Journal d'un fou

Les fous disent n'importe quoi. Et je vais pas me gêner.

05 décembre 2007

Séquestrez les bloqueurs !

Ça fait désormais plusieurs semaines que l'Université est soumise à un mouvement de constestation concernant la loi d'autonomie des Universités, dite Loi Pécresse, et véritablement : Loi relative à la Liberté et à la Responsabilité des Universités (LRU).

Personnellement, je suis surpris par ce mouvement étudiant. Pas par ceux qui l'orchestrent, mais par la réalité. Il y a dix ans quand j'étais encore étudiant, une telle loi nous aurait évité 10 jours de grève, puisque le Président de l'Université n'aurait pas eu à attendre la décision du Ministère quant au déplacement de notre UFR à l'extérieur de la ville, ce que les étudiants ne souhaitaient pas. Finalement, un budget de reconstruction des bâtiments existants fut présenté pour un coût inférieur à la construction d'un bâtiment neuf sur le nouveau campus. Il a fallu 10 jours pour que le projet soit accepté par Paris. Avec la LRU, la décision eut relevé du Président de l'Université et pas d'un obscur fonctionnaire du Ministère. Pour moi, c'est le premier élément favorable à cette loi.
L'entrée des entreprises dans les budgets ? Il est temps qu'on cesse de fabriquer des étudiants bardés de diplômes pour les livrer au chomage, et qu'on s'enquière d'adapter les savoirs aux besoins des entreprises. Même sans l'entrée des entreprises dans les budgets, l'Université à deux vitesses est déjà une réalité. Il valait mieux avoir mon diplôme en 1995 qu'aujourd'hui tellement la coté de l'Université a baissé, faute de moyens et de profs motivés. Les cerveaux sont partis enseigner ailleurs, à Paris notament.
Et puis, quelle est la réalité cachée derrière cette revendication ? La peur de l'entreprise. La peur d'avoir un diplôme "Coca-Cola" ? Si Coca-Cola permet d'obtenir les meilleures formations, je parie que Pepsi sera ravi d'engager des collaborateurs formés à l'école de la concurrence. La véritable question à se poser : quel est le but de la présence des étudiants dans l'Université ? Trouver une formation qui mène à un métier ? Quand j'étais à l'Université il encore possible de faire son "université", c'est à dire une formation et un éveil à la vie environnante pour ensuite trouver un métier plus ou moins en relation. Aujourd'hui la spécialisation et la concurrence des écoles de plus en plus pointues relègue cette conception au rang d'archaïsme. Il faut que les universités puissent délivrer des diplômés adaptés à des métiers. Et qui, mieux que l'entreprise, peut dire ce dont elle a besoin ?

Ensuite, je suis étonné d'avoir vu pendant l'été Bruno Julliard satisfait des négociations à propos de l'élaboration de cette même loi, et le voir appeler à la grève au mois de Novembre. Un tel retournement d'opinion pour n'importe quel homme politique l'aurait discrédité. Mais en ce cas, personne ne semble s'en émouvoir, et finalement sa position fort opportuniste fait figure de tête de proue. On peut se demander la légitimité qu'il avait lors des négociations lors de l'été, ou alors s'inquiéter sur sa compétence puisqu'il est capable d'accepter des décisions qu'il regrette plus tard...

Et puis il y a la méthode et les bloqueurs. Et là, c'est de l'insupportable en barre.

Ma compagne a décidé l'an dernier de mettre une année sa carrière entre parenthèses pour préparer un diplôme qui lui permettra d'ouvrir encore le champ des possibles. Elle s'est donc inscrite en Licence de Psychologie Clinique à lUniversité de Montpellier-Paul Valéry (dite Montpellier 3 ou UPV). Depuis le début du mouvement, j'ai un rapport assez proche avec ce milieu.

Il y a d'abord eu les premiers appels à la grève. Rien de plus normal. Puis arrivèrent les premières incursions en cours d'étudiants (et encore, ce n'est pas certain) venant appeler à cesser les cours, s'étonnant que le prof leur demande gentiment de bien vouloir attendre la fin du cours magistral, à la grande approbation des étudiants, aucun mot de grève n'ayant été encore voté. Les premières insultes fusèrent, côté futur-bloqueurs.
L'après-midi une soi-disante AG fut instaurée dans le principal amphi. Les personnes favorables à la grève ont tout fait pour n'être qu'entre elles afin de pouvoir décider à elles seules la grve et le blocage et pouvoir lui estampiller le label : démocratique.
Le lendemain matin, les bloqueurs ayant passé la nuit sur le campus on retrouva l'amphi principal dans cet état là :

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Au delà du vide sidéral des inscriptions, on pouvait aussi trouver nombre de canettes de bière, bouteilles de vin, mégots de cigarette et de joints, et détritus en tout genre. Sachez que les dégradations (il y en a eu aussi à l'extérieur) ont coûté 92 000 € à l'Université (qui a d'ailleurs porté plainte contre X).
Alerté par ma compagne, nous sommes allés assiter à l'AG de l'après-midi. Que dire de ce foisonement d'ignorance, d'arrogance crasse, de crasse tout court, d'auto-suffisance, et de parodie de démocratie.
Dire qu'on fait une AG pour faire voter les étudiants, mais que l'AG commence à midi pour se finir... on n'a jamais su. Trois heures à écouter des décérébrés mentaux qui font beaucoup de bruits avec la bouche mais sans que celà ait le moindre sens, trois heures de palabres qui tournent en rond, trois heures de rejet systématique des arguments de l'opposition dans le bruit et la cohue, sans la moindre trace de respect, trois heures de supplice pour attendre un vote qui n'arrivera qu'après l'épuisement des bonnes volontés des étudiants opposés au blocage... Stop ! Qu'est-ce que c'est que ce simulacre de démocratie ?
Leur question était leur légitimité, cet après-midi là. Entre ceux qui ne comprenaient même pas qu'on conteste la légitimité d'un mouvement qui ne respecte même pas les locaux qu'on leur prête, et ceux qui légitimaient leur mouvement parce qu'il est contestataire, usant d'arguments plus fallacieux les uns que les autres, à tel point que je ne comprends pas comment d'Education Nationale permet à de telles personne de dépasser le stade du Certificat d'Etude. Quand on n'est pas capable de tenir un discours cohérent, on retourne au collège... et on n'a rien à faire à l'Université.
Exemple de la stupidité :
"LA COMMISSION A DECIDE TROIS MOTS D'ORDRE. LES DEUX PREMIERS SERONT DISCUTES EN AG, LE TROISIEME EST A DEFINIR"

Les pauvres, il leur faut trois points, mais ils ne sont pas capables de les trouver... Consternant.

Evidemment, l'idée que le vote ait lieu à bulletin secret et à heure fixe a été complètement rejetée. Le mouvement aurait été en péril. Le lendemain matin, les 19 bloqueurs ont été délogés par les CRS et l'Université a été administrativement fermée par décision du Président de l'Université.

Et c'est là que je veux mettre en évidence les manœuvres désolantes, agaçantes, fascistes des étudiants favorables au blocage.
Des négociations ont eu lieu entre la Présidence, les différentes commissions, les syndicats étudiants. La réouverture du campus a été votée majoritairement, les anti-bloqueurs obtenant que des vigiles soient en faction pour empêcher l'entrée d'élements pertubateurs extérieurs à l'Université. Mais les bloqueurs n'ont pas mis 20 minutes pour réinstaurer le climat de guerre, fermer les bâtiments à l'aide de chaises et de bureaux dès la réouverture du campus. Toute la négociation n'a servi à rien, les bloqueurs ne l'ont pas respectée. L'AG prévue à midi ne servait plus à rien.
A l'Université Montpellier II, un vote à bulletin secret a été organisé selon le résultat de la volonté commune. Mais les opposants à la LRU ont sciemment triché pour faire annuler le vote, organiser à la va-vite un vote à main levée, qui de tous les témoignages donnait l'avantage à la reprise des cours, mais qui selon le décompte des grévistes leur était favorable, et qui n'a réuni qu'environ 800 étudiants sur la dizaine de milliers d'étudiants concernés.

Lorsqu'un mouvement, qui plus est minoritaire, se fonde sur la force, sur l'intimidation et sur la tricherie, il faut l'éliminer. La démocratie ne peut pas permettre de telles exactions, et encore permettre à de tels monstres de s'exprimer. A ce jeu, ils auront encore des ressources tant qu'on ne jouera pas le même qu'eux. C'est pourquoi je propose que des AG soient à nouveau organisées, ce qui permettra de concentrer les grévistes dans un amphi, et de les y SEQUESTRER jusqu'à rédition ! Il est temps que ceux qui veulent reprendre les cours prennent les choses en main en s'organisant et que les grévistes perçoivent l'effet de subir une décision arbitraire, coercitive et illégale. Pris à leur propre jeu, sous l'effet d'une majorité, ils ne pourront que s'incliner.

Il est temps que la majorité qui subit inverse le cours des choses, et que, du guerre lasse, elle finisse par s'imposer, même si les moyens ne sont pas académiques. Le calendrier des étudiants est gravement en danger : une semaine de vacances a été supprimée pour rattraper le retard, les inscriptions à certains concours sont compromises, les étudiants ERASMUS vont au devant de grave problèmes de calendrier, et c'est bientôt l'année universitaire qui est en jeu.

Posté par Zorglub34 à 15:09 - Intégristes de tout poil - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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