi je serai toujours identifié par les camarades de camping" (je n'ai rien contre le camping, j'ai juste remarqué que c'était l'argument récurrent des identitaires).
Et pour ma part, en dehors du jeu, je trouve que c'est aussi un moyen de faire cesser les rivalités locales : les 30 contre les 34, les 75 contre toute la France, les 27 contre les 76, les 33 contre les 16 et 17, les 87 en général, les 54 contre les 57, tous, et symétriquement, mauvais conducteurs à l'égard de l'autre département. Plus loin encore, j'ai acheté une voiture d'occasion immatriculée à Versailles. Deux jours après mon achat, je retrouvais ma voiture stationnée dans la rue, le rétroviseur pendant. Il avait été purement et simplement dégommé par un coup de pied et ne tenait plus que par le cable de réglage électrique. Je n'ai pas compris cet acte de vandalisme, ma voiture étant la seule endommagée de la rue. Jusqu'à ce qu'un jour j'observe du haut de ma résidence que ma voiture n'était pas la seule à avoir le rétroviseur rafistolé avec du chaterton (non, je n'ai pas de hamster). Toutes celles qui n'étaient pas immatriculées 34 avaient subi le même sort ! Alors le maintient des numéros de département...

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25 janvier 2008

La Poste

Ça commencé quand j'étais petit. Le courrier adressé à mes grands-parents à Montpellier revenait à la maison après avoir transité par Libourne parce que nous avions oublié le bâtiment dans l'adresse de la résidence. Nous avons alors pris bien soin de mettre la lettre "B" pour aider le facteur.
Ça a continué quand j'ai moi-même habité à Montpellier une résidence à 22 entrées et qui avait deux dénominations : soit D2, le numéro de l'entrée, soit POITOU, sa démonination. Le courrier arrivait tard, très tard, parfois au bout d'une semaine, voire plus, avec la mention manuscrite, griffonée d'une manière qui suggérait la lassitude ou l'énervement.
Ça s'est poursuivi quand j'ai créé mon entreprise à Cognac et que j'ai eu une boite postale. Pendant des années, je recevais encore le courrier de mon prédécesseur dans la boite, même lorsque l'adresse ne contenait pas le numéro de la boite, alors que mon courrier était déposé chez mon domiciliataire si mon numéro de boite n'y figurait pas.
Ça s'est aggravé quand j'ai voulu un jour faire des photocopies à La Poste. Manquant de pièces de 0,10 €, j'ai patiemment fait la demi-heure de queue pour demander, mon billet de 5 € à la main, de la monnaie au guichetier. Il m'a répondu que la Poste n'était pas une banque, juste sous le guichet "toutes opérations", lui, trônant devant une publicité pour un placement, et la mémère à côté de moi effectuant un retrait. Peine perdue pas de monnaie. J'ai dû aller dans un commerce voisin demander de la monnaie. Manque de chance pour le guichetier, j'ai rencontré mon ami receveur qui, par chance pour moi, s'avérait être originaire de Montpellier comme moi, ce qui nous a lié. Je lui ai raconté ma mésaventure, et ma colère, le guichetier a fait six mois de tri à titre de sanction.
Ça a empiré quand les services dédiés aux entreprises ont été transférés à l'extérieur de Cognac. Les boites postales étaient dans des locaux flambant neufs, mais les services d'affranchissement du courrier étaient toujours en centre ville.
Ça m'a crispé quand un jour on a appris qu'on pouvait enfin acheter des timbres au service entreprise, mais que voulant m'en assurer j'ai posé la question à la guichetière. Elle m'a répondu par l'affirmative, et j'ai alors pris la direction de mon véhicule pour aller chercher de la monnaie. Cette brave personne m'a sèchement demandé "Ben, vous les voulez vos timbres ou pas ?". Un peu agacé, je me suis trouvé dans l'obligation de me justifier ("Deux minutes, je vais chercher mon porte-monnaie", vous voyez l'agression !), et de m'entendre répondre "C'est pas la peine de me parler comme ça, je ne suis pas un chien", ce à quoi la personne qui remplissait son recommandé lui a fait remarquer qu'en l'espèce c'est elle qui avait été parfaitement malpolie. Et de surcroît elle s'est trompée en me rendant la monnaie.
Ça ne s'est pas amélioré lorsque j'ai arrêté mon entreprise et que j'ai demandé un transfert de courrier à mon adresse personnelle. Le courrier arrivait toujours chez mon domiciliataire parce qu'il n'y avait plus de numéro de boite. Mais le facteur savait que j'étais domcilié là-bas... Mais les 19,50 € de transfert ont bien été encaissés, eux.
Ça m'a fait rire un peu quand mon père m'a fait suivre du courrier qui est revenu dans sa boite aux lettres le lendemain même.
Ça a commencé à devenir drôle quand ma mère est partie vivre en Italie, en Sicile exactement et que le Code Postal est 97100. Le courrier transitait systématiquement par Basse-Terre en Guadeloupe.
Ça a battu des records quand mon grand-père a envoyé une lettre de Montpellier à Alès, et qu'elle a mis un mois : elle a transité par la Roumanie.
C'est devenu incompréhensible quand le courrier de mon oncle arrivait dans la boite de mon grand-père alors qu'il n'y avait même pas le "B" du bâtiment, puisqu'il habite à 5 kilomètres !
Ça a commencé à sérieusement m'énerver quand je faisais suivre le courrier de ma mère en Sicile et que les factures EDF et GDF revenaient systématiquement dans sa boite aux lettres alors même que son adresse n'y figurait plus, tandis que son courrier n'est pas acheminé s'il n'y a pas le "C" du batîment. J'ai masqué les logos et le courrier est parti à la bonne destination. De quoi je me mêle ???
Ça a franchi les limites de ma patience quand mon bureau de poste a temporairement déménagé pour cause de travaux, et que l'avis de passage comportait une étiquette m'indiquant d'aller récupérer mon colis à un autre bureau, alors même que mon bureau avait rouvert avant le passage du facteur.
Ça a franchi les limites du tolérable quand le préposé m'a laissé un avis de passage alors que j'étais chez moi pour chercher un colis dès l'après-midi même au dépôt Chronopost. Le colis n'y était pas, il se trouvait à mon bureau local. Mais à mon bureau local il était perdu. Le lendemain, la seconde présentation prévue n'a pas eu lieu (pas d'avis de passage) et grâce au service de suivi par internet des colis j'ai pu savoir que le préposé avait coché "n'habite pas l'adresse indiquée" parce que l'expéditeur n'avait pas mis le numéro de l'entrée. Le même colis m'a été éxpédié à nouveau, et il est arrivé trempé parce qu'il n'avait pas été mis à l'abri lors de la grève.
Ça vient d'inventer de nouvelles limites de la bêtise quand ma compagne, annulant le transfert de son ancienne adresse en Seine-Maritime vers mon ancienne adresse à Montpelllier a demandé qu'un nouveau tranfert soit instauré à notre nouvelle adresse à Aniane, mais que nous venons de nous apercevoir que les services de la Poste ont instauré une transfert d'adresse de Seine-Maritime en... Seine-Maritime.

Où est le temps où mon arrière-grand-père, facteur, vantait les mérites de la Poste en racontant une anecdote savoureuse :
Les ouvriers immigrés recevaient parfois du courrier de leur famille. Un jour ils reçurent une adresse ainsi libellée :
M. X
La grande zizine aux cinq chameau

La fierté des postiers était d'avoir déduit qu'il s'agissait de l'usine Michelin de Saint-Chamond et d'avoir porté le courrier à cette personne. Qu'en reste-t-il ?
Des gens qui n'ont que le mot "service public" à la bouche, mais dont on se demande si cette conception ne recouvre pas l'idée que c'est au public de faire le travail du service. Des gens qui auraient les mains prises dans le béton s'ils travaillaient dans le BTP. Des gens dont l'indolence est si réputée que Dany Boon en a fait un sketch où tout le monde peut reconnaître son guichet local. Des gens qui malgré tout réclament encore plus de moyens...

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24 janvier 2008

Le droit de grève et l'intérêt de nuire à autrui

La grève de ce jour des fonctionnaires permet de mettre en place le nouveau système d'accueil des élèves lors des grèves de l'Education Nationale. Enfin un dispositif permet aux parents de ne pas se retrouver à prendre des congés ou des RTT pour garder leurs enfants pendant que les enseignants manifestent (ou restent tranquillement chez eux). Le dispositif prévoit que les municipalités pourront recevoir une somme forfaitaire de 90 € par tranche de 15 élèves gardés, somme prélevée sur les salaires qu'auraient dû percevoir les enseignants grévistes s'ils avaient travaillé. Mesure facile, efficace, peu onéreuse.

Mais voilà que les syndicats, toujours aussi fins et nuancés, entendent alerter l'opinion sur :
- l'atteinte au droit de grève que constitue ce dispositif
- le détournement de fonds publics instauré par la même occasion.

Voilà bien la preuve, s'il fallait encore devoir l'apporter, que le droit de grève en France, n'est pas seulement une manière de revendiquer contre son employeur, mais un moyen d'ennuyer toute la population pour obtenir satisfaction. Ni plus, ni moins qu'une conception proche du chantage.

Analysons bien les choses. Lorsque les enseignants font grève, le but devrait être de protester contre l'état à propos des conditions de travail ou de salaire (passons sur la conception ultra-extensive de ces notions qui bien souvent sont hors du cadre légal). Seule la relation employeur-salarié est concernée. Il se trouve que par incidence, la population est concernée puisqu'il faut bien faire quelque chose des enfants, et que tout le monde n'a pas la possibilité ou les moyens de faire garder les enfants par un tiers. Or, le premier argument montre que loin de s'en satisfaire (loin des considérations des enfants, ou de leurs parents), les syndicats enseignants s'indignent du fait que ce dispositif atténue les effets de leur grève. Ils ne peuvent pas prendre en otage la population.
Alors même que je n'étais pas pour dire que les cheminots prenaient la population en otage, le fait qu'un dispositif extérieur à l'Education Nationale qui permette d'atténuer les effets de la grève soit perçu comme une atteinte à ce droit fondamental montre bien que le droit de grève est associé à l'intention de nuire. Les cheminots n'ont rien fait d'autre que d'exercer leur droit, même si les conséquences ont été importantes pour une grande partie de la population. C'est le revers d'une situation de monopole de ces entreprises : lorsqu'elles sont en grève, elles paralysent tout le pays. Chacun trouve un moyen de substitution privé pour se rendre à son travail. Mais comment trouver une alternative à l'école publique ? Le ministre Darcos a trouvé une solution qui n'atteint pas le droit de grève. Le personnel en charge de la garde des enfants n'est pas chargé de faire des heures de cours. Est-ce que les enseignants hurlent aux atteintes au droit de grève en raison de l'existence des nounous ? Non, ils viennent de perdre un moyen de pression sur la population. Déjà, lors des grèves des étudiants, beaucoup des grévistes confondaient grève et blocage, et ce fut le principal point d'achoppement entre les étudiants entre eux, qui a aboutit à la réouverture des facs, heureusement.

Deuxième argument : les fonds publics utilisés seront ceux prévus pour les traitements des enseignants qui n'auront pas travaillé, et cela constituerait un détournement de fonds public. Je ne crois pas que cet argent appartienne aux syndicats ni aux fonctionnaires puisqu'ils n'ont pas travaillé, et il me semble normal que l'état utilise l'économie réalisée pour financer l'accueil des enfants. Ce n'est rien de plus qu'une bonne gestion. Mais on dirait que l'espoir de se voir payer les jours de grève s'envole enfin dans l'esprit des grévistes.

On voit bien que le droit de grève est devenu le droit à outrepasser le Code Pénal. On l'a constaté souvent ces dernières années avec les piquets de grève dans les entreprises, les séquestrations de dirigeants, la destruction de l'outil de travail ou d'une partie de la production dans quelques usines. Légitimées par la grève, et jamais pourchassées par souci de ne pas exacerber les tensions sociales, ces exactions sont devenues des normes.

On peut espérer que le nouveau dispositif atténue l'esprit pourfendeur des fonctionnaires de l'Education Nationale, et que cela permette enfin d'envisager les réformes urgentes de notre école.

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16 janvier 2008

Tout, tout de suite, et pas comme ça !

Promis, annoncé comme but du mandat présidentiel, le pouvoir d'achat semble être la déception de l'espoir des Français en ce début 2008. Or les Français sont déçus, le Père Noël n'est pas encore passé.

Le Français est un enfant capricieux, impatient et ingrat. Trente ans de politique désastreuse pour les salariés et les entreprises, trente ans de politique de subvention de la pauvreté financée par le travail ont fini par mettre la France à genoux, et voilà que les Français souhaiteraient que les choses se soient transformées en huit mois. Quelle esprit raisonnable peut penser qu'un délai si court peut changer significativement les choses, surtout quand, au même moment, une flamblée des prix des matières premières vient sérieusement écorner le pouvoir d'achat ? Voilà que les Français, athées et laïcs souvent revendiqués, attendent le miracle.

A l'écoute des différents intervenants (politiques, syndicalistes, journalistes, simples citoyens) dans les médias, rien n'aurait été fait pour le pouvoir d'achat, et la preuve, c'est qu'à l'heure actuelle les Français le voient regresser. Le paquet fiscal aurait déjà montré ses limites, toujours auréolé de son "cadeau aux riches", comme si cette seule mesure était la seule possible, définitive, signant l'aveu cinglant d'un échec retentissant. Les mesures annoncées ne seraient pas non plus de nature à mener vers le progrès, si l'on en croit les détracteurs. Le slogan "travailler plus pour gagner plus" serait devenu obsolète.

Faisons le bilan :

- le recours aux heures supplémentaires est un moyen direct d'augmenter les feuilles de paye tout en allégeant la pression fiscale sur les salaires, ce dont les entreprises françaises souffrent. L'écueil serait la lourdeur administrative quant à la mise en place de la mesure dans les entreprises. Pour 2007, le coût n'aurait été que de 250 millions d'euros, mais pour le seul dernier trimestre. Pour une mesure naissante, même si le succès escompté n'est pas en rapport avec la réalité, c'est tout de même autant dans les poches des salariés.
- la monétisation des RTT serait inefficace. Je ne vois pas en quoi se faire payer les RTT qu'on est dans l'impossiblité de prendre plutot que de les laisser sur un compte épargne temps (CET) ne serait pas une manière de rendre aux salariés l'argent qu'on leur doit.
- l'augmentation de la participation dans les entreprises est une manière de lier directement l'effort des salariés aux résultats des entreprises, mesure que les syndicats appelent de leurs vœux depuis plusieurs années, légitime de surcroît. Le calcul reste à déterminer, mais il ne faut pas s'attendre à des merveilles. Mais ça sera toujours ça de plus.
- le remplacement d'un fonctionnaire sur deux devrait, à terme, baisser les besoins de l'état, et la moitié des gains de productivité seraient redistribués aux fonctionnaires, par des augmentations. Moins d'impôts nécessaires à terme, donc soit du pouvoir d'achat ou des possibilités nouvelles d'arbitrage. J'ai lu un calcul erroné ( voir ici : http://caderange.canalblog.com/archives/2008/01/15/7456678.html#comments ) qui montrerait que le remplacement d'un fonctionnaire sur deux ne génèrerait aucune économie, mais se fonde sur une base de calcul fausse : il est comparé le salaire d'un jeune fonctionnaire aux retraites des deux partants. Or il faut analyser la masse globale c'est à dire, les nouveaux fonctionnaires, les nouveaux retraités dela fonction publique, et déduire les décès !
- 355 millions d'euros vont être libérés pour payer les jours de RTT à l'hôpital, ce qui est un minimum quand on sait le dévouement du personnel hospitalier et des médecins. Mais déjà, le sympathique Dr Pelloux ralait parce qu'on oubliait le personnel para-médical. Ne peut-on pas traiter les problèmes un par un ? Si l'on traite tous les cas en même temps, on râle contre le manque d'adaptation à chaque corps de métier, et si l'on traite cas par cas, on râle parce qu'on oublie les autres... Il faudrait se calmer un peu, non ?

Certes, tout ceci ne va pas changer nos vies du jour au lendemain, mais qui peut raisonnablement croire que l'on peut tout changer d'un coup de baguette magique ?

Les Français attendent qu'une décision venue d'en haut oblige les patrons à des augmentations de salaire significatives. Or le salaire est du domaine du contractuel, et le pouvoir ne peut rien à ce sujet, sauf à encore piocher dans les caisses de l'état en subventionnant, ou à imposer encore aux entreprises des gains de productivité (augmentation de salaire plus concurrence mondiale égale obligation de faire des gains de productivité), donc synonymes de licenciements, et à coup sûr, d'une inflation importante. 26 ans de Chirac et de Mitterrand ont montré l'inefficacité de ces politiques.
La réalité économique montre qu'il faut permettre à l'économie française de se libérer, sans faire peser la charge un peu plus sur les entreprises, sans entamer les recettes fiscales pour honorer les engagements de l'état. Le "paquet fiscal" a été conforme à ce principe : les heures supplémentaires éxonérées de charge et d'impôt sur le revenu ne sont pas une dépense supplémentaire, mais une recette qui n'a pas lieu, et ce tout en libérant à la fois une quantité de travail, et des richesses qui n'auraient sans doute pas été créées sans la mesure. Le coût pour les caisses de l'état n'est pas si important que ça, même si l'on chiffre à 6 milliards d'euros la mesure. De fait, c'est un renoncement sur les recettes fiscales provenant de l'acroissement du PIB, et non pas une dépense supplémentaire à PIB constant, dans la mesure où, à l'avenir les entreprises seront incitées à recourir plus généralement qu'à l'heure actuelle aux heures supplémentaires. Et si l'on songe que les 6 milliards seront en large partie dépensés en France, c'est, pour une part, des recettes fiscales en TVA ou impôts sur les sociétés qui reviendront.

Mais est-ce tout ce qu'on peut faire ? Est-ce que seules les politiques fiscales sont efficaces ?

Hier, une réforme du contrat de travail a été adoptée par 4 syndicats sur 5 (la CGT restant encore et toujours dans l'immobilisme et l'aveuglement). Par la libération de contraintes légales excessives, on peut aussi libérer l'emploi, donc aussi le pouvoir d'achat. Chaque chômeur de moins demandera moins de cotisations aux ASSEDICS et peut-être pourra-t-on aussi baisser les taux de cotisation un jour, en rendant la différence sur la feuille de paye (lorsqu'on baisse une cotisation sur le brut salarial, le net augmente mécaniquement), et cotisera aussi pour les retraites.
Une refonte totale du système fiscal en France est en cours d'élaboration. C'est une réforme de fond, qui, si elle est bien menée, peut relancer l'économie française, et permettre de relever le défi du pouvoir d'achat. Je suis personnellement très favorable à la subsitution de certaines charges sociales par la TVA (je ferai un billet à ce sujet bientôt), et certains calculs montrent que salariés, entreprises et état s'y retrouveraient.
Cependant, les réformes de fond ne se font pas en huit mois, et ne peuvent pas porter leurs fruits en aussi peu de temps. On reproche déjà le trop grand nombre de dossiers ouverts qui ne permet pas de lisibilité, mais il faudrait que le reste ait déjà été fait, sans changement trop brusque, sans mécontenter personne, pareil, mais mieux. L'agitation générale montre que l'opinion considère que le mandat est déjà sa fin, alors qu'il ne fait que commencer, et que seules le premières mesures d'urgence sont le programme.
Dimanche soir, Hervé Guaino a tenté d'apporter une explication sur la politique du gouvernement, mais M. Pierre Moscovici, qui d'ordinaire est plus mesuré, n'a eu de cesse d'interrompre son interlocuteur, ne lui permettant pas d'expliquer clairement les choses, tout en lui reprochant son manque de lisibilité, et en insistant sur l'inexistance des mesures à effet immédiat, sans en proposer une seule, comme d'ordinaire. Et en plus, M. Guaino tentant d'expliquer l'action du gouvernement, M. Moscovici lui a reproché de vouloir donner des leçons à ses adversaires. Quand on explique quelque chose, soit on donne des leçons, soit "on a tout compris" de nos jours...
Quand on a subi un échec cuisant comme ceux de 2002 et 2007, quand on n'a pas su refonder son idéologie, quand on n'a rien à proposer en échange, on est en droit de prendre toutes les leçons, et en devoir de les écouter.

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11 janvier 2008

Les revirements du Président

Voilà l'exemple typique de la mauvaise foi de l'opposition made in François Hollande, et de la presse, toujours encline à tirer à vue sans réfléchir.

Lors de sa conférence de presse du mardi 8 janvier, à la question posée par un journaliste en ces termes précis :

"Souhaitez-vous, pour 2008, la disparition, du moins REELLE, des 35 heures ?"

le Président a répondu :

"Je vous le dis comme je le pense : oui !".

Le soir même le mou de Solferino intervenait sur Canal+ pour s'insurger contre la disparition annoncée de la durée légale du travail.

Voilà l'exemple parfait de l'à-peu-près politique, celui qui détourne, déforme à son profit, trahit les paroles, feint d'avoir entendu, tente de montrer qu'il a tout compris, mais se gourre complètement. Si j'avais du noter l'intervention de M. Hollande en commentaire de texte, je ne lui aurais pas mis la moyenne. Un petit 6/20 pour la forme, rien de plus.

Avoir oublié ce petit mot, "réelle", est bien pratique pour lancer une campagne en désinformation. Car ce mot, "réelle", vient nuancer l'affirmation du Président. En effet, ce petit mot permet de distinguer entre la durée légale du travail, et l'application réelle de la durée du travail. Aussi, dans sa réponse, le Président a bien compris la question, et a répondu de manière logique quand on a crée un dispositif d'exonération des charges sociales et de défiscalisation des heures supplémentaires. Le Président souhaite que la durée légale des 35 heures reste la référence (ce qu'il a toujours dit dans sa campagne présidentielle), mais que dans la pratique ("réelle" donc) les entreprises prévoient, entreprise par entreprise ou branche par branche, des horaires de travail incluant des heures supplémentaires.
Il a fallu que le Président reprécise, à l'intention des mal-comprenants et autres socialites et journalistes, le cadre de la loi déjà votée, et réexplique la logique lors de la présentation des voeux aux députés. Evidemment, l'opposition, la presse, parlent de "contradictions".

Alors je me dis :
- si l'on est capable de penser, comme François Hollande, que le Président est assez benêt pour se contredire de manière aussi grossière, c'est soit qu'on le prend pour un abruti, soit qu'on se prend soi-meme pour nettement supérieur à lui. Et dans les deux cas c'est assez mal venu quand dans ses propres rangs on n'a pas réussi à faire le ménage avant et après le référendum de 2005 (vous savez, quand la consultation de la base dit "oui", mais que les démocrates fabusiens disent "ben non quand même"), ou quand on a perdu de telle manière face à celui qu'on prend pour un incapable.
- si l'on est pas capable de faire cette nuance, est-on capable de diriger un pays, est-on digne de confiance quand on trahit la parole des autres pour s'attirer les faveurs de son électorat ? Est-on digne de confiance quand on n'a pas suffisamment d'idée soi-même au point qu'il faille traverstir la pensée des autres ?

Quant à la presse, qui ne vaut guère mieux, toute empressée qu'elle a été de soulever ces "contradictions", elle montre qu'encore une fois :
- elle préfère jeter de l'huile sur le feu plutot que de comprendre
- elle préfère agiter pour vendre du papier plutôt que d'expliquer
- trop de commentateurs ne font pas leur travail en ne lisant pas, n'écoutant pas.

Mesdames, Messieurs, les journalistes, combien êtes-vous payés pour commettre ce genre d'erreur ?

09 janvier 2008

Le projet de loi de Rachida Dati contre la récidive des pédophiles

Le ministre de la Justice, Madame Rachida Dati, présente un projet de loi devant l'Assemblée Nationale afin doter la France d'un dispositif empêchant la récidive quasi certaine des pédophiles, et autres individus considérés comme dangereux, et condamnés à une peine supérieure à 15 ans de réclusion criminelle. Ces personnes ne seraient plus automatiquement remises en liberté, selon le projet de loi, mais évaluées par une commission pluridisciplinaire.
L'écueil de cette loi, selon le ministre, serait qu'elle n'entrerait en vigueur qu'à partir de 2023, soit 15 ans après les premiers condamnés à partir du lendemain de la promulgation de la loi par le Président de la République. Or, selon elle, l'urgence commande de faire voter cette loi de manière rétroactive afin qu'elle s'applique aux condamnés en cours, et ainsi obtenir des résultats immédiats.

Je suis personnellement contre cette disposition de la loi. Le loi ne peut pas condamner des individus pour des actes qu'il n'ont pas commis ou parce qu'il sont susceptibles de les commettre. La Déclaration des Droits de l'Homme et des Citoyens a été rédigée en ce sens.
La justice ne peut pas intervenir avant qu'il n'y ait eu un commencement d'exécution d'une infraction (actes concomitants et en relation avec l'infraction, suffisamment importants pour être considérés comme étant un début d'exécution). C'est la raison pour laquelle, pour citer un exemple récent, même si le Quai d'Orsay était au courant des intentions des membres de l'Arche de Zoé, la justice ne pouvait pas intervenir avant qu'une début d'exécution n'ait lieu. L'intention n'est pas coupable, apprend-on en cours de droit pénal.
Rédiger une loi qui permettrait de retenir en prison pour son simple état de dangerosité et parfaitement contraire avec les libertés fondamentales, et il est à espérer que le Conseil Constitutionnel censure le texte si le Parlement venait à l'adopter. De plus, la rétroactivité est, elle aussi, parfaitement anticonstitutionnelle. On a déjà ouvert la porte de ces dérives légales avec le délit de risque causé à autrui par la violation d'un obligation réglementaire ou législative, condamnation du risque potentiel non avéré. Loi stupide et liberticide, puisque la violation d'une loi ou du réglement devrait être la base légale des poursuites.
Les condamnés actuels n'ont pas été condamnés à être évalués à l'issue de leur peine, cette disposition n'existant pas à l'époque de leur condamnation. Là aussi, la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen interdit que la peine soit aggravée pendant son exécution. Or cette évaluation conduirait quelques uns d'entre eux à être maintenus en prison. Leur peine se trouverait aggravée, et à mon sens, ceci entre dans le concept de double peine (contrairement aux expulsions des imigrés condamnés qui subissent UN ensemble de peines, comme d'autres sont condamnés à de la prison ET une amende, à une amende ET un retrait de permis, ou une amende ET une inéligibilité, etc, mais lors de la même audience).
Tout ce dispositif me semble dangereux.

Cependant, raisonnons en termes de but : il se trouve que ces individus sont malades et dangereux, et que pour la plupart, la récidive est quasi certaine. Alors même que la justice ne peut pas se prononcer sur des probabilités, mais sur des faits, faut-il encourir le risque de libérer des criminels en puissance ? A mon sens, c'est un des inconvénients majeurs de la liberté, et des démocraties, mais il faut s'en accommoder, hélas pour les victimes et leur famille. La liberté a aussi un prix collectif.

Y a-t-il une solution ?

Rapprochons le cas de ces malades, de celui des irresponsables pénaux. Aujourd'hui traînent en prison des gens que les experts ont refusé de considérer comme irresponsables pénaux, souvent de crainte de commettre une erreur qui conduirait les victimes et leur famille à être privés du procès pénal. Se trouvent alors pêle-mêle des gens qui relèvent de la psychiatrie et ceux qui relèvent ni plus ni moins du droit commun, les premiers causant souvent de grands troubles dans le milieu carcéral au détriment des seconds.
Il y a là un véritable problème : ces gens, qui relèvent de la psychiatrie, ne sont si soignés, ni suivis, et ressortent également libres, et souvent récidivent.
Ne faut-il pas revoir les critères de l'irresponsabilité pénale, ne faut-il pas revoir la procédure de déclaration d'irresponsabilité ? L'irresponsable pénal, le plus souvent, n'est pas laissé en liberté, mais se retrouve en internement d'office, en général pour le restant de sa vie. La seule exception à ma connaissance (c'est à dire ayant fait l'objet d'articles dans la presse) est la dame qui, prise de panique le 12 juillet 1998 dans son automobile sur les Champs-Elysées a écrasé quelques piètons, a été déclarée irresponsable, et est restée libre.
On pourrait parfaitement considérer que les pédophiles, les violeurs, et autres personnes désignées dans le projet de loi peuvent être plus facilement déclarées irresponsables, ou entrant dans la catégorie "dangereux pour lui-même ou pour les autres", et à ce titre, être internées d'office. Ceci permettrait de contourner l'obstacle légal, et serait certainement une meilleure réponse sociale que la prison. Ceci pourrait se joindre au projet promis par le Président de la République sur le procès des irresponsables pénaux : une audience préalable au procès pénal, collégiale, pourrait juger de la responsabilité pénale des auteurs, avant de juger les faits.

En tout état de cause, ces dispositions ne peuvent valoir que pour l'avenir !


(NB : Merci à http://seniorette.canalblog.com pour l'idée de sujet).

Posté par Zorglub34 à 17:23 - Quand il faut gueuler - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 janvier 2008

La visite du Président au Pape

La visite du Président de la République au pape a fait couler de l'encre. Immédiatement, des boucliers se sont levés pour rappeler la laïcité de l'Etat, contraire à cette visite. Une photo officielle de cette visite montre que ces impératifs n'ont pas été oubliés, mais que le protocole conduit à des concessions :

201207_visite_1

Photo qui tente de relier deux oppositions : le temporel et le spirituel, sans faire d'accroc à la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Il faut donc ménager les susceptibilités, et trouver un compromis.
Est-ce que la main de Sarkozy est devant ou celle du Pape montre la direction ? Est-ce que Sarkozy est plus grand pour ne pas montrer une soumission à l'Eglise ? Chacun y trouve son compte.
Dans la logique de l'union prêchée par le Christ, que son symbole soit au milieu me parait normal. Je ne pense pas qu'il faille aller voir dans la présence de chaque côté de la croix les symboles d'Hérode et Pilate, ou Caïphe. Pourquoi pas les larrons tant qu'on y est ?
Le pape porte la mosette rouge, signe qu'il est en prédication, tentant de convaincre de chef de l'état français de revenir dans le giron de l'Eglise. Il est dans son rôle. Il ne s'agissait pas là d'une visite de courtoisie, mais d'une rencontre entre chefs d'Etat. Et le travail de chef de l'Etat du Vatican, c'est de faire entrer en son sein la plus large communauté d'êtres humains.

Est-ce que le chef de l'Etat français devait aller le voir ? Quand la France est traditionnellement catholique, majoritairement chrétienne, aller rencontrer le directeur des consciences est incontournable. On ne peut pas ignorer un homme qui représente la foi de centaines de millions d'humains.
La France est un état laïc, certes. Mais quand le chef de l'Etat rencontre le recteur de la Grande Mosquée de Paris, le Grand Rabbin en France, ou le Dalaï Lama, tout le monde salue son esprit d'ouverture. Seul le Pape serait exclu ? Refuser de serrer la main du pape serait une preuve d'impolitesse qui ferait affront à l'Eglise entière, et nuirait à la réputation d'ouverture et de dialogue qui est l'honneur de la France.
Lors de son discours le Président a parlé de foi, d'espérance, de conscience. Est-ce la rôle d'un chef de l'état laïc ? A mon sens, tant que l'Etat ne prend pas clairement position pour l'une des religions de ce monde, tant qu'aucun acte ne tend vers cette situation, le chef de l'état peut parfaitement déclarer que la foi est meilleure pour l'homme que son absence, que la vie spirituelle intérieure est plus souhaitable que son absence, sans toutefois prendre parti pour l'une des religions.
Nous avons souvent tort de croire que parce que laïque, la France est athée, confondant là le fonctionnement des institutions et la liberté de conscience des individus. Le Chef de l'Etat peut parfaitement faire des allusions à la foi, à la croyance, à l'espérance parce que ce sont des questions que chaque homme peut se poser.
Le manque de conscience théologique de notre époque montre aussi ses limites : le désespoir ici-bas, la recherche d'un bonheur immédiat, permanent, instantané, en libre-service. Je comprends que le chef de l'état fasse cette remarque, qui est aussi une rupture. Malraux disait : "le XXIè siècle sera spirituel, ou ne sera pas". Si l'on veut qu'il soit, il faut aussi accorder une place au spirituel. Et pour ma part je préfère le discours d'amour du Christ au discours impérialiste de l'Islam intégriste (celui qu'on entend le plus, hélas), ou au discours d'ostracisme hébreu (essayez de vous convertir au judaïsme ou d'épouser une juive pratiquante), surtout maintenant que l'Eglise en a terminé de ses tentatives de conquête par la force et l'intimidation.

Encore une fois, les opposants, détracteurs du Président ont préféré l'apparence au fond, confondu l'athéisme et la laïcité, raté une occasion de se taire, montrant leur ignorance tant dans la délicatesse des relations internationales que dans les arcanes de l'esprit.

A lire pour une analyse sémiologique :

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=33778.php3?id_article=61

04 janvier 2008

Abraham Lincoln

Extrait de la déclaration au congrès des États-Unis d’Amérique en 1860 du PRÉSIDENT ABRAHAM LINCOLN

"VOUS NE POUVEZ PAS

- Créer la prospérité en décourageant l’épargne

- Donner la force au faible en affaiblissant le fort

- Aider le salarié en anéantissant l’employeur

- Favoriser la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes

- Aider les pauvres en ruinant les riches

- Former le caractère et la volonté en décourageant l’initiative et l’indépendance

- Aider continuellement les hommes en faisant pour eux ce qu'ils pourraient faire eux-mêmes"


Je sais que cette déclaration est insupportable pour certaines personnes. C'est la négation même de leur idéologie, et pourtant, ...
J'ai eu l'occasion de vouloir partager cette déclaration avec un ami, de sensibilité opposée. Ce qui m'amuse, ou me déçoit, c'est que :
- cette personne n'a pas vraiment lu le fond et s'est arrêtée à l'apparence ("vous ne pouvez pas" est pour lui une impossiblilité abolsue concernant les débuts de propositions, et il n'a pas vu que c'était une opposition entre les moyens et les buts).
- cette personne a rejeté d'un regard méprisant ce texte et l'a jeté à la cheminée immédiatement, me portant un regard d'une supériorité affirmée, plein d'une morgue qui est la marque des cons, certain de sa morale supérieure, qui affame le monde...
Depuis, et pour d'autres raisons, je préfère ne plus le voir.




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