Journal d'un fou

Les fous disent n'importe quoi. Et je vais pas me gêner.

25 janvier 2008

La Poste

Ça commencé quand j'étais petit. Le courrier adressé à mes grands-parents à Montpellier revenait à la maison après avoir transité par Libourne parce que nous avions oublié le bâtiment dans l'adresse de la résidence. Nous avons alors pris bien soin de mettre la lettre "B" pour aider le facteur.
Ça a continué quand j'ai moi-même habité à Montpellier une résidence à 22 entrées et qui avait deux dénominations : soit D2, le numéro de l'entrée, soit POITOU, sa démonination. Le courrier arrivait tard, très tard, parfois au bout d'une semaine, voire plus, avec la mention manuscrite, griffonée d'une manière qui suggérait la lassitude ou l'énervement.
Ça s'est poursuivi quand j'ai créé mon entreprise à Cognac et que j'ai eu une boite postale. Pendant des années, je recevais encore le courrier de mon prédécesseur dans la boite, même lorsque l'adresse ne contenait pas le numéro de la boite, alors que mon courrier était déposé chez mon domiciliataire si mon numéro de boite n'y figurait pas.
Ça s'est aggravé quand j'ai voulu un jour faire des photocopies à La Poste. Manquant de pièces de 0,10 €, j'ai patiemment fait la demi-heure de queue pour demander, mon billet de 5 € à la main, de la monnaie au guichetier. Il m'a répondu que la Poste n'était pas une banque, juste sous le guichet "toutes opérations", lui, trônant devant une publicité pour un placement, et la mémère à côté de moi effectuant un retrait. Peine perdue pas de monnaie. J'ai dû aller dans un commerce voisin demander de la monnaie. Manque de chance pour le guichetier, j'ai rencontré mon ami receveur qui, par chance pour moi, s'avérait être originaire de Montpellier comme moi, ce qui nous a lié. Je lui ai raconté ma mésaventure, et ma colère, le guichetier a fait six mois de tri à titre de sanction.
Ça a empiré quand les services dédiés aux entreprises ont été transférés à l'extérieur de Cognac. Les boites postales étaient dans des locaux flambant neufs, mais les services d'affranchissement du courrier étaient toujours en centre ville.
Ça m'a crispé quand un jour on a appris qu'on pouvait enfin acheter des timbres au service entreprise, mais que voulant m'en assurer j'ai posé la question à la guichetière. Elle m'a répondu par l'affirmative, et j'ai alors pris la direction de mon véhicule pour aller chercher de la monnaie. Cette brave personne m'a sèchement demandé "Ben, vous les voulez vos timbres ou pas ?". Un peu agacé, je me suis trouvé dans l'obligation de me justifier ("Deux minutes, je vais chercher mon porte-monnaie", vous voyez l'agression !), et de m'entendre répondre "C'est pas la peine de me parler comme ça, je ne suis pas un chien", ce à quoi la personne qui remplissait son recommandé lui a fait remarquer qu'en l'espèce c'est elle qui avait été parfaitement malpolie. Et de surcroît elle s'est trompée en me rendant la monnaie.
Ça ne s'est pas amélioré lorsque j'ai arrêté mon entreprise et que j'ai demandé un transfert de courrier à mon adresse personnelle. Le courrier arrivait toujours chez mon domiciliataire parce qu'il n'y avait plus de numéro de boite. Mais le facteur savait que j'étais domcilié là-bas... Mais les 19,50 € de transfert ont bien été encaissés, eux.
Ça m'a fait rire un peu quand mon père m'a fait suivre du courrier qui est revenu dans sa boite aux lettres le lendemain même.
Ça a commencé à devenir drôle quand ma mère est partie vivre en Italie, en Sicile exactement et que le Code Postal est 97100. Le courrier transitait systématiquement par Basse-Terre en Guadeloupe.
Ça a battu des records quand mon grand-père a envoyé une lettre de Montpellier à Alès, et qu'elle a mis un mois : elle a transité par la Roumanie.
C'est devenu incompréhensible quand le courrier de mon oncle arrivait dans la boite de mon grand-père alors qu'il n'y avait même pas le "B" du bâtiment, puisqu'il habite à 5 kilomètres !
Ça a commencé à sérieusement m'énerver quand je faisais suivre le courrier de ma mère en Sicile et que les factures EDF et GDF revenaient systématiquement dans sa boite aux lettres alors même que son adresse n'y figurait plus, tandis que son courrier n'est pas acheminé s'il n'y a pas le "C" du batîment. J'ai masqué les logos et le courrier est parti à la bonne destination. De quoi je me mêle ???
Ça a franchi les limites de ma patience quand mon bureau de poste a temporairement déménagé pour cause de travaux, et que l'avis de passage comportait une étiquette m'indiquant d'aller récupérer mon colis à un autre bureau, alors même que mon bureau avait rouvert avant le passage du facteur.
Ça a franchi les limites du tolérable quand le préposé m'a laissé un avis de passage alors que j'étais chez moi pour chercher un colis dès l'après-midi même au dépôt Chronopost. Le colis n'y était pas, il se trouvait à mon bureau local. Mais à mon bureau local il était perdu. Le lendemain, la seconde présentation prévue n'a pas eu lieu (pas d'avis de passage) et grâce au service de suivi par internet des colis j'ai pu savoir que le préposé avait coché "n'habite pas l'adresse indiquée" parce que l'expéditeur n'avait pas mis le numéro de l'entrée. Le même colis m'a été éxpédié à nouveau, et il est arrivé trempé parce qu'il n'avait pas été mis à l'abri lors de la grève.
Ça vient d'inventer de nouvelles limites de la bêtise quand ma compagne, annulant le transfert de son ancienne adresse en Seine-Maritime vers mon ancienne adresse à Montpelllier a demandé qu'un nouveau tranfert soit instauré à notre nouvelle adresse à Aniane, mais que nous venons de nous apercevoir que les services de la Poste ont instauré une transfert d'adresse de Seine-Maritime en... Seine-Maritime.

Où est le temps où mon arrière-grand-père, facteur, vantait les mérites de la Poste en racontant une anecdote savoureuse :
Les ouvriers immigrés recevaient parfois du courrier de leur famille. Un jour ils reçurent une adresse ainsi libellée :
M. X
La grande zizine aux cinq chameau

La fierté des postiers était d'avoir déduit qu'il s'agissait de l'usine Michelin de Saint-Chamond et d'avoir porté le courrier à cette personne. Qu'en reste-t-il ?
Des gens qui n'ont que le mot "service public" à la bouche, mais dont on se demande si cette conception ne recouvre pas l'idée que c'est au public de faire le travail du service. Des gens qui auraient les mains prises dans le béton s'ils travaillaient dans le BTP. Des gens dont l'indolence est si réputée que Dany Boon en a fait un sketch où tout le monde peut reconnaître son guichet local. Des gens qui malgré tout réclament encore plus de moyens...

Posté par Zorglub34 à 17:27 - La France qui gagne - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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