11 janvier 2008
Les revirements du Président
Voilà l'exemple typique de la mauvaise foi de l'opposition made in François Hollande, et de la presse, toujours encline à tirer à vue sans réfléchir.
Lors de sa conférence de presse du mardi 8 janvier, à la question posée par un journaliste en ces termes précis :
"Souhaitez-vous, pour 2008, la disparition, du moins REELLE, des 35 heures ?"
le Président a répondu :
"Je vous le dis comme je le pense : oui !".
Le soir même le mou de Solferino intervenait sur Canal+ pour s'insurger contre la disparition annoncée de la durée légale du travail.
Voilà l'exemple parfait de l'à-peu-près politique, celui qui détourne, déforme à son profit, trahit les paroles, feint d'avoir entendu, tente de montrer qu'il a tout compris, mais se gourre complètement. Si j'avais du noter l'intervention de M. Hollande en commentaire de texte, je ne lui aurais pas mis la moyenne. Un petit 6/20 pour la forme, rien de plus.
Avoir oublié ce petit mot, "réelle", est bien pratique pour lancer une campagne en désinformation. Car ce mot, "réelle", vient nuancer l'affirmation du Président. En effet, ce petit mot permet de distinguer entre la durée légale du travail, et l'application réelle de la durée du travail. Aussi, dans sa réponse, le Président a bien compris la question, et a répondu de manière logique quand on a crée un dispositif d'exonération des charges sociales et de défiscalisation des heures supplémentaires. Le Président souhaite que la durée légale des 35 heures reste la référence (ce qu'il a toujours dit dans sa campagne présidentielle), mais que dans la pratique ("réelle" donc) les entreprises prévoient, entreprise par entreprise ou branche par branche, des horaires de travail incluant des heures supplémentaires.
Il a fallu que le Président reprécise, à l'intention des mal-comprenants et autres socialites et journalistes, le cadre de la loi déjà votée, et réexplique la logique lors de la présentation des voeux aux députés. Evidemment, l'opposition, la presse, parlent de "contradictions".
Alors je me dis :
- si l'on est capable de penser, comme François Hollande, que le Président est assez benêt pour se contredire de manière aussi grossière, c'est soit qu'on le prend pour un abruti, soit qu'on se prend soi-meme pour nettement supérieur à lui. Et dans les deux cas c'est assez mal venu quand dans ses propres rangs on n'a pas réussi à faire le ménage avant et après le référendum de 2005 (vous savez, quand la consultation de la base dit "oui", mais que les démocrates fabusiens disent "ben non quand même"), ou quand on a perdu de telle manière face à celui qu'on prend pour un incapable.
- si l'on est pas capable de faire cette nuance, est-on capable de diriger un pays, est-on digne de confiance quand on trahit la parole des autres pour s'attirer les faveurs de son électorat ? Est-on digne de confiance quand on n'a pas suffisamment d'idée soi-même au point qu'il faille traverstir la pensée des autres ?
Quant à la presse, qui ne vaut guère mieux, toute empressée qu'elle a été de soulever ces "contradictions", elle montre qu'encore une fois :
- elle préfère jeter de l'huile sur le feu plutot que de comprendre
- elle préfère agiter pour vendre du papier plutôt que d'expliquer
- trop de commentateurs ne font pas leur travail en ne lisant pas, n'écoutant pas.
Mesdames, Messieurs, les journalistes, combien êtes-vous payés pour commettre ce genre d'erreur ?