Journal d'un fou

Les fous disent n'importe quoi. Et je vais pas me gêner.

26 janvier 2008

Les plaques d'immatriculation

Depuis tout petit, les plaques d'immatriculation sont ma marotte. Marotte inutile au possible, que je n'ai jamais cherché à justifier auprès de mes proches (c'est à dire les seuls qui soient au courant de cette passion stupide) que par l'exercice de connaître par coeur 96 départements et leurs chefs-lieu associés à leur série de lettres d'immatriculation en cours. "On peut considérer ça comme un exercice de mémoire", leur affirmai-je souvent. J'établissais même un classement des départements les plus avancés, jusque ce que je découvre le site dont je vais vous parler tout de suite.

En préalable, pour comprendre les immatriculations non seulement en France, mais également à l'étranger, je ne saurai que vous recommander la lecture du site SFPI (Site Français des Plaques d'Immatriculation) qui répondra à la moindre de vos interrogations et même à certaines que vous n'auriez pas cru vous poser. ici : http://sfpi.asurtech.com/plaques.htm

En début de semaine, la presse audio-visuelle s'émeuvait de la prochaine disparition des plaques d'immatriculation dans le leur format actuel (1234 AB 01) pour se transformer en une unique série nationale du type AB-123-CD, l'incrément étant sur la dernière lettre (après AA-123-ZZ viendrait AA-124-AA). Fort de l'annonce de la possible suppression des départements par la Commission Attali et du fait de la disparition du système d'immatriculation actuel au 1er janvier 2009, voilà que les identités locales ressurgissent. Ainsi une campagne pour le préservation du "62" dans le Pas-de-Calais, ou du '85' vendéen fleurissent dans les abri-bus. Les assidus du SFPI savent depuis fort longtemps que le système actuel est condamné puisqu'une directive européenne souhaite harmoniser les systèmes. L'Italie a fait sa conversion en 1999, l'Espagne en 2000 par exemple. Pour le système français, on a parlé de 2004, puis de 2006, puis le Ministre de l'Intérieur Villepin de 2008, et c'est finalement 2009 qui a été adopté. L'information est donc loin d'être nouvelle.

Je sais donc que je vais perdre un de mes jeux favoris quand je suis sur la route : trouver un "highest" d'un département (c'est ainsi que sont nommés les numéros les plus élevés au SFPI). Je me vois mal faire une pétition pour demander au ministère de pouvoir continuer un jeu aussi inutile.

Là où je veux en venir, c'est à l'attitude des identitaires : ceux qui veulent que soit maintenu le numéro du département. Et c'est là que l'attitude du Français m'agace. D'une part le règlement permettra de faire apparaître un bandeau bleu sur le côté droit de la plaque d'immatriculation pour faire apparaître le numéro de département sur la base du volontariat. Donc c'est prévu, et c'est tout droit inspiré de l'Italie ou les deux lettres de la ville peuvent encore figurer sur la plaque, sans obligation.
Or les identitaires réclament une obligation ! Mais qu'est-ce que nous avons comme difficulté avec la liberté en France... ! Qu'est-ce qui empêche le brave calaisien de mettre de son propre chef un auto-collant 62 sur l'arrière de son véhicule ? Est-ce si difficile de se dire : "après tout la carrosserie de mon véhicule m'appartient, et je vais mettre un 62 à droite de la plaque arrière et ainsi je serai toujours identifié par les camarades de camping" (je n'ai rien contre le camping, j'ai juste remarqué que c'était l'argument récurrent des identitaires).
Et pour ma part, en dehors du jeu, je trouve que c'est aussi un moyen de faire cesser les rivalités locales : les 30 contre les 34, les 75 contre toute la France, les 27 contre les 76, les 33 contre les 16 et 17, les 87 en général, les 54 contre les 57, tous, et symétriquement, mauvais conducteurs à l'égard de l'autre département. Plus loin encore, j'ai acheté une voiture d'occasion immatriculée à Versailles. Deux jours après mon achat, je retrouvais ma voiture stationnée dans la rue, le rétroviseur pendant. Il avait été purement et simplement dégommé par un coup de pied et ne tenait plus que par le cable de réglage électrique. Je n'ai pas compris cet acte de vandalisme, ma voiture étant la seule endommagée de la rue. Jusqu'à ce qu'un jour j'observe du haut de ma résidence que ma voiture n'était pas la seule à avoir le rétroviseur rafistolé avec du chaterton (non, je n'ai pas de hamster). Toutes celles qui n'étaient pas immatriculées 34 avaient subi le même sort ! Alors le maintient des numéros de département...

Posté par Zorglub34 à 15:12 - Prospective - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Les uns contre les autres

Personnellement, je me fiche de la disparition des numéros de départements sur les plaques d'immatriculation. Ce qui m'importe plus, c'est la disparition des départements.

Peut-être suis-je ce que vous appelez les "identitaires" mais je ne peux m'empêcher de craindre la disparition de tout ce qui faisait notre identité. Après les départements, la France pour nous diluer dans la grande Europe.

Je vous cite "Et pour ma part, en dehors du jeu, je trouve que c'est aussi un moyen de faire cesser les rivalités locales : les 30 contre les 34, les 75 contre toute la France, les 27 contre les 76, les 33 contre les 16 et 17, les 87 en général, les 54 contre les 57, tous, et symétriquement, mauvais conducteurs à l'égard de l'autre département". Ce que vous décrivez au niveau local ne risque-t-il pas de se produire au niveau européen ?

Comment forcer des gens culturellement différents à vivre ensemble ? En gommant les identités de façon forcée ? Je crains seulement que cela ne réactive les mouvements identitaires, justement.
Quand on ne sait pas qui on est et d'où on vient, cela génère souvent des mouvements de révolte.

Posté par Gerri, 27 janvier 2008 à 23:04

Rien n'empêche de conserver sur sa voiture le numéro de département. Il n'y a pas que la surface de la plaque d'immatriculation sur une voiture. Libre à chacun d'agir comme bon lui semble. Il y a déjà les auto-collants BZH, CHTI, les drapeaux catalans ou savoyards, les têtes de Corse, etc...
Que ce qui existe au niveau local se reproduise au niveau européen ne tiendra pas aux numéros de département, mais aux F, D, I, E, GB, etc. qui figurent déjà sur le côté gauche des plaques.
Quant aux départements, ils n'ont aucune réalité historique. Ils sont le fruit d'un découpage administratif provenant de la Révolution Française. Chaque département a été "dessiné" afin de pouvoir apporter en tout point du département le Journal Officiel en une journée de cheval à partir du chef lieu, et que la loi soit applicable dans la circonscription administrative dès le surlendemain de son arrivée au chef lieu (Voir l'article 1er du Code Civil ancienne rédaction). C'est ça, l'origine du département. Et ça ne recouvre aucune identité éthnique, même si parfois elle correspondent. Comment expliquer que Béziers soit dans l'Hérault et Narbonne dans l'Aude alors que tous les deux sont dans le Roussillon et distantes de 20 km. Comment expliquer que Carcassonne et Narbonne soient toutes les deux dans l'Aude, alors que l'une est dans le Roussillon et l'autre dans Montagnes Noires ? Et les exemples sont innombrables.
Quant à la suppression administrative des départements, elle a semblé être rejetée par la présidence. Un rapport ne fait pas la Loi.

Posté par Z, 27 janvier 2008 à 23:42

ne plus être estampillée!!

Bonjour ami,
Bien vu.
pour apporter de l'eau à votre moulin :
En prenant ses fonctions en Normandie, ma fille, officier de Gendarmerie, a constaté que les "75" étaient plus souvent contrôlés que les locaux, ou voisins.......( ce n'était pas le cas dans le Sud!)
Parisienne, je vous assure que je serais ravie de pouvoir circuler sans être estampillée 75!

Posté par senioretjournal, 28 janvier 2008 à 12:45

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