Journal d'un fou

Les fous disent n'importe quoi. Et je vais pas me gêner.

26 novembre 2007

Les poilus résistent encore

Les deux derniers poilus refusent les obsèques nationales.

Lazare Ponticelli (110 ans) : "Je refuse ces obsèques nationales. Ce n'est pas juste d'attendre le dernier poilu. C'est un affront fait à tous les autres, morts sans avoir eu les honneurs qu'ils méritaient. On n'a rien fait pour eux. Ils se sont battus comme moi. Ils avaient droit à un geste de leur vivant... Même un petit geste aurait suffi."

Voilà bien un mal français : l'égalitarisme.

Comment aurait-on pu attribuer des obsèques nationales à tous les combattants de la Première Guerre Mondiale ? Nous aurions été en jour de deuil national presque sans discontinuer des décennies. Pour peu qu'on rajoute encore ceux de la Seconde Guerre Mondiale, il n'y aurait pas eu beaucoup de gens au travail pour reconstruire le pays depuis 1945 ...

Lorsque le nombre des derniers poilus en passé en dessous de la barre fatidique des 5 individus, l'idée est venue de célébrer des obsèques nationales au dernier des poilus, permettant de rendre un hommage à tous les autres à travers le dernier. Pour ma part, je trouve l'idée très bonne, et justement, de rendre l'hommage qui manque aux autres. Ces obsèques ne seraient pas seulement celles du dernier poilu, mais aussi les obsèques de la Première Guerre Mondiale qui se verrait definitivement entrer dans l'Histoire, faute de témoignage vivant, et celles de tous les autres poilus, anonymes, célèbres, héroïques ou martyrs.

Mais non, ces deux derniers poilus refusent cet hommage par solidarité avec leurs camarades qui n'ont pas reçu tel hommage. Leur réaction solidaire est bien compréhensible, mais faut-il toujours tout juger sous le prisme de l'égalité ? Comprennent-ils que cet hommage n'est pas que le leur, mais celui de toute la France à tous les poilus ? Comprennent-ils que ça dépasse leur simple personne ? Si les prédecesseurs ont commis l'erreur de ne pas rendre assez hommage aux poilus, faut-il que par égalité on perpétue l'erreur ?

Résultat : pas d'hommage aux autres. C'est ça, la France qui gagne.

Posté par Zorglub34 à 17:57 - La France qui gagne - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les Pots de Noël dans le colimateur

Vu ce jour sur le site d'Europe1 :

"Pots" de Noël : la direction est responsable en cas d'abus d'alcool

[url]http://www.europe1.fr/informations/articles/767401/pots-de-noel--la-direction-est-responsable-en-cas-d-abus-d-alcoo.html[/url]

C'est pas que je sois un partisan de l'alcool au travail, mais je me demande s'il n'y a pas un intégrisme de certains...
Je m'explique.

A l'intérieur d'une entreprise, il y a des gens qui se fréquentent, et parfois même qui s'apprécient (si, si, j'en connais). Il me parait normal que ces gens souhaitent faire ce que des tas d'autres gens font entre eux et hors des limites de l'entreprise sans avoir le moindre souci, et pour la majorité, avec le sens de la mesure : boire un verre ensemble pour partager, fêter, vivre ensemble et humaniser les relations de travail.
Mais voilà, le Code du Travail interdit la consommation d'alcool sur le lieu de travail... Et donc la responsabilité du chef d'entreprise pourrait être engagée si l'un des salariés venait à avoir un accident sur le chemin du retour à son domicile suite à une consommation d'alcool trop importante.
Je comprends bien le but sanitaire, les besoins légaux de sécurité et d'hygiène au travail, mais...

Ça m'inspire deux ou trois reflexions :
- est-ce que les salariés peuvent avoir un comportement autonome qui, même si l'on se trouve dans l'enceinte de l'entreprise, permet de considérer le salarié qui aurait trop bu comme responsable de sa propre faute ? Je doute qu'un chef d'entreprise incite ses salariés à se pochtronner... et quand bien même, le salarié n'a-t-il plus de libre arbitre ?
- ne peut-on pas distinguer entre l'accomplissement normal des tâches du salarié et un comportement exceptionnel du salarié dans l'entreprise à l'occasion d'une fête ?
- ne finit-on pas d'abattre le peu de relations sociales et de traditions qui restent dans ce pays ?
- cette responsabilité tendant à éveiller la vigilance des chefs d'entreprise ne va-t-elle pas non plus contibuer à deshumaniser un peu plus les relations du travail, et accroître encore le sentiment de toute puissance néfaste qu'on porte aux patrons ?
- est-ce qu'une fois dans ce pays, on poura considérer que les gens sont libres et responsables de leurs propres conneries, sans aller chercher la responsabilité d'un tiers qui n'a pas toujours la capacité ou la maîtrise technique pour agir sur les comportements humains individuels ?
- faudra-t-il toujours que nous soyons considérés comme des enfants irresponsables, et que pour pallier nos incapacités on recherche des responsabilités abusives auprès des patrons ou de la police (papa) ou de l'Etat ou de l'école (maman) ?

Posté par Zorglub34 à 16:40 - Intégristes de tout poil - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La télé est anxyogène

C'est cette idée qui me trotte dans la tête depuis hier soir.

Hier soir, une stupide panne électrique dans le local technique du lotissement nous a tous privés à la fois de chasse d'eau, mais aussi, et je cherche encore le lien, de télé. Qu'à cela ne tienne, un apéro, un bédo, et nous avons sorti le yam, histoire de passer le temps.

Et le temps est passé très vite, tellement vite qu'il était plus de 21 heures quand nous avons décidé que nous avions faim, sans être dirigés par l'horloge télévisuelle qu'est la grand messe du 20 heures. Nous avons momentanément perdu le fil du temps, ignorants que nous étions de sa marche en avant forcée, rythmée par les réveils, les montres, les feux-rouges, les heures d'embauchage et de débauchage, l'heure de l'école, l'heure de manger, l'heure de regarder la télé.

Mais surtout, ce que nous avons remarqué, c'est que nous étions détendus, heureux même. Nous n'avons pas eu à subir entre 19 et 21 heures les constantes imprécations de la télé qui vous ramènent au rang de nullité parfaite si vous ne savez pas faire tourner une roue sur TF1, accompagnées des cris de joie extatique de la dernière écervelée parce qu'elle a trouvé un M dans “Maman", ni les anathèmes que vous encourez si vous n'êtes pas au courant de la propagande alarmiste de Canal+ ou de France 3, ou a subir les consternantes vannes de la bande à Ruquier qui ont tendance (et je suis gentil) à se poser comme des guides de la pensée correcte du service public. Et pas de 20 heures non plus, pas de bourrage de crâne "parce que le monde va pas bien, les français vont pas bien, et moi-même, je ne me sens pas très en forme" et "rendez-vous compte vous êtes heureux alors que tous ces gens souffrent, alors ne vous plaignez pas, allez bosser, payez vos impôts, fermez-là, sauf pour nous aider à vous enfoncer encore un peu, là, vous pouvez nous aider", ni les angoissantes turpitudes des habitants du Mistral.

Non, je ne suis rien de tout ça, je suis un gars qui est allé un peu à l'école et à la fac, insensible à la morale de gauche qui s'arrête à l'apparence des choses et pas à leur fonctionnement, libéral (et non ultra-libéral, mais ça j'y reviendrai bientôt), et surtout quelqu'un qui a simplement envie de se fendre la tronche quand il rentre le soir chez lui. J'en ai marre des séries télé qui traquent des criminels, j'en ai marre aussi du ton solenel des séries sentimentales où tout est grave, j'en ai marre des séquences archi-coupées où aucun plan n'est plus long que deux secondes des émissions pour d'jeun's. Même France 3 dans ses reportages de Thalassa ou "des Racines et des Ailes" parvient à instiller ce ton anxiogène, celui qui culpabilise le téléspectateur parce qu'il ne se rend pas compte de la pauvreté à l'autre bout du monde, de la misère sexuelle des ours en basse provence, des conditions de travail affreuses des gens venus de partout, des risques du réchauffement de la planète qui a commencé il y a 10 000 ans et qu'on s'en rend compte depuis 3 ans...

Privé malgré moi de la télé, je crois que je vais m'en priver encore, et souvent. La télé rend con, on le savait, mais dans ces cas là, on s'en rend encore mieux compte. Ce soir, on refait un yam !

Posté par Zorglub34 à 14:38 - La connerie de la télé - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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