27 novembre 2007
Villiers-le-Bel
Vu dans "Le Monde" :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-982827,0.html
Je me demande si la presse n'est pas complice des émeutes, et ne colporte pas le message de haine.
Dans un accident où tout porte à croire qu'il s'agit d'un banal et malencontreux accident de la route, toute la dialectique consiste à montrer que la police est responsable de ces deux morts.
D'abord les éléments :
- deux jeunes roulent à vive allure sur la voie publique avec un véhicule interdit
- ils roulent visiblement au-dessus des vitesses réglementaires
- ils ne portent pas de casque
- en refusant une priorité à droite, ils heurtent tous les deux un véhicule qui s'avère être de la police et décèdent sur le coup
- selon un témoignage diffusé hier soir sur TF1, les policiers ont d'abord cherché à porter secours aux deux victimes en pratiquant un massage cardiaque
- l'arrivée de voisins furieux contre eux, les menaçant les a contraint à ne pas rester sur place, et les voilà accusés de "non-assistance à personne en danger", alors qu'ils ont été contraints de prendre la fuite pour sauver leur vie. Un rapport de l'IGS constaterait que la destruction du véhicule aurait commise par des voisins et non par le choc. Selon un d'jeun's entendu sur France Info : "Ces bouffons ont fui alors que les pompiers étaient là depuis une demi-heure, y a non-assitance à personne en danger !".
- de nombreux témoignages confirment l'hostilité des jeunes contre les deux policiers.
Ensuite la relation des faits par le Monde :
- le Monde se délecte de rapporter des "faits de guerre", réels soient-ils ;
- le Monde se place objectivement du côté des émeutiers et ne traite pas un mot des policiers dans cet article, et s'émeut à peine des 60 blessés dont 5 gravement atteints ;
- l'article ne dit pas un mot sur la caractère accidentel possible de ces deux morts ;
- l'article fait l'apologie de la violence et semble les légitimer ;
- à aucun moment l'article ne pose une question sur l'organisation d'une telle émeute qui n'est pas si simple en si peu de temps
- l'article finit par ces mots, citant Rachid Adda, conseiller régional (MRC) d'Ile-de-France : "Aujourd'hui, mes enfants je leur dis : quand tu vois la police, tu t'enfuis".
Si ça, c'est pas de l'incitation à la haine... policière.
Je croyais que le but d'un journal, c'est d'éclairer pour, si possible, un monde meilleur. Je pensais qu'il était du devoir d'un journaliste de rester neutre et d'apporter au lecteur en toutes circonstances les éléments lui permettant de se faire sa propre opinion. Je pensais que, dans leur "déontologie", l'idée d'apporter la lumière permet d'obtenir la paix. Or cet article apporte le feu et l'obscurantisme.
Songe-t-on à apporter des éléments d'apaisement ? Non. Evoque-t-on une réaction excessive, injuste, aveugle ? Non. Les émeutiers ont raison a priori, parce qu'ils sont jeunes, parce qu'ils souffrent. Un bonus de bonne gueule.
Deux choses sont à ne jamais oublier :
- aucune misère ne peut justifier la violence dans la République
- la police est là pour maintenir l'ordre, quand bien même les bisounours de gauche tentent de lui faire remplir le rôle de nounou.
Comme en 2005, après la mort des deux jeunes décédés de leur propre faute, et uniquement de leur propre faute, on tente de rejeter la faute sur la police. Je n'ai nulle part entendu la presse rappeler qu'on peut être responsable de ses propres fautes, que le rôle de la police est de maintenir l'ordre et de poursuivre les délinquants, et que rien ne saurait légitimer de telles émeutes pour de tels motifs.
Si l'on acceptait cet état de fait, autant dissoudre la police, elle ne servirait plus à rien.
Ceux qui disent que le gouvernement n'a rien compris aux émeutes de 2005 doivent comprendre que les émeutiers non plus n'ont rien compris à 2005. La violence n'est pas une solution. Et le prétexte est fallacieux.
Est-il normal de propager une discours anti-flics quand les causes de l'accident n'ont aucun lien avec des actes policiers ?
Les réactions des habitants du quartier auraient-elles été les mêmes si un quidam avait été à l'origine du même accident ?